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Journal d'un Pigeon Voyageur | MWARAMUTSE, PAYS DES MILLE COLLINES
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MWARAMUTSE, PAYS DES MILLE COLLINES

  |   AFRIQUE, ART & CULTURE, HISTOIRE & DEVOIR DE MEMOIRE, HOTELS ATYPIQUES, HOTELS D' EXCEPTION, MÉMORIAUX, MOMENTS D EVASION, MUSEE, NATURE, RWANDA, TOUS, VOS ENVIES   |   10 Commentaires

 

 
Vue sur le lac Ruhondo
 
 
 
 Paris, Février 2013
 

 

« Où pars-tu en vacances cet été ? »

 

  
« Au Rwanda »

 

  
 Selon mon interlocuteur, j’obtenais alors deux réponses :

  
 

«  Au Rwanda ??? Le pays du génocide de 1994 ? Mais que vas-tu y faire ? Est-ce une destination sûre désormais ? » .
 

  

Ou alors :

  
 

« Tu y vas pour voir les gorilles ? Mais cela ne va tout de même pas te prendre deux semaines ?! »
 

 

 
Encore une fois, mon choix de destination de vacances n’a pas manqué d’en surprendre plus d’un, même parmi les plus curieux de mon proche entourage :)
 
 
 
A tort ou à raison, ce petit pays d’Afrique de l’Est, situé à une dizaine d’heures de vol de Paris, ne se rappelle à la mémoire de la majorité qu’au travers du génocide perpétré à l’encontre des tutsis, du 7 avril 1994 (soit au lendemain du crash du falcon du président Juvénal Habyarimana) au 4 juillet 1994 (date de la prise de Kigali par les troupes du Front Patriotique Rwandais).
 
 
 
Oui, 100 jours d’horreur absolue durant lesquels près d’un million de tutsis et de hutus modérés ont été méthodiquement massacrés, parce que considérés comme des Inyenzi (cancrelats), traîtres de surcroît,  sous les yeux d’une communauté internationale qui n’a pas voulu s’immiscer dans une  guerre présumée « ethnique « .
 
 
 
En 1994, les rares images qui nous ont été données à voir  sont soit celles d’Interahamwe (miliciens extrémistes, partisans du Hutu Power à la solde du régime génocidaire, armés de machettes et de gourdins cloutés) « coupant » des hommes, femmes, enfants et vieillards, déjà à terre et sans défense, soit celles de milliers de cadavres, ensanglantés et empilés les uns sur les autres, qui jonchaient les rues ou flottaient à la surface des rivières.
 
 
 
20 ans plus tard, le pouvoir de ces atroces moments semble s’être figé dans l’inconscient collectif et, pour beaucoup, le Rwanda reste et demeure, en premier lieu, le pays du génocide.
 
 
 
Un pays  de désolation où le temps se serait donc arrêté depuis 1994.
 
 
 
Dès lors pourquoi  parcourir autant de kilomètres pour s’y rendre en vacances et de surcroît durant deux semaines ??!!
 
 
 
Si, de prime abord, ce choix peut sembler étrange  pour la plupart des francophones, exception faite des belges (passé colonial du pays oblige), les anglo-saxons, eux, ne s’y sont pas trompés !
 
 
 
En effet, ils affluent en grand nombre dans le pays (même si c’est, essentiellement, pour aller trekker le Gorille dans le massif septentrional des Virungas ).
 
 
Et pourtant !!
 
 
 
Hormis ces primates (emblèmes du Rwanda), le Pays des Mille Collines a tant d’autres beautés insoupçonnables à offrir au regard curieux des touristes !
 
 
 
De plus, il a, tel un Phénix,  su très vite renaître des cendres du génocide  et a, désormais, pour ambition de se transformer (grâce au programme de développement Vision 2020) en un Singapour africain.
 
 
 
Mais pour être tout à fait honnête, je ne vous cacherais pas que le choix du Rwanda comme destination n’a pas été complètement innocent.
 
 
 
En effet, mon enfance a été bercée par des récits enchanteurs de proches se rendant régulièrement dans ce pays et, aussi loin que je m’en souvienne, des agasékés (paniers coniques tressés typiques de l’artisanat rwandais) ont toujours trôné en bonne place dans le salon familial.
 
 
 
Plus tard, étant passionnée d’Histoire, je me suis  intéressée aux causes de ce dernier génocide du XX eme siècle et ai découvert, par le biais d’une amie de fac, l’association IBUKA France.
 
 
 
( Celle-ci  contribue à rendre dignité et hommage à ceux dont on a tenté d’effacer jusqu’au souvenir et lutte, par ailleurs, pour que les crimes commis par des présumés génocidaires ayant trouvé asile en France ne demeurent pas impunis ).
 
 
 
Puis, plusieurs amis rwandais ont achevé de me convaincre du bien fondé de mon choix en m’assurant que je ne pourrai qu’être émerveillée par ce pays aux multiples facettes, aisément parcourable en deux semaines, eu égard à sa petite superficie.
 
 
 
Enfin, l’accueil téléphonique chaleureux reçu à l’ambassade parisienne du Rwanda (laquelle ,contrairement à d’autres représentations consulaires africaines de la capitale française, ouvre vraiment aux horaires précisées sur son site), où il m’a été indiquée, avec beaucoup de gentillesse, la procédure à suivre pour obtenir mon visa d’entrée à l’aéroport de Kigali, m’a confirmée, si besoin encore était,  de la justesse de cette échappée .
 
 
 
Une fois mon guide touristique acheté, il ne me restait donc plus qu’à établir un parcours individualisé ( car j’aime explorer, autant que faire se peut, les pays dans lesquels je me rends) qui s’efforcerait de concilier mes envies de nature, celles de  découverte des grandes villes ainsi que la visite des principaux mémoriaux du génocide.
 
 
 
C’est ce parcours réalisé, à travers tout le pays,  pendant la saison sèche d’août 2013 que j’aimerais, à présent, partager  avec vous.
 
 
 
Prêts pour la découverte ?
 
 
 
 

 

                    1.  Mes 5 villes coup de cœur: Kigali, Butare, Nyanza, Kibuye et Gisenyi
 
 
 musée de Butare
 
 
 Bien que le Rwanda soit essentiellement un pays  de campagnes et de collines, d’où son surnom de « Pays des 1000 collines », 5 villes sont, à mon sens, des lieux de visite incontournables.
 
 
 
La première impression que j’ai eue de  la capitale Kigali,  située à 1500 mètres d’altitude, est celle d’une ville d’une propreté irréprochable !
 
 
 
Celle-ci  est la résultante d’une sensibilisation, dès le plus jeune âge, de la  population à l’écologie (les sacs en plastique y sont bannis) conjuguée aux travaux hebdomadaires de l’Umuganda, travaux d’intérêt général auxquels doivent participer, tous les derniers samedis du mois, les rwandais.
 
 
 
Par ailleurs,  en dépit des nombreux bombardements qu’elle a subis et des combats acharnés qui s’y sont déroulés,  rien ne permet, aujourd’hui d’imaginer (à l’exception du bâtiment du CND, siège du Parlement Rwandais) le champ de ruines qu’à été Kigali au sortir du génocide.
 
 
 
En effet, elle est désormais une ville moderne, en plein chantier, avec ses  constructions multiples de grands complexes, de nouveaux hôtels de luxe, superbes restaurants, bars et lounges ainsi que ses larges avenues ombragées.
 
 
 
Pour autant, elle n’en oublie pas son identité africaine.
 
 
 
Kigali, ville également d’ambiance avec tous ses bars et boîtes de nuits d’où s’échappent autant de musique r’n’b que de musique africaine.
 
 
  La prédilection allant à la musique congolaise, l’azonto ghanéen, le coupé décalé ivoirien et le kwaito sud africain !
 
 
 
Kigali, ville également du souvenir où se tiennent chaque année, au mois d’avril, les commémorations officielles du génocide dont nous parlerons plus loin.
 
 
 
   Puis,  j’ai poursuivi mon voyage à Butare, la 2ème ville du pays (située à un peu plus de 100 kms de Kigali)  considérée comme étant la capitale intellectuelle et  culturelle du Rwanda.
 
 
 
Si l’université nationale de la ville en a assuré la notoriété, les touristes s’y arrêtent désormais pour visiter le superbe musée national du Rwanda, inauguré en 1989, à l’architecture originale.
 
 
Il retrace, de façon exhaustive, l’histoire, depuis l’époque pré-coloniale, de ce territoire .
 
 
 
 

 

 
 
Ce musée figure d’ailleurs sur les billets de 1000 francs rwandais.
 
 
 
 Pour ne rien gâcher, s’y produit régulièrement une troupe de danseurs permettant de découvrir les danses de la vache et celle des Intore, danseurs-guerriers hérités de l’époque  de la royauté tutsie.
 
 
 
 
 
  Ma halte suivante fut à Nyanza (située à quelques encablures de la ville de Butare), cité qui fut,  jusqu’à la Révolution de 1959, la  capitale royale de la monarchie tutsie .
 
 
 
hutte royale
 
 
J’ai  littéralement été éblouie par la reconstitution et l’aménagement réussis des huttes de la résidence royale.
 

 

intérieur de la hutte
 

 

 
 
La visite des appartements privés du  mwami Mutara III (1er roi à avoir embrassé la religion catholique) dans la maison annexe ( construite « en dur », pour lui, par les autorités belges) fut tout aussi intéressante.
 
 
 
 
 
 
Mais à mon sens, le clou de toute visite à Nyanza reste la découverte dans l’enclos, situé derrière le palais royal, des vaches royales Inyambo.
 
 
 
 
Ultimes symboles de beauté dans la culture rwandaise !
 
 
 
 
 
  
 
 
Ces dernières, reconnaissables à leurs grandes cornes en forme de lyre, ne sont, en effet, pas  élevées pour tirer profit de leur lait et ou de leur viande mais bien pour leur légendaire beauté.
 
 
 
On peut donc lire tout un symbole dans la perpétuation de cet élevage dans la mesure où la possession de vaches, par les éleveurs tutsis, a toujours été assimilée à une grande  richesse.
 
 
 
D’ailleurs, dire à une jeune fille qu’elle a des yeux de génisse demeure, encore aujourd’hui, un compliment de grande valeur.
 
 
 
Je vous laisse apprécier :)
 
 
 
Il s’est avéré, lors du génocide, que l’importance revêtue par la vache dans la culture tutsie avait  bien été assimilée par les tueurs.
 
 
Ces derniers n’ont, en effet,  pas hésité, après avoir massacré les hommes, à  voler ou à tuer les vaches (dont ils faisaient des brochettes) de leurs victimes.
 
 
 
   Les deux dernières villes, Kibuye et Gisenyi, où j’ai posé mes valises sont situées au bord du lac Kivu lequel sépare le Rwanda de la République démocratique du Congo.
 
 
 
les rivages de Gisenyi
 
 
Ces cités sont les lieux de villégiature préférés des Rwandais.
 
 
Beaucoup y ont ainsi construit des résidences secondaires cossues, souvent ultra sécurisées.
 
 
La route qui, depuis la forêt de Nyungwe, longe le lac pour parvenir à Kibuye  vaut, en dépit des quelques nids de poule qui s’y trouvent par endroits, à elle seule le détour pour ses spectaculaires panoramas.
 
 
En voici un aperçu :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
En effet,  le paysage qui s’offre alors aux yeux du touriste ébahi est la vision du lac Kivu coincé entre montagnes et forêts !
 
 
 
   Située à l’ouest du pays, Kibuye,  théâtre d’importants massacres durant le génocide, est désormais une ville paisible où l’on se rend pour se détendre au bord du lac ou pour y faire des excursions.
 
 
 
Généralement sur l’Ile Napoléon, habitée par des chauves-souris, ou celle d’Idjwi au Congo voisin.
 
 
 
 
 
Toutefois, la promenade lacustre qui a retenu  mon attention est celle grâce à laquelle j’ai pu effectuer le trajet Kibuye – Gisenyi sur l’eau au lieu de reprendre la route.
 
 
 
Bien m’en a pris car les deux heures de trajet  passées sur l’immensité du lac Kivu ont été un véritable enchantement !
 
 
 
 
 
En outre, cette traversée  a aussi le mérite de s’arrêter à environ 7 km  de Gisenyi.
 
  Là où se trouvent les sources chaudes de Nyamyumba que des enfants s’empressent de vous faire découvrir !
 
 
les rivages de Gisenyi, peu avant les sources
 
  
 
les sources où pataugent les enfants
 
 
 
 
Douillets s’abstenir !
 
 
 
   Gisenyi est, quant à elle, une station balnéaire  vivante (proche de Goma) ,située à la frontière de la République Démocratique du Congo, fière de ses plages de sable fin.
 
 
 
 
 
 
C’ est également la ville où se mêlent les commerçantes venues, du Congo voisin, pour y faire des emplettes en tout genre (produits maraîchers, lapins, vêtements et j’en passe) qu’elles revendront, ensuite, dans leur pays.
 
 
 
 
 
 
 
La cité, en outre,  où, dès l’aube, les églises résonnent de chants religieux  interprétés sur fond de musique congolaise .
 
 
 
 
Celle, par ailleurs,  du siège de la Bralirwa qui brasse les fameuses bières Mutzig et Primus consommées dans tout le pays.
 
 
 
Rien ne permet, dès lors, de soupçonner  que cette, a priori paisible, région   du Nord Ouest du Pays,  ait été victime des incursions des Interahamwes,  venus du Congo, après la fin du génocide.
 
 
 
Après avoir découvert ces 5 villes, il me tenait à cœur, par devoir de mémoire, de voir les lieux du génocide.
 
 

 

 
  2.  Les Lieux de Mémoire incontournables : Gisozi et autres lieux à Kigali, Murambi, Bisesero, Nyamata & Ntarama
 
 

 

 
 Memorial de Gisozi à Kigali
 
 
A mon sens, la visite de 5 grands mémoriaux permet d’avoir une vision très complète des massacres qui se déroulèrent, au printemps 94, au Rwanda.
 
 
 
   Tout d’abord le superbe Mémorial de Gisozi, ouvert, en 2004, à Kigali, où se tiennent chaque année, au mois d’avril, une partie des cérémonies de commémoration.
 
 
 
 
 
Ce mémorial  a, en premier lieu, une visée pédagogique car il explique :
 
 
      – l’Histoire du pays avant puis à compter de la colonisation belge
 
 
 
– l’instauration, par les Belges (à partir de 1931),  de la mention de l’appartenance ethnique sur les cartes d’identité.
 
 
 
 
 
Cette dernière étant déterminée au vu de critères physiques infondés et alors même que les Twas, les  Hutus et les Tutsis (habitants du Rwanda) vivaient jusque-là en bonne intelligence en partageant  même langue, le Kinyarwanda, ainsi qu’identiques  coutumes.
 
 
Malheureusement,  cette mention sera, lors du génocide, d’une redoutable efficacité aux barrages érigés par les miliciens en signant l’arrêt de mort de tous les porteurs d’une carte d’identité indiquant « Tutsi ».
 
 
 
– les différents massacres dont ont, de façon récurrente,  été victimes les Tutsis en 1959, 1963, 1973, 1990 et 1992.
 
Autant de tueries véritables préludes au génocide de 1994 (dont l’élément déclencheur fut le crash du Falcon présidentiel).
 
 
 
– la préparation, dès 1990, des mentalités au génocide. A ce titre, les médias ont joué un rôle important en déshumanisant progressivement les Tutsis, notamment via les émissions incendiaires de la RTLM et les publications du journal extrémiste Kangura .  Par ailleurs, était publié un code de conduite, «  Les 10 commandements des Bahutus »,  devant montrer aux « bons Hutus », si besoin encore était, la bonne conduite à tenir. Celle-ci  impliquant, évidemment, l’absence de relations, de quelque nature qu’elle soit, avec les Tutsis !
 
 
 
– la formation et la préparation des milices Interahamwe auxquelles étaient livrées de nombreuses armes, notamment des machettes, et ce, nonobstant l’embargo alors imposé, à ce titre,  au Rwanda.
 
 
 
l’influence grandissante des membres de l’Akazu (aile dure du régime dont faisait, à priori, partie Madame Agathe Habyarimana, première Dame du pays) lesquels étaient vivement opposés à l’application des accords d’Arusha de 1993. Ces derniers prévoyaient un  partage du pouvoir avec le FPR.
 
 
– l’impuissance de la Minuar, personnifiée par le Général Dallaire
 
 
– le rôle  ambigu  joué par les forces françaises : en amont du génocide, dans la formation des FAR (forces armées rwandaises) puis, durant le génocide, au cours de l’Opération turquoise.
 
 
 
Par ailleurs, plusieurs témoignages (écrits, audios et visuels) de rescapés et de Justes (ceux qui, au péril de leur vie, ont caché des Tutsis); une salle où sont entreposés des ossements de victimes, et d’autres où sont accrochées leurs photos,  nous permettent de prendre la particulière mesure de cette horreur.
 
 
 

 

Cependant, mon émotion parvint à son comble dans la salle consacrée aux enfants.
 
 
 
 
Oui !
 
 
Le génocide a également dévoré les enfants car aucun Tutsi, aussi jeune soit il, ne devait survivre !
 
 
 
Y sont affichées une dizaine de photos,  de plein pied, de quelques bébés et enfants Tutsis massacrés en 1994.
 
 
 
 
 
 
Une légende rappelle les activités et  les repas préférés de ceux-ci ainsi que l’âge qu’ils avaient  au moment de leur assassinat.
 
 
Enfin, une dernière salle permet d’explorer les ressorts d’autres génocides du 20ème  siècle à savoir, notamment, celui des Juifs  et des Arméniens.
 
 
A l’extérieur du mémorial, plusieurs fosses communes rassemblent les restes de dizaines de milliers de disparus de Kigali et de ses environs.
 
 
 
 
 
 En dehors de ce mémorial, d’autres lieux, de la capitale rwandaise, sont étroitement associés à l’Histoire du génocide tels que :
 
 
 
– l’ Hôtel des Mille Collines, lieu d’action du film éponyme, où plusieurs Tutsis trouvèrent refuge au cours des premiers jours des massacres
 
 
 
 
 
–  le Stade Amahoro où des milliers de Tutsis se sont également réfugiés pendant les tueries. C’est d’ailleurs au sein de ce lieu que se sont tenues les commémorations du 20ème  anniversaire du génocide en avril dernier (2014).
 
 
– la Résidence (située, près de l’aéroport,  aux alentours du camp militaire de Kanombe) du Président Habyarimana , aujourd’hui transformée en musée,  où , peu après 20 heures, son Falcon  s’ écrasa, le 6 avril 1994,  alors que sa famille se trouvait dans la maison. 
 
 
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On peut apercevoir, en accédant à un promontoire, l’épave de l’avion  tombée dans le jardin de la résidence.
 
Il est toutefois interdit de la photographier.
 
 
Si  les massacres ont officiellement débuté, à Kigali, le 7 avril 1994, les tutsis vivant aux abords de la demeure présidentielle ont, quant à eux, été assassinés  par des éléments de la Garde Présidentielle dès le soir du 6 avril, soit quelques heures à peine après le crash.
 
–  l’Antenne, encore visible aujourd’hui, de la RTLM.
 
 
 
 
 
Cette radio qui, dans les mois qui précédèrent  ledit crash,  multiplia activement les appels à la haine à l’endroit de ses auditeurs et qui n’hésita pas, après avoir annoncé la mort du président Habyarimana  le 6 avril, à exhorter les Hutus à  aller« travailler ».
 
C’est à dire à exterminer « les cancrelats » Tutsis.
 
 
Durant les 3 mois du génocide, elle ira même jusqu’à révéler, sur les ondes, le nom et l’adresse de Tutsis, encore vivants, à retrouver, outre à encourager miliciens et population à  se rendre dans des lieux où la résistance Tutsie s’était organisée, notamment à Bisesero, afin de « finir le travail » !
 
 
 
   
A une cinquantaine de kilomètres de Kigali se trouvent les églises de Ntarama et Nyamata, autres sites essentiels (à  mon sens)  à visiter.
 
  Car, pour la première fois depuis des décennies, les tueurs n’ont pas hésité à massacrer une population Tutsie qui s’était réfugiée en masse dans les lieux de culte, persuadée, à tort,  que les tueurs n’oseraient pas y commettre leurs méfaits.
 
 
 
Peine perdue car, aujourd’hui encore,  les stigmates de l’horreur, notamment les impacts de balles, d’obus et de mortiers, restent visibles dans ces deux églises.
 
 
 
A Ntarama, l’édifice religieux contient des ossements ;  des vêtements ensanglantés empilés les uns sur les autres ; des cercueils ainsi que des objets de la vie quotidienne ( peignes, assiettes, carte d’identité portant la mention Tutsi) que les victimes avaient  sur et avec elles au moment de leur mort.
 
 
 
 
 
 
 
 
Dans une salle de catéchisme (annexe au bâtiment principal), construite en briques, un mur anormalement teinté d’une grande tâche rouge attire l’attention du visiteur. 
 
 
 
Notre guide, l’un des rescapés de Ntarama, nous explique qu’il s’agit du sang séché des enfants Tutsis qui étaient projetés, par les tueurs, sur ses parois jusqu’à ce que mort s’en suive.
 
 
 
Dans cette même salle, on peut également apercevoir un long bâton avec lequel les génocidaires empalaient, après leur avoir fait subir les pires sévices, les femmes Tutsies.
 
 
En effet, ces dernières, objet de nombre de fantasmes de la part des tueurs, ont payé un lourd tribut lors des massacres.
 
 
Atrocement mutilées avant d’être tuées ou laissées en vie après des viols répétitifs au cours desquels elles ont, malheureusement  été contaminées, à dessein, par le virus du Sida.
 
 
 
 
   
A l’intérieur de l’église de Nyamata, les vêtements ensanglantés des victimes jonchent les bancs jusqu’au pied de l’autel et de la statue de la Vierge Marie !
 
 

 

 
 
 
De nombreux ossements sont, quant à eux,  entreposés dans un souterrain se trouvant  derrière l’église.
 
 
Enfin, et toujours  à l’arrière de cette dernière, se trouve la  tombe de l’héroïque religieuse italienne, Tonia Locatelli.
 
 
Celle-ci  a été assassinée, en mars 1992, après qu’elle ait dénoncé  un massacre qui se préparait alors à l’encontre des Tutsis  dans cette même église.
 
 
 
   
 
Le Mémorial de Murambi, situé à  deux heures et demie de route de Kigali et dans un environnement d’une grande beauté, 
 
 
 
 
 

 

 est l’un des plus bouleversants qu’il m’ait été donné de voir.
 
 
Si le musée explicatif rappelle de façon un peu moins exhaustive celui de Gisozi ; tout l’intérêt de Murambi réside dans ses salles de classe (car il s’agissait d’un complexe scolaire) où sont exposés les corps de certaines des 40000 victimes assassinées sur ce site.
 
  
 
 
 
 
 
Ces corps  ont été conservés, avec un réalisme insoutenable, dans de la chaux.
 
  
Rien n’est plus difficile que de voir un crane d’enfant fracturé ; une femme pointant du doigt son tueur ; un homme « machetté » ; les fosses où étaient jetés les corps ou encore le terrain de volley-ball construit, juste au-dessus d’un charnier, par les soldats français, lesquels avaient fait de Murambi  le QG de l’Opération Turquoise en juin 1994.
 
 

 

 

 

 
Ce mémorial est la preuve palpable du génocide ainsi qu’ une réponse cinglante aux négationnistes.
 
 
 
 
   
Enfin le Mémorial de Bisesero, situé à environ une heure de route de Kibuye, est le plus difficile à trouver.
 
 
 
 
 
 
 
Il a été construit sur la bien nommée« colline de la Résistance » où les Abaséséros (éleveurs tutsis) avaient déjà eu, par le passé, à résister à des massacres.
 
 
 
C’est pourquoi , en 1994, des dizaines de milliers de tutsis, jeunes ou vieux, y ont afflué avant d’y organiser, pendant plusieurs semaines, une vaine résistance à main nues contre des tueurs armés, eux, jusqu’aux dents.
 
 
 
Les forces de l’Opération Turquoise ayant tardé à les secourir, ils y seront presque tous assassinés.
 
 
 
Ce mémorial est composé de 9 lances symbolisant les 9 communes situées aux alentours du site et dont étaient issues les victimes.
 
 
 
 
Par ailleurs 9  salles étaient, en août 2013, alors en construction pour rassembler plus de documentations à ce sujet.
 
 
 
En contrebas du site se trouve, par ailleurs, un entrepôt provisoire contenant des milliers d’ossements humains de victimes tuées sur la colline.
 
 
 
   Toutes les visites des mémoriaux que j’ai faites en dehors de Kigali l’ont toujours été avec des rescapés.
 
 
 
Je les ai trouvés étonnamment apaisés, ne prêchant pas la haine et n’étant animés, malgré toutes les épreuves endurées, d’aucun sentiment de vengeance.
 
 
 
Au contraire, dans un pays résolument tourné vers l’avenir et dont la réconciliation est désormais le leitmotiv ( l’Etat rwandais encourageant les citoyens à se sentir avant tout Rwandais afin d’éviter que des dérives ethniques, semblables à celles de 1994, ne se reproduisent) les rescapés tentent de reconstruire une nouvelle vie après avoir déjà tout perdu une première fois.
 
 
 
Ces derniers  m’ont indiquée que les gacacas (ces tribunaux traditionnels d’antan, réinstaurés à partir de 1997, pour désengorger les prisons en  jugeant des citoyens ordinaires, et non les planificateurs, s’étant compromis lors du génocide) leur ont, en partie, permis  de tourner, peu à peu, la page en accédant à l’histoire de la fin de leurs proches.
 
 
 
C’est donc une véritable leçon d’espoir et de tolérance même si, pour les victimes, vivre au quotidien (surtout dans les collines) aux côtés de tueurs libérés après avoir purgé  leur peine est loin d’être une sinécure.
 
 

 

  
3. Les Parcs et Lacs : Forêt de Nyungwe, Parc National des Volcans, Lac Muhazi et le Parc National de l’Akagera
 
 
 
 
 la canopy walk de Nyungwe
 
 
 Il ne faut pas non plus perdre de vue que le Rwanda est également un pays où Dame Nature semble s’être attardée durablement.
 
A chaque tournant, le regard embrasse, en effet, paysages verdoyants, rivières et collines.
 
 
 
 
De plus, du fait de la prédominance de l’agriculture dans le pays,  les champs de sorgho, les plantations de thé et de café, les parcelles cultivées ainsi que les bananeraies s’étendent  à perte de vue.
 
 
 
Sans oublier, ça et là, les troupeaux de vaches qui paissent ( le cheptel d’avant le génocide ayant quasiment été reconstitué) !
 
 

 

 
Le pays des Mille Collines est donc incontestablement un lieu privilégié pour quiconque aime la Nature !
 
 
 
   A ce titre, je ne pouvais pas passer à côté de la forêt primaire de Nyungwe, située au sud-ouest du pays, non loin de la frontière Burundaise.
 
 
 
Cette forêt abrite une riche flore (plus d’une centaine d’espèces d’arbres et de nombreuses autres de fleurs), de multiples cascades, ainsi qu’une faune d’exception, constituée notamment d’oiseaux et de singes.
 
 
 
 
 
En effet, colobes et  chimpanzés   y ont, notamment, élu domicile.
 
 
Ces derniers sont d’ailleurs devenus l’attraction touristique majeure de la foret.
 
 
 
Comme tant de touristes avant moi, j’ai donc (inévitablement) cédé à la tentation de partir à leur découverte au cours d’une expédition .
 
 
 
Ni le coût de l’excursion ;  ni le réveil à l’aube, dans le froid, pour se rendre au lieu de départ de ce trekking ; ni la grande probabilité, selon notre guide, d’entendre les chimpanzés sans parvenir à les voir, ni enfin la difficulté à se déplacer dans la forêt n’ont réussi à entamer mon enthousiasme.
 
 
 
Ce sentiment n’a, pourtant, été que de courte durée.
 
 
 
   J’avais clairement présumé de mes forces d’escalade dans en environnement où se déplacer au rythme ultra rapide des chimpanzés, s’avère, en réalité, très éprouvant.
 
 
 
Combien de fois, après les avoir entendus à quelques mètres, ai-je pensé que la rencontre avec ces primates était enfin au bout du chemin !
 
 
Mais que nenni !!
 
 
Le temps pour moi de l’atteindre, que ces coquins étaient déjà loin.
 
 
Me revenait alors à l’esprit les paroles du guide nous rappelant, peu avant le départ de l’expédition, que certains touristes tentaient l’expédition plusieurs jours d’affilée avant d’avoir la chance de rencontrer un groupe de chimpanzés.
 
 
 
A 12h30, exténuée et affamée après plus de 5 heures de marche et de grimpes sous un soleil ardent, j’ai décidé, de guerre lasse, que je n’étais plus en état de pister des singes  qui n’avaient, visiblement, pas envie de se montrer.
 
 
Il était donc grand temps de rentrer  à l’hôtel.
 
 
Pour la petite histoire, ce n’est qu’aux alentours de 16 heures (soit plus de 3 heures après mon départ)  que le groupe avec lequel j’avais tenté l’expédition du matin a fini par approcher quelques uns de ces primates.
 
 
Je n’aurais jamais pu être capable d’une telle endurance!
 
 
Donc, à mon avis, cette excursion est un must do si l’on est un randonneur aguerri et que l’on n’a pas peur de passer toute la journée à pister des chimpanzés capricieux :)
 
 
 
   Pour les autres, comme moi, cette ballade dans une forêt, préservée et très propre, permet, à défaut de rencontrer des chimpanzés, d’admirer de magnifiques paysages,  de voir d’autres espèces de singes (à l’instar des colobes) et surtout d’y vivre l’inoubliable expérience de la Canopy Walk !
 
 
 
 
Ouverte depuis seulement quelques années, cette jolie promenade à travers une partie de la forêt a pour point d’orgue la traversée d’un pont suspendu en métal, de plus de 100 mètres de long, posé  au-dessus de la canopée !
 
 

 

 

 
 
Frissons garantis !
 
 
Bien qu’étant  quelque peu sujette aux vertiges, j’ai tout de même pris mon courage à deux mains pour traverser, non sans fierté, ce pont.
 
 
Quelle sensation que celle de découvrir, d’en haut, les merveilles de la forêt qui s’offre à vous, outre la fierté de se dire, une fois au pied du pont, I DID IT !!
 
 
 
Cette canopy walk est par conséquent un must DO dans la forêt de Nyungwe !
 
 
 
   Ensuite, ma deuxième étape nature s’est déroulée dans le nord du pays, à un peu plus d’une heure de route de Gisenyi,  au Parc National des Volcans.
 
 
 
 
Il constitue la partie rwandaise protégée du massif des Virungas (ce dernier se partageant entre l’Ouganda et la République Démocratique du Congo).
 
 
 
On accède à ce sanctuaire des derniers gorilles de montagne, classé depuis 2002 au patrimoine naturel de l’Unesco, en passant par la ville de Ruhengeri  puis le village de Kinigi.
 
 
 
Chemin faisant, j’ai pu admirer les lacs Ruhondo et Burera et apercevoir au loin, perdus dans la brume, les sommets des monts Bisoke et Karisimbi, les plus hauts du pays, culminant  respectivement à  plus de 3500 et 4500 mètres d’altitude.
 
 
 
Ces derniers sont d’ailleurs mondialement connus  grâce à l’action de la primatologue  Diane Fossey (dont la vie a été adaptée à l’écran dans le film « Gorille dans la Brume »)  laquelle a passé plus des quinze dernières années de sa vie dans les montagnes rwandaises.
 
 
 
En effet, à la fin des années 70, elle y a installé un centre de recherche afin de contribuer à la protection de nos cousins les Gorilles des montagnes.
 
 
 
C’est aussi là qu’elle  a été  enterrée après avoir été assassinée, en 1985, dans des circonstances non encore élucidées.
 
 
Il est d’ailleurs possible, au titre des excursions proposées, de se rendre sur sa tombe.
 
 
 
   Contrairement aux autres villes du pays, Ruhengeri et Kinigi voient affluer, malgré le coût très élevé du permis de visite aux gorilles ( préalable nécessaire, délivré quotidiennement en nombre limité, à toute expédition visant à rencontrer les primates) un grand nombre de touristes.
 
 
 
Ces derniers sont tout excités à l’idée de vivre cette « ultimate experience » qu’est la rencontre avec un animal, dont nous partageons les gènes à 97 %,  qui n’est désormais visible à l’état sauvage (en Afrique) qu’en Ouganda et au Rwanda.
 
 
 
La protection de ces primates en danger est si efficace au Pays des Mille Collines que près du tiers des gorilles de montagne que compte encore la planète y a trouvé refuge !
 
 
 
Cette conservation desdits primates revêt, ainsi, différentes formes.
 
 
Elle passe, notamment, par la sensibilisation de la population à leur préservation , l’interdiction du braconnage, la formation des pisteurs, la collecte de fonds nécessaires à la protection de l’espèce,  la mise en œuvre de projets pour les populations avoisinantes du parc ou encore l’organisation annuelle de nomination des nouveaux bébés gorilles.
 
 
 
Ainsi, chaque année, depuis 2005, ces nouveaux nés sont, au cours d’une cérémonie appelée Kwita Izina, baptisés ( c’est à dire identifiés par leur empreinte nasale, unique, équivalente à nos empreintes digitales humaines) et adoptés par des parrains qui pourront suivre leur évolution.
 
 
 
A l’instar de l’expédition pour les chimpanzés à Nyungwe, le départ pour celle des gorilles  a également lieu à l’aube.
 
 
 
   Le lieu de rendez-vous est fixé au centre de Kinigi d’où l’on aperçoit, par temps clair,  les 5 sommets du Parc, dont les plus connus restent notamment les monts Sabyinyo, Bisoke et Karisimbi.
 
 
 
 
 
Les touristes y sont alors répartis par groupe dont la constitution diffère selon les capacités physiques respectives des participants et le groupe de gorilles qu’ils désirent rencontrer.
 
 
En effet, une dizaine d’entre eux,  au nombre d’individus variables, sont observables.
 
 
Le plus grand, le Groupe Susa, comprend ainsi plus d’une trentaine de primates  (dont plusieurs dos argentés, femelles et gorillons)  et stationne autour du Mont Karisimbi, donc à plus de 4500 m d’altitude !
 
 
 L’atteindre nécessite, en conséquence, d’être en bonne condition physique pour affronter  la marche, d’au moins 3 heures et sur des sentiers escarpés, qui mène à sa rencontre!
 
 
Comme vous l’avez compris, ayant bien retenu la leçon de ma précédente expédition à Nyungwe, j’ai pris la sage décision d’opter pour un groupe se trouvant à seulement une heure de marche.
 
 
   C’est ainsi que le guide nous a annoncés, à mes 3 compagnons (qui visiblement n’étaient pas prêts, non plus, à risquer un infarctus sur le chemin) et moi, que nous irions voir le groupe nommé Uganda.
 
 
Puis il nous a indiqués quelques précautions d’usage à observer lorsque nous serions en présence des gorilles à savoir : ne pas tourner le dos au dos argenté ou silverback (mal dominant) ni s’approcher trop près d’une guenon avec ses petits, d’une façon générale respecter une distance de sécurité d’au moins 5 mètres avec eux, ne pas manger ou boire en leur présence, ni tenter de les nourrir ; toujours parler à voix basse et surtout LA RÈGLE n°1 : ne jamais soutenir le regard du dos argenté ni pointer un doigt dans sa direction. Cela pouvant être perçu par lui comme un signe d’agression !
 
 
 
Et face aux  perceptibles signes d’énervement des gorilles, une seule parade possible : adopter une attitude de soumission, en s’accroupissant,  et  lui,  céder, tout simplement le passage.
 
 
Désormais parés pour faire face à toutes les éventualités, nous nous sommes, ensuite, mis en route, précédés par des pisteurs et des hommes armés.
 
 
 
Prudence est toujours mère de sûreté face aux possibles braconniers.
 
  
Après une heure de marche à travers des champs de pyrèthres, insecticide naturel, des plantations de légumes, des montées escarpées et des ronces acérées, nous sommes parvenus dans une petite clairière où les cris et autres bruits émis par les gorilles nous parvenaient de plus en en plus fort.
 
 
 
 
 
Nos guides se sont alors mis  à émettre de légers grognements à l’endroit des primates  afin de leur indiquer que nous ne leur voulions aucun mal.
 
 
 
   Soudain, à 10 mètres de moi, a surgi de nulle part un gorillon.
 
 
 
Il s’est arrêté  et m’a fixée pendant quelques minutes.
 
 
 
Cette première rencontre m’a littéralement sciée et je n’ai pas pu m’empêcher de le fixer, incapable que j’étais alors de bouger ou de le prendre en photos.
 
 
 
Puis, il a, aussi brusquement qu’il était apparu, dévalé la pente pour rejoindre d’autres petits qui jouaient plus bas !
 
 
 
Première claque émotionnelle !!
 
 
 
En file indienne, derrière le guide, nous avons continué à descendre la pente pour enfin découvrir, cachés au pied de deux arbres, deux guenons ainsi que plusieurs petits qui se délectaient de feuilles, se balançaient de branches en branches ou s’épouillaient !
 
 
 
 
Quel phénoménal spectacle que celui-là !
 
 
 
Puis réaliser toute la mesure de notre lien de parenté avec ces primates en voyant leurs paumes et leurs doigts, si semblables aux nôtres !
 
 

 

 
 Soudain, un grognement, inattendu,  est venu interrompre ce paisible spectacle.
 
 
 
Un silverback,  mâle pouvant atteindre les 200 kilos, s’est rapproché, comme pour nous signifier qu’il nous avait à l’œil.
 
 
J’ai été impressionnée par la stature imposante de ce colosse ainsi que son air renfrogné mais il s’est, très vite, assis sous un arbre pour entamer son petit déjeuner, fait de feuilles,  sans plus du tout se soucier de nous.
 
 
 
 
Chose impensable, et sans même nous en rendre compte, nous nous sommes tous rapprochés pour ne finalement plus être qu’à un mètre de lui.
 
Notre curiosité ayant clairement été la plus forte.
 
 
 
Là encore ce cher dos argenté n’a pas paru gêné de cette promiscuité et a continué à se délecter de ses feuilles.
 
 
 
Quel spectacle !!….
 
 
 
Reste que par souci de sécurité,  la visite auprès des gorilles ne dure qu’une heure.
 
 
60 minutes d’observation qui passent à une vitesse éclair !!!
 
 
C’est donc avec beaucoup de regrets, mais des souvenirs plein la tête ainsi que porteuse de mon certificat de visite aux gorilles, que j’ai dû redescendre à Kinigi.
 
 
 
   Ma troisième halte estampillée nature s’est faite, en redescendant vers  Kigali, au lac Muhazi, situé à environ une heure de route de la capitale.
 
 
 
 
 
Une pause très reposante  au Jambo Beach, petit restaurant situé sur la rive, m’a permis d’ apprécier la quiétude des abords du lac où  le président Kagamé possède d’ailleurs une résidence secondaire.
 
 
 
 
  
 
Enfin, l’ultime étape consacrée au parcours nature fut  au parc de l’Akagera, à environ 120 kms à l’est de Kigali,  tout proche de la frontière tanzanienne.
 
 
 
 
Les touristes en quête de safari s’y  rendent pour admirer  des éléphants, dont le célèbre mâle solitaire  Mutware ayant terrorisé, par le passé, plusieurs visiteurs, des babouins, des  girafes, des hippopotames, des gazelles, et plusieurs espèces d’oiseaux.
 
 
 
 
 
 
Cependant, aucunes traces de fauves !
 
 
Selon le guide, fuyant les braconniers lors du génocide, ceux ci seraient passés en Tanzanie voisine.
 
 
Pour ma part, le safari à l’Akagera a tout son charme si l’on n’est pas à la recherche de ces derniers.
 
 
A défaut, il faut plutôt privilégier les parcs tanzaniens.
 
 
[ MISE A JOUR AU 30.06.15 !
 
 
Mais ça c’était avant !
 
 
Car depuis aujourd’hui (30.06.15), 7 lions, venus d’Afrique du Sud, vont être réintroduits dans le Parc, qui est, depuis bientôt deux ans,  entouré d’une clôture électrique (afin de protéger les habitants demeurant à proximité des bêtes sauvages).
 
 
 
Une raison de plus pour visiter l’Akagera et contribuer à l’essor touristique du Pays des 1000 Collines :) ……………………………… ]
 
 
 
 
   Si je n’ai pas été emportée par le safari terrestre que j’y ai fait, j’ai en revanche eu un énorme coup de cœur pour la croisière, proposée à bord d’un petit bateau, sur le lac Ihéma   traversant le parc.
 
 
 
Oui oui vous avez bien lu !
 
 
Une magnifique ballade, d’une heure,  à faire idéalement en fin d’après-midi afin de pouvoir admirer le coucher du soleil en étant sur l’eau.
 
 
Priceless !!
 
 
 
 
 
Grâce à ce safari « on the water », j’ai pu admirer toute la flore du lac, notamment de jolis papyrus, mais également une faune non moins négligeable : plusieurs rapaces, nombreux hippopotames et crocodiles ainsi que des buffles repérés sur la berge grâce aux yeux de lynx de notre guide.
 
 
 
 
 Enfin, ce petit tour en bateau m’a également permis de voir, sous un autre angle, le magnifique ponton en bois, avançant sur le lac, du joli hôtel Ruzizi Tented Lodge, dont je vous parlerais plus loin.
 

 

 
 
 
4. Ma sélection des meilleurs  endroits  où dormir et se restaurer au Pays des Mille Collines.
 
le Nyungwe Forest Lodge
 
 
Si les grandes villes, et plus particulièrement Kigali, offrent,  plus aisément,  une grande diversité d’hébergements (pour toutes les bourses)  ainsi que des lieux de restauration variés en terme de cuisine, il n’en demeure pas moins qu’il existe quelques bijoux à l’intérieur du pays.
 
 
Vous trouverez ci-dessous quelques-uns de ceux qui m’ont laissée un souvenir impérissable.

 
 

Le best of de Kigali:
 
 
 
   L’incontournable Hôtel des Mille Collines n’est pas un mythe.
 
 
S’il était, en août 2013 (date de mon voyage au Rwanda), dépassé, notamment en terme de confort,  par le Serena ou les hôtels de la Chaîne Gorillas, il demeurait un établissement où l’on se sent bien. (il est toutefois à noter que  l’hôtel des Mille Collines fait partie, depuis quelques mois, de la chaîne Kempiski)
 
 
 
 
C’est  donc avec beaucoup d’émotion que j’ai pénétré dans cet établissement, représenté dans le film Hôtel Rwanda, où tant de Tutsis ont, après y avoir trouvé refuge, eu la vie sauve durant le génocide.
 
 
 
   Épisode moins connu mais qui mérite d’être rappelé  :  celui du capitaine sénégalais Mbaye Diagne, l’un des deux soldats de la Minuar basés aux Mille Collines, qui a contribué au sauvetage de  centaines de persécutés avant d’être finalement tué, fin mai 1994, par un éclat d’obus.
 
 
Il a notamment secouru les enfants de la première ministre hutue modérée, Agathe Uwilingiyimana,  assassinée par des éléments de la garde présidentielle rwandaise, dès le 7 avril 1994 et avec les 10 soldats belges qui assuraient sa sécurité, car elle était favorable à l’application des accords d’Arusha de 1993.
 
 
 
   La piscine de l’hôtel ainsi que  le bar y attenant sont très agréables.
 
 
 
 P1040826

 

 
On revoit bien la description qui en a été faite dans le livre «  Un Dimanche à la piscine de Kigali » de Gil Courtemanche.
 
  
 
Deux fois par semaine, il en était, du moins,  ainsi lors de mon passage à Kigali début août 2013, sont organisées des happy hours aux accents jazzy où les kigaliens se rencontrent autour d’une primus.
 
 
   La cuisine des Mille Colline est bonne avec une mention toute particulière, parait t-il,  pour les brochettes de poulet, que je n’ai, cependant et malheureusement,  pas eu la chance de goûter.
 
 
C’est sans doute la rançon du succès !
 
 
   S’agissant des restaurants, ne manquez pas les buffets du déjeuner de Chez John, une institution à Kigali, pour qui veut découvrir la gastronomie rwandaise.
 
 
 
 
 
Pour une somme modique, l’équivalent de 5 euros, il est possible de déjeuner à volonté et de découvrir quelques spécialités locales.
 
Telles que les samoussas (emprunts à la gastronomie asiatique),  l’igisafuriya (un plat à base de poulet et de bananes plantains)  les brochettes de chèvre grillée, les délicieux sambazas  (petits poissons frits du lac kivu)  du manioc  ainsi que des délicieuses frites de patate douce ou de pomme de terre (héritage colonial belge oblige),   les mizuzu (bananes plantains mures frites  connues sous le nom d’alloco en Afrique de l’ouest) ainsi que de délicieux fruits tropicaux pour terminer le repas sur une note sucrée.
 
 
J’ai même été étonnée d’y rencontrer Christophe Hondelatte !
 
 
   Chez Robert, un  joli restaurant aux superbes fontaines, est également une autre institution (située juste en face des Mille Collines) dont le déjeuner vous laissera un souvenir ému !
 
 
 
 
 
 Grace à un ami, j’ai, aussi, pu  découvrir un charmant hôtel/restaurant, le Sélect, lové dans le magnifique écrin de verdure d’une maison individuelle située sur les hauteurs de Kigali.
 
 
 
On y sert une très bonne cuisine occidentale à dominante française.
 
 
 
   Pour le goûter, le Shokola Lite café, ayant pris ses quartiers dans le même bâtiment que la très belle librairie Ikirezi, est un petit havre de paix.
 
 
Mention spéciale pour sa bibliothèque dont les livres sont recouverts de wax !
 
 
 
 
Le bijou de Nyungwe :
 
 
 
   
Nyungwe Forest Lodge !
 
 
C’est l’hôtel dont tous mes amis m’ont parlée avant mon départ pour le Rwanda.
 

 

 
A les entendre,  il s’agissait d’un véritable petit bijou caché dans des plantations de thé situées près de la forêt de Nyungwe.
 
 
 

 

 
 
Si le site web de l’établissement m’a tout de suite transportée, la réalité, à l’arrivée sur les lieux, en fin de journée et alors que la nuit tombait déjà sur les champs de thé, a, pour ainsi dire,  dépassé TOUTES mes espérances.
 
 
   L’emplacement du Nyungwe Forest Lodge est idyllique.  Ses parties communes sont décorées avec beaucoup de goût, alliant décorations modernes et occidentales à des ornements plus artisanaux et produits localement, notamment les tableaux imigongo.
 

 

 

 
 
Une terrasse, ouverte sur les champs de thé, reste le parfait endroit pour, de jour comme de nuit,  admirer la beauté de la Nature tout en s’ y  restaurant. 
 
 
 
 
 
   De même on ne saurait rêver plus belle piscine que celle à débordement, ouverte sur la forêt, où il fait bon se délasser.
 
 
 
 
 
 Les chambres, intégrées dans des maisons individuelles, sont quant à elles un véritable cocon, décorées toujours avec beaucoup de goût, d’où l’on a du mal à s’extirper, tant y règnent luxe, calme et volupté.
 
 
 
Je suis, pour ainsi dire, tombée en pâmoison devant la très grande et jolie salle de bain, le lit si moelleux,  qu’il est une invitation criante au sommeil,  ainsi que devant la terrasse privative (tout en bois) qui permet de profiter du panorama offert par les champs de thé et les singes espiègles jouant dans les arbres.
 
 
 
 
   
De surcroît, et pour ne rien gâcher, le chef cuisinier du Nyungwe Forest Lodge prépare une délicieuse cuisine qui ravira même les papilles les plus exigeantes !
 
 
 
Voila un autre bijou rwandais que l’on ne s’attend pas à dénicher dans cette forêt mais que l’on quitte difficilement une fois découvert.
 
 

 

La désormais paisible Kibuye:
 
 
 
   Après une route très dégradée qui m’a parue sans fin, je suis arrivée au Cormoran Lodge.
 
 
 
 
 
Un joli hôtel, constitué de chalets  en bois avec des petites terrasses privatives, faisant face au lac Kivu.
 
 
 
 
Toute l’architecture des lieux  privilégie  bois ainsi que  matériaux locaux.
 
 
 
   La terrasse panoramique du restaurant permet, en outre,  de déguster son repas tout en profitant d’une vue magnifique sur le lac où passent, de façon continue,  des pirogues de pêcheurs.
 
 
 
 
 
Il est également possible de se prélasser sur des chaises longues installées près du ponton où peuvent accoster de petits bateaux.
 
 
 
 
 
Les enfants seront, par ailleurs,  ravis de découvrir l’ aire de jeux spécialement aménagée  pour eux sur la  plage de l’hôtel.
 
 
   Enfin, le Cormoran Lodge  propose plusieurs activités à ses clients dont la possibilité de faire du kayak ou celle de profiter d’excursions en bateau vers des îles situées sur le lac Kivu.
 
 
En somme, un endroit en théorie totalement idyllique !
 
 
   Sauf que si j’ai tout de suite été émerveillée par le charme de l’endroit ainsi que les jolis chalets en bois, j’ai  toutefois été déçue par l’accueil qui m’a été réservée.
 
 
 
La propriétaire n’étant pas là, les employés, que ce soit au moment du check in ou du check out ou même au restaurant, ne semblaient pas pressés d’accueillir les clients et manifestaient presqu’ une totale indifférence à leur égard.
 
 
 
Cela est vraiment dommage car l’hôtel, qui jouit d’un emplacement géographique inouï,  est vraiment magnifique.

 

 
 La paradisiaque Gisenyi:
 
 
 
   Grace à une amie rwandaise, j’ai abandonné l’idée de loger au Serena de Ginseyi pour plutôt prendre mes quartiers au Paradis Malahide.
 
 

 

 
   Et j’ai eu raison car j’ai , dès les premières minutes, été conquise par cet établissement conjuguant beauté et caractère paisible.
 
 
 
 
 
 
 
 
Mon arrivée au bien nommé Paradis Malahide s’est faite en bateau puisque l’hôtel était le terminus de mon escapade depuis Kibuye dont je vous ai parlé plus haut.
 
 
 
Le « débarquement » a d’ailleurs eu lieu, en fin de matinée, sur la petite plage, jouxtant les chambres aménagées dans des paillotes disséminées dans la végétation, où se prélassaient déjà quelques clients.
 
 
 
Les bungalows (construits à partir de matériaux locaux) , d’un confort sans chichis, sont très agréables.
 
 
 
Seul petit bémol cependant, la literie de certains d’entre eux  qui peut devenir un véritable cauchemar nocturne !
 
 
 
Heureusement, ces petites tracasseries s’oublient dès le réveil !
 
 
 
En effet, quel plaisir de pouvoir petit déjeuner , dans des couverts tout en bois, sur une table installée au bord du lac ; puis d’être en mesure de se régaler (tout en étant blottis sous des couvertures) , au dîner, de sambazas ou d’excellentes brochettes de poissons autour du boma !
 
 
 
Et que dire de l’accueil efficace et souriant des membres du personnel ?
 
 
Autant d’atouts qui rendent tout séjour au Paradis Malahide inoubliable !
 
  
 
   Enfin, l’on peut soit profiter du charme de la baignade sur la plage privée de l’hôtel ou louer la petite embarcation de ce dernier pour naviguer dans les environs.
 
 
 
Pour ma part, je me suis contentée de profiter de sa plage et de ses jardins.
 
 
 
  Le Paradis Malahide est définitivement l’adresse de charme à ne pas manquer pour quiconque cherche un hébergement original et à taille humaine à Gisenyi.
 
 
 
J’ai également eu l’occasion de me rendre au Serena de Gisenyi.
 
 
 
Malgré sa jolie piscine, sa petite plage aménagée et ses délicieux sambazas, il m’a semblée plus impersonnel.
 
 

 les sambazas, petits poissons frits

 
 
Toutefois sa boutique de souvenirs,  bien achalandée, regorge de superbes pièces d’artisanat que vous ne retrouverez sur aucuns étals de marchés!
 
 Cela vaut donc le coup d’y casser sa tirelire !
 
 
 
En mode safari au Parc de l’Akagera:
 
 
 
   Lors de ma visite dans ce parc, deux options d’hébergement étaient possibles : l’Akagera Game Lodge, longtemps le seul hôtel du parc mais dont les infrastructures sont désormais considérées, par beaucoup, comme étant vieillottes, et le tout nouveau et intime Ruzizi Tented Lodge.
 
 
 
 
J’ai opté pour ce dernier avec beaucoup d’enthousiasme ! Là encore je n’ai pas du tout regretté mon choix, tant le site est majestueux !
 
 
 
  Je vous plante le décor: 7 tentes, auxquelles l’on accède par des passerelles en bois, aménagées sur des plateformes en dur sur les rives du lac Ihema.
 
 
 
  Magnifique ponton en bois donnant sur le lac où prendre  le petit déjeuner (juste avant le lever du soleil),  l’apéro (au moment où le soleil se couche) ou le dîner (autour d’un boma) est un plaisir des yeux inouï.
 
Mais possibilité également de dîner, de façon conviviale, avec les autres clients (pour la plupart anglophone) dans une salle ouverte aux 4 vents.
 
Safari nocturne auquel vous pourrez, en outre, succomber.
 
Mais, pour être tout à fait objective, le clou du spectacle, au Ruzizi, se trouve dans  les tentes-chambres, d’un grand confort,  faisant toutes face au lac  et qui, cerise sur le gâteau, disposent d’un petit coin terrasse.
 
 
 
   C’est un plaisir indescriptible que d’entendre, dans la nuit, alors que l’on est soit-même lové sous ses couvertures, les croassements des grenouilles, le bruit des hippopotames qui sortent de l’eau et celui des singes qui s’amusent.
 
 
 
5. Que ramener du Rwanda ?
 
 
 
En ce qui me concerne j’aime bien rapporter de mes voyages des magnets ainsi que des souvenirs représentatifs du pays.
 
 
Au Rwanda, si je n’ai pas trouvé de magnets à mon goût ,  j’ai néanmoins pu dénicher d’autres superbes souvenirs à rapporter.

 

 
L’incontournable vannerie et notamment les Agaseke:
 
 
 
   Mon premier choix s’est porté sur les agaseké, ces paniers cylindriques coiffés d’un couvercle conique en fibres tressées.
 
 
 
Vous en trouverez partout et de toutes les couleurs car il s’agit d’une pièce d’artisanat utilisée dans la vie quotidienne : à titre décoratif ou à titre de rangement.
 
 
 
 
Différents tissus : wax, khanga et tie & dye notamment:
 
 
 
   Plusieurs étoffes colorées sont vendues sur les étals des différents marchés du pays.
 
 
 
Ainsi à coté du wax, tissu en coton coloré que l’on retrouve également dans toute l’Afrique de l’ouest ;  se trouvent le khanga, étoffe, typique d’Afrique de l’est et notamment de la Tanzanie, assez colorée et comportant le plus souvent des messages sous formes de proverbes, et enfin de magnifiques tie and dye, des pièces de coton teintées selon une méthode ancienne et qui offrent de superbes dégradés de couleurs.
 

 

 
Les originales peintures Imigongo:
 
 
   Il s’agit de peintures, aux motifs géométriques, réalisées avec de la bouse de vache séchée.
 
 
Nul doute qu’elles orneront avec beaucoup d’originalité tous les intérieurs.
 
 
 
 
Des accessoires de la marque rwandaise INZUKI:
 
 
   Par le biais d’une amie j’ai pu découvrir, quelques mois avant de m’envoler pour le Rwanda, la marque, Inzuki, créee par une jeune entrepreneure  du nom de Téta Izibo.
 
 
 
J’ai aussitôt eu un coup de cœur pour cette ligne qui propose beaucoup d’accessoires (colliers, sacs, boucles d’oreilles), très colorés et réalisés selon des techniques traditionnelles rwandaises.
 
 
 
   La jolie boutique INZUKI se situe, en plein centre ville de Kigali, sur le boulevard de la Révolution.
 
 
 
   6. Pour aller plus loin  sur le Génocide:
 
 
Pour ceux qui aimeraient en savoir  davantage sur cette tragédie qu’a été le génocide,  voici une petite liste, non exhaustive :
 
 
  De Films :
 
 
   Tout le monde pense d’emblée au film Hôtel Rwanda, dont l’action est supposée se dérouler à l’Hôtel des Mille Collines à Kigali.  En réalité, ce dernier a été tourné, en Afrique du Sud.
 
 
Même s’il est plutôt bien réalisé, le film ne rend pas assez compte, à mon goût, de la tension et des enjeux qui ont existé pendant le génocide.
 
 
Je vous conseille donc :
 
–   les films : Shooting Dogs et Sometimes in April.
 
 
 –  les poignants documentaires :  «  7 jours à Kigali, la semaine où le Rwanda a basculé » de Mehdi Bah qui donne la parole à plusieurs personnes ayant vécu les  premiers jours du génocide et « Inkotanyi : Paul Kagamé, la tragédie rwandaise » de Christophe Cotteret . Ce dernier raconte l’Histoire du FPR (Front Patriotique Rwandais) grâce, notamment, à des images d’archives et des témoignages exclusifs : allant de ceux de ses figures phare (tel l’actuel président rwandais Paul Kagamé, jadis dirigeant de ce mouvement à la fois politique et militaire) à ceux d’historien et journalistes.
 
 
 
Des Livres :
 
 
   Il peut parfois sembler difficile de se retrouver dans les nombreux ouvrages, relatifs au génocide,  qui sont parus depuis 1994.
 
 
Néanmoins je vous conseille ceux-là que j’ai lus et qui me semblent plutôt bien documentés :
 
 
– « Un dimanche à la piscine à Kigali » de Gil Courtemanche
 
 
–       – « Récit des marais rwandais » de Jean Hatzeld qui comprend la trilogie « Dans le nu de la vie » (consacré aux rescapés), « Une saison des machettes « (consacrée aux tueurs) et « la Stratégie des Antilopes » (consacrée à la cohabitation entre les premiers et les seconds après la libération de ces derniers de prison)
 
 
–        – « Murambi, le livre des ossements » de Babacar Diop
 
 
–        – « Tu leur diras que tu es hutue » de Pauline Kayitare
 
 
–       – « Sur la piste des tueurs rwandais » de Maria Malagardis . Un ouvrage qui raconte la lutte menée par les époux Gauthier afin que les crimes commis par des  présumés génocidaires, aujourd’hui en exil en Europe et notamment en France, ne demeurent pas impunis. C’est d’ailleurs leur plainte qui a permis l’arrestation du capitaine Pascal Simbikangwa  puis la condamnation historique de ce dernier, en mars 2014, par la Cour d’Assises de Paris pour crime de génocide et complicité de crimes contre l’humanité. Une peine confirmée en appel par la Cour d’Assises de la Seine-Saint-Denis en décembre 2016 
 
 
–      –  « Notre Dame du Nil » de Scholastique Mukasonga, ouvrage d’ailleurs primé du prix Renaudot  2012.

 

 
–     – « Rwanda, les médias du génocide  » de Jean Pierre Chrétien » qui rend compte du rôle des médias dans la préparation du génocide puis au cours de son exécution
 
– « Une Initiation » de Stéphane Audouin-Rouzeau
 
 
 

  

Une Exposition actuellement (d’avril à octobre 2014) en cours au Memorial de la Shoah à Paris:
 
 
   Enfin, et dans le cadre de la 20ème  commémoration du génocide rwandais, une exposition se tient actuellement, et ce jusqu’au mois d’octobre 2014, au Mémorial de la Shoah à Paris.
 
 
   Elle retrace avec beaucoup d’exactitude la planification de ce massacre et permet de voir des objets et textes (objets appartenant à des victimes, texte des 10 commandements des Bahutus) outre d’entendre des discours ( notamment ceux prononcés à l’antenne de la RTLM) que j’ai pu voir et écouter lorsque je visitais les mémoriaux de Gisozi ainsi que les églises de Nyamata et Ntarama l’été dernier.
 
 
   Par ailleurs un cycle de conférence, désormais clos, m’a permis d’en apprendre encore plus lors de projections de films ou de conférences très riches en émotions avec des rescapés tels que Claver Kayitare ou Yvonne Mutimura Galinier.

 

Le Pigeon Voyageur

AUTEUR - Le Pigeon Voyageur

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article et découverte de ces photos (toutes prises par mes soins). Alors à vos plumes !

10 Commentaires
  • Florence Pitman | Juil 6, 2014 at 22 h 04 min

    Chere Pigeon Voyageur, just amazing!! Mille merci de nous faire partager tes decouvertes, avec autant de generosite, d'authencite, de precision. Surely tu as un don. Congratulations and God bless you. Au plaisir de te lire, encore et encore xxx

  • Le Pigeon Voyageur

    Le Pigeon Voyageur | Juil 7, 2014 at 23 h 53 min

    Merci Florence pour ce retour! C'est le début d'une grande aventure au cours de laquelle j'espère continuer à toucher, à travers mes récits, toutes les personnes qui s'arrêteront sur ce blog

  • Lillian Jituboh | Juil 9, 2014 at 1 h 08 min

    Superbe article, on attend les prochains episodes avec impatience!

  • Le Pigeon Voyageur

    Le Pigeon Voyageur | Juil 9, 2014 at 10 h 51 min

    Merci bcp Lillian! j'y travaille :)

  • Anonyme | Juil 13, 2014 at 8 h 33 min

    Pigeon j ai bcp aimé! Surtout l épisode des chimpanzés et gorilles! J ai trop rigolé! Bravo! Vite la suite et ns il faut q on découvre ces magnifiques endroits, obligé! Karen

  • Fabrice Dabouineau | Juil 29, 2014 at 13 h 49 min

    Un bel article et une belle vision de ce pays fascinant qu'est le Rwanda… une belle écriture et cela donne envie d'aimer ce pays. Bravo à vous et bonne continuation pour la suite que j'attends avec impatience. Fabrice

    • Le Pigeon Voyageur

      Le Pigeon Voyageur | Juil 29, 2014 at 14 h 27 min

      Merci Fabrice pour ce retour! J'ai été, moi même, tellement touchée par la beauté du Rwanda que j'espère donner envie aux lecteurs de s'envoler pour le Pays des 1000 Collines à la première occasion ! Puissent les autres articles déjà publiés ainsi que les suivants vous procurer le même sentiment !

  • Mélissa flawless | Jan 5, 2015 at 20 h 47 min

    Très beau article qui m'a fait redécouvrir mon beau pays!!! C'est comme si j'y étais à travers ce beau récit!!!

    • Le Pigeon Voyageur

      Le Pigeon Voyageur | Jan 5, 2015 at 23 h 25 min

      Chère Melissa, merci pour ton retour et ravie de savoir que ces quelques pages te permettent de redécouvrir ton pays dont je suis clairement tombée amoureuse :) J'espère pouvoir y retourner, un jour, car il y'a encore beaucoup d' autres endroits que j'aimerais visiter. Finalement deux semaines c'était trop court !!

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