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Journal d'un Pigeon Voyageur | A LA DECOUVERTE DU KENTE, LA MAGNIFIQUE ETOFFE DES ROIS ASHANTIS DU GHANA
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A LA DECOUVERTE DU KENTE, LA MAGNIFIQUE ETOFFE DES ROIS ASHANTIS DU GHANA

  |   AFRIQUE, ART & CULTURE, GHANA, HISTOIRE & DEVOIR DE MEMOIRE, TOUS, VOS ENVIES   |   4 Commentaires
étoffes de kente. Kente Centre du village d’Adanwomase
 
   
Frissons et sensations fortes garanties au Kakum National Park,  charmes incontestables du village lacustre sur pilotis de Nzulezo mais aussi du lac Bosumtwi, quiétude et fraîcheur salvatrice des jardins d’Aburi, calme luxe et volupté offerts par certains de ses bijoux hôteliers ainsi que surprenante découverte de l’art funéraire artistique sont quelques unes des, multiples, facettes du tourisme ghanéen dont j’ai eu à vous parler précédemment sur le blog.
 
 
 
Je dis à dessein multiples car le Ghana, ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest (lequel a été frappé en milieu de semaine dernière par des inondations terribles, causant la perte de nombreuses vies humaines, outre des destructions matérielles conséquentes, et où un deuil national de 3 jours a été décrété aujourd’hui) a bien évidemment d’autres superbes attraits touristiques.
 
 
 
    Notamment les jolies plages de la côte ouest , telles Busua ou Axim, son parc national au Nord (que j’ai hâte de visiter), Accra sa trépidante capitale, ses lieux de mémoire liés au commerce triangulaire,  avec ses anciens forts négriers de Cape Coast et Elmina (lesquels feront prochainement l’objet d’un billet), ses mines d’or, encore exploitées, d’Obuasi (lesquelles n’étaient malheureusement plus visitables par les touristes lors de mon passage)
 
 
pancarte indiquant les mines à Obuasi, région ashantie
 
 
Sans oublier la découverte du  Royaume Ashanti, situé au cœur du pays, et de sa capitale, Kumasi, seconde ville du Ghana.
 
 
Un territoire qui a acquis, depuis des siècles, une importance capitale aux yeux des ghanéens et ce, à mon sens, à double titre.
 
 
En premier lieu, pour des raisons historiques car le patriotisme ghanéen y est né.
 
 
En effet, fondé au 17 ème siècle et gouverné par des Asantehene (rois), selon une règle de transmission matriarcale du pouvoir, ce puissant royaume, symbolisé notamment par le Tabouret d’Or royal, est le seul à avoir opposé une résistance aussi farouche et longue, soit durant près de DEUX siècles, au colonisateur britannique. Encore aujourd’hui, Osei Tutu II, l’Asantehene, depuis 1999, du peuple ashanti,   joue , dans ce Ghana moderne, un rôle important dans la mesure où il est consulté par les autorités avant toute prise de décision concernant  sa région.

 

portrait du roi dans le palais
 
 
Assurez vous d’ailleurs, lorsque vous serez de passage à Kumasi, de visiter sa résidence officielle,  demeure des rois passés , le Manhyia Palace.
 
 
dans l’enceinte du palais
 
symboles adinkra
 
 
Une instructive et vivante visite guidée vous permettra, à travers moults objets, documents, vidéos mais aussi  anecdotes du guide, d’en apprendre davantage sur royauté et culture ashanti.
 
 
Une halte que je n’ai pas regretté ! N’hésitez pas, ensuite, à demander audience au roi, qui reçoit aussi bien sujets ou touristes sous réserve que vous lui apportiez un petit présent.
 
 
Malheureusement pour moi,  à quelques jours de la Saint Sylvestre, ces rencontres ont été interrompues. Qui a dit que les rois n’avaient pas besoin de vacances ?
 
 
Le royaume ashanti fascine, en outre, parce qu’il est le gardien du patrimoine culturel du pays.
 
 
Cette richesse, laquelle s’exprime de différentes manières (rites, festivals, ou encore traditions), trouve, pour moi, sa meilleure expression  dans une fabuleuse étoffe qui a, d’ailleurs et depuis l’origine, toujours été considérée comme un élément clé illustrant la quintessence artistique du pays.
 
 
Assemblage de plusieurs bandes tissées (manuellement) de fils (de soie et coton) de couleurs vives (initialement rouge jaune et verte) entrelacés, de façon complexe à la fois verticalement et horizontalement, et reproduisant des motifs qui ont chacun un sens précis, le kente,  est sans conteste la fierté du royaume ashanti et le symbole du pays tout entier !
 
 
Si le port de ce tissu, assez lourd, s’est dorénavant plus ou moins démocratisé (certaines marques ghanéennes l’utilisent ainsi pour fabriquer des accessoires tendance) et qu’il est aussi désormais possible de  faire customiser son propre kente en faisant part de ces desideratas pour des couleurs plus inhabituelles (par exemple le bleu) au tisserand, il ne faut néanmoins pas perdre de vue que cette étoffe, au départ uniquement tissée par des maîtres tisserands, dont le savoir faire était sans pareil, relevait de l’apanage exclusif des rois.
 
 
La légende ashanti raconte en effet que c’est en voulant reproduire, au 17 ème siècle, la toile tissée par une araignée que deux frères firent la première tentative de création de kente en ayant recours à du raphia.
 
 
La technique s’améliora avec le temps et, suivant la suggestion du roi, il fut convenu de teindre le kente dans les couleurs originelles citées précédemment (rouge, jaune et vert) afin de le rendre plus attrayant.
 
 
Des maîtres tisserands se chargèrent, dès lors, de fabriquer l’étoffe en y incorporant des fils de soie afin de créer des pièces qui soient dignes de revêtir le roi.
 
 
Cela explique  la complexité de sa réalisation ainsi que son prix d’achat relativement élevé (acquisition qui sera cependant plus avantageuse si vous vous procurez votre pièce dans la région Ashanti plutôt que dans la capitale , cela va de soi)
 
 
Dans ma famille, comme dans bien d’autres, les pièces de kente sont de véritables trésors, héritages culturels transmis de mère en fille et de père en fils ou cadeaux inestimables ayant été offerts, que l’on porte, en conséquence, lors de grandes occasions, familiales ou pas d’ailleurs.
 
 
Il était donc important pour moi que je m’en revêtisse lors de mes fiançailles.
 
 
Pour autant, désireuse d’en apprendre davantage sur l’étoffe des rois (initialement), j’ai décidé de mettre a profit ma halte de 48 heures à Kumasi (au cours de mon roadtrip dans le pays à noël 2013)  pour aller à la découverte des différents villages de tisserands, qui se situent à une 20 de kilomètres de Kumasi.
 
 
Si vous n’êtes pas pressés par le temps, je vous suggère de vous arrêter, tout d’abord, dans le celui de Ntonso.
 
 
Vous en apprendrez davantage sur le tissu Adinkra, étoffe unie ou tye and die sur laquelle sont imprimés des motifs traditionnels ainsi que des symboles, notamment Gye Nyame (qui représente la toute puissance et l’immortalité divine), qui ont une signification particulière dans la culture ashanti.
 
 
Du fait de ses couleurs de prédilection, à savoir le rouge et le noir, ce tissu est souvent porté pendant les funérailles.
 
 
D’ailleurs le terme Adinkra signifie « aurevoir, adieu », il n’est donc pas étonnant qu’il soit porté pendant les obsèques.
 
 
En revanche, si votre timing est, comme ce fut mon cas, serré, poursuivez votre route jusqu’aux renommés villages de Bonwire ou Adanwomase où seraient nés le kente.
 
 
A Adanwomase, qui se proclame comme étant l’unique berceau du kente authentique (rien de moins) j’ai ressenti une atmosphère moins  commerciale.
 
 
 
 
Dans la petite maison du Kente Centre, les étapes de la conception du kente sont expliquées,  un métier à tisser permet de découvrir l’outil de travail du tisserand, tandis que quelques photos d’Asantehene drapés, dans toute leur majesté, dans leurs kente ainsi que plusieurs étoffes accrochées sur des fils donnent un avant gout du large éventail de possibilités en termes de couleurs aujourd’hui.
 
 
 
 
 
Mais la pratique étant toujours plus parlante, je me suis dépêchée de me rendre sous le préau, faisant face au centre, où, en ce début d’après midi, deux tisserands étaient justement à l’œuvre.
 
 
L’un d’eux venait de débuter l’exécution d’un kenté, aux couleurs personnalisées, qui venait de lui être commandé et qui allait nécessiter pas moins de 3 jours de travail.
 
 
L’observer, pendant plusieurs dizaines de minutes, entrelacer, en simple ou double tissage, les différents fils et voir, peu à peu, apparaître les motifs géométriques sur l’étoffe a été un grand moment d’émotion !
 
 
 
 

 

Un peu plus loin, au soleil, séchaient les tye and die qui venaient d’être réalisés tandis qu’à l’autre extrémité du préau, d’autres jeunes hommes imprimaient, à l’aide d’éponge, des motifs adinkra sur des tissus déjà secs.
 
 
Je regrette vraiment de ne pas avoir été en mesure de découvrir, de façon plus approfondie et grâce aux visites guidées organisées par le Kente Centre du village, tous les aspects menant à la conception du kente

 

tissus séchant au soleil
adinkra in the making
 
 
 
  
Mais cette première visite a néanmoins été une bonne entrée en matière :)
 
 
Elle s’est, en outre terminée, par le spectacle d’une jolie fillette, qui sous mes yeux admiratifs, s’est mise à danser l’azonto en entendant les tubes de Davido et Fuse ODG qui s’échappaient des fenêtres de la voiture dans laquelle j’avais pris place.
 
 
 
 
  
D’Adanwomase, j’ai ensuite pris la route de Bonwire, village situé à a peine quelques kilomètres de là..
 
 
L’ambiance y était toute autre: magasins à tous les coins de rue proposant du kente à la vente et nombreux rabbateurs vous exhortant à vous y arrêter.
 
 
C’est finalement au Bonwire Kente Centre que j’ai fini par faire une halte.
 
 
Là,  dans un hangar où la chaleur était presqu’étouffante, je me suis crue dans une caverne d’Ali Baba tant la diversité de kentes proposés à la vente était grande.
 
 
Une multitude de couleurs, allant des plus classiques aux plus modernes, dont je n’arrivais pas à détacher mon regard…
 
 
Après plusieurs hésitations j’ai finalement opté pour un kenté aux couleurs rose et crème..
 
 
   N’imaginez pas avoir beaucoup de marge de manœuvre pour y négocier le prix de vos emplettes car dans ce centre, où de nombreux touristes se rendent, les tisserands ont conscience de la valeur et de la qualité de leurs produits et vous annonceront un tarif dont ils ne varieront pas d’un iota.
 
 
Tenez le vous pour dit !
 
 
Mais it’s all worth it car comme je vous le disais un peu plus haut, en acquérir à Accra vous reviendra beaucoup mais alors beaucoup plus cher.
 
 
Cédez  donc à la tentation de rapporter chez vous un bout du patrimoine ghanéen que vous pourrez porter, à votre tour, avec fierté :)
 
 
 

    

Pour ceux qui seraient tentés d’acheter du  kente en dehors des frontières du Ghana, assurez vous qu’il s’agisse bien de l’authentique étoffe (qui est assez lourde à porter et dont le prix est d’autant plus conséquent à l’étranger) car pullulent désormais des pagnes wax,  pouvant, par leurs couleurs et motifs rappelant le kente, faire illusion pour un œil non averti .

 

Par ailleurs, et à titre informatif, sachez que si le kenté renvoie, à priori, à l’aire géographique correspondant au royaume ashanti, il est également fabriqué à l’est du Ghana ( dans la Volta region) près de la ville de Ho.
 
 
Certains pensent même que cette région serait la pionnière en la matière. 
 
(Voici donc encore un autre débat sur ses origines après celui qui oppose les villages de Bonwire et Adanwomase)
 
 
En tout état de cause, un festival dédié au kenté est organisé, au mois d’août, dans cette région, peuplée majoritairement par l’ethnie Ewé  (que l’on retrouve également au Togo voisin).
 
 
Si, autrefois, le kente ewe se distinguait du kente ashanti par ses couleurs moins criardes, cette différence tend de nos jours à disparaître, chacun empruntant des caractéristiques à l’autre.
 
 
Enfin, le pagne kita, que l’on retrouve chez le peuple baoulé (issu des Akan) de Côte d’Ivoire (qui trouve ses racines dans le Ghana voisin que la reine Abla Pokou, fondatrice de la dynastie baoulé, avait fui il y a quelques siècles pour échapper à la mort) est aussi une variante de kente.
 
Le Pigeon Voyageur

AUTEUR - Le Pigeon Voyageur

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article et découverte de ces photos (toutes prises par mes soins). Alors à vos plumes !

4 Commentaires
  • Unknown | Jan 7, 2016 at 20 h 29 min

    bonjour
    combien coute les differents pagnes?

    • Le Pigeon Voyageur

      Le Pigeon Voyageur | Jan 7, 2016 at 21 h 39 min

      difficile de vous donner un prix exact car cela dépend de l'endroit où vous les achetez (si vous le faites à Accra ce sera plus cher que si vous le faites dans le village de Bonwire, dans le centre du pays, où ces pagnes tissés sont traditionnellement fabriqués), de la complexité du tissage, de l'expérience du tisseur etc…

  • Fofana Isaaci | Avr 30, 2016 at 10 h 54 min

    Bonjour

    J’ai un projet de création de marque et je souhaite mettre en avant le fait main africain.
    Le kenté aura une place importante dans mes collections.
    je serai intéressé par une bienveillante aide de votre part.
    Cordialement

    • Le Pigeon Voyageur

      Le Pigeon Voyageur | Avr 30, 2016 at 16 h 16 min

      Bonjour, comme vous avez pu le constater je tiens un blog consacre à mes voyages à travers le monde et ne commercialise donc pas de kente ou autres produits similaires. Je ne peux donc vous aider dans votre projet. Si ce tissu vous intéresse je vous conseille de vous rendre au Ghana et notamment près de Kumasi pour rencontrer les artisans .

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