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Journal d'un Pigeon Voyageur | MARRAKECH, SCÈNE ARTISTIQUE MAROCAINE EN PLEINE EXPANSION
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MARRAKECH, SCÈNE ARTISTIQUE MAROCAINE EN PLEINE EXPANSION

  |   AFRIQUE, ARCHITECTURE, HISTOIRE & DEVOIR DE MEMOIRE, MAROC, Marrakech, MUSEE, TOUS, VOS ENVIES   |   2 Commentaires

 

Festival Francophone, Sam Ilus, République Démocratique du Congo

 

A force d’uniquement circonscrire ses attraits au riche patrimoine historique qui est le sien, aux multiples parenthèses de détente qu’elle offre, à l’effervescence de la mythique place Jemaa El Fna et aux souks qui la bordent, on en oublierait presque que Marrakech est également une cité arty.

 

L’historique médina et les nouveaux quartiers de la Ville Rouge regorgent, en effet, d’incroyables institutions culturelles dont les joyaux ouvrent un horizon sans précédent à ceux qui y font escale.

 

En y racontant, notamment, l’Histoire ainsi que la Culture du royaume Chérifien et, désormais, celles du continent africain, les musées marrakchis inscrivent chaque jour un peu plus la capitale touristique du pays sur la scène artistique tant nationale qu’internationale.

 

Voici donc 8 musées, incluant le tout récent Musée Yves Saint Laurent , dont je vous recommande, après les avoir moi même visités en octobre dernier, l’exploration.

 

 

MUSEE DE LA PHOTOGRAPHIE

 

Portrait d’Homme, Tanger , 1942, Nicolas Muller

 

 C’est, à double titre, un insoupçonné voyage dans le temps qu’offre, depuis 2009, la Maison de la Photographie.

 

 

Le premier débute en franchissant le seuil de ce magnifique et pluri-centenaire riad dont l’architecture  contribue à mettre en valeur, sur trois étages, les milliers d’œuvres originales qui y sont exposées. 

 

 

IMG_1125-min

 

Puis l’échappée se poursuit grâce  à une immersion photographique plurielle, complétée  par des cartes postales et des films, dans un Maroc, rural et urbain,  désormais révolu.

 

Couvrant la période 1870-1950, la collection accrochée aux cimaises dévoile, en effet,   la beauté outre la diversité  d’un territoire ayant toujours suscité une véritable fascination auprès des artistes.

 

Et en ce qu’elle présente clichés aussi bien pris par des anonymes que par les premiers photographes occidentaux qui firent escale dans le pays,  l’exposition « Maroc, terre de lumière« , actuellement en cours, en témoigne indubitablement.

 

Illuminant les paysages, valorisant l’architecture, mettant en exergue les scènes de la vie quotidienne, illustrant les coutumes locales  et inondant les allées des souks,

 

Porte de Sidi Mimoun, Marrakech,  Felix

 

Dans les souks de Marrakech, Gabriel Gillet 

 

cette lumière, sujet de la rétrospective, transparaît également dans le regard perçant des habitants du royaume chérifien.

 

Autant de portraits qui suscitent chez le spectateur une indicible émotion. 

 

Portrait de Femme, 1930, Berger

 

Portrait d’Hamidou, 1885, Arévalo

 

Jeune Arabe,1926, Landrock

 

 Vallée du Draa, une Hartania des Ait Seddrat, Jean Besancenot

 

Quant à la terrasse panoramique, abritant une cafétéria et s’ouvrant sur les toits de la médina, elle constitue le dernier atout charme de ce passionnant musée.

 

Un lieu où la mémoire visuelle du Maroc demeure, grâce à une initiative privée, précieusement conservée.

 

 

  

MUSEE MOUASSINE

 

Marocaine dans son intérieur, Tanger, Alexander Cavilla

 

Niché dans les dédales de la médina, le musée Mouassine, ayant, en 2016 et après de longues années de restaurations,  ouvert ses portes au public, se distingue tout d’abord par  son exceptionnelle architecture.

 

Ce joyau culturel a, en effet, pris ses quartiers dans un magnifique riad, faisant partie d’un complexe urbain, construit, à la fin du 16 eme siècle, durant l’ère de la dynastie saadienne.

 

Il suffit d’ailleurs d’arpenter sa douiria (appartement de réception), aux somptueux  plafonds peints, zelliges, frises, couleurs et portes sculptées, pour s’en convaincre.

 

escalier

 

IMG_0550-min

 

A ce décor s’ajoute  la beauté des expositions, visant à promouvoir les arts du Maroc,  qui y sont programmées.

 

« Marrakech, 1000 ans d’Histoire »,  en cours jusqu’au 31 décembre 2017,  offre ainsi, grâce à des clichés issus des fonds de la Maison de la Photographie, un regard chronologique sur cette cité millénaire  que façonnèrent  plusieurs dynasties.

 

Vues panoramiques, lieux de culte interdits aux non-musulmans , places emblématiques : le visiteur découvre la Ville Rouge sous une perspective différente.

 

Vue de Marrakech, 1668, Dapper

 

Les remparts Marrakech, Felix, 1920

 

Charmeur de Serpents, place Jemaa el Fna,Walter Mittelholzer

 

Mosquée de la Qasbah,, Mihrab et arcs festonnés,  Marrakech

 

Une place est, par ailleurs, accordée au peintre orientaliste français Eugène Delacroix dont l’oeuvre fut fortement marquée par ses séjours, au début des années 1830, au Maroc et en Algérie.

  

Muletiers de Tetouan, 1833, Delacroix

Femmes d’Alger, 1833, Eugéne Delacroix

  

Mais si le Musée Mouassine ravit autant les visiteurs c’est, en dernier lieu, pour les intimistes concerts bi-hebdomadaires (lundis et vendredis soirs), à réserver impérativement, qui s’y donnent.

 

D’authentiques rendez-vous culturels où les musiques traditionnelles marocaines (Gnaoua et Berbère notamment) résonnent , de la plus belle des manières, au cœur la douiria.

 

Moments assurément magiques dont je suis ressortie absolument conquise.

 

 

MUSÉE D’ART ET DE CULTURE DE MARRAKECH

(MACMA)

 

Les Semences, Abdelaziz Charkaoui

 

 

Au bout d’une impasse du quartier du Gueliz, le MACMA, ouvert en février 2016 par un galeriste privé, propose un pointu voyage artistique au cœur du riche patrimoine marocain.

 

 

 

 

Fut il ancien ou plus récent.

 

La collection ainsi rassemblée compte donc autant de  tableaux, oeuvres d’artistes contemporains marocains

 

Portrait imaginaire, Houssein Talal

 

Le Palais Royal, Ahmed Louardiri

 

Mes Nièces, Khalid Chakour

 

ou de peintres orientalistes, tels André Suréda, Henri Pontoy, Eugène Delacroix ou Jacques Majorelle,

 

Les Filles, André Sureda

 

Scènes Marocaines, Eugène Delacroix

 

Ruelle Animée, Henri Pontoy

 

Village de Tasgah, Jacques Majorelle

 

 

et de sculptures que de pièces (bijoux, tissages, portes ou objets du quotidien, ) illustrant la richesse d’un artisanat traditionnel, fruit d’un important brassage culturel.

 

porte de salon d’un riad, 17 eme siècle,  Fes 

 

Et parce que  nul ne saurait contester l’empreinte du 7 eme Art au Maroc, le Musée MACMA a fait le choix d’évoquer la représentation du royaume à travers les affiches de films y ayant été tournés. 

 

  Comment oublier Casablanca ou L’Homme de Marrakech ?

 

 

 

RIAD YIMA

 

 

 

 

Non loin de l’effervescente place des Epices se cache l’atypique riad Yima,  à la fois galerie d’art, salon de thé et demeure personnelle du renommé artiste contemporain marocain Hassan Hajjaj.

 

 

 

Dont les photographies à l’esthétique aisément reconnaissable,

 

 

les atypiques costumes  ainsi que les oeuvres, réalisées  à partir de boites de conserves, sacs de farine, caisses de coca-cola, signes routiers, sigles de de grandes marques et pots de peinture recyclés, ont, sans surprise, conquis la scène artistique internationale.

 

 IMG_0556-min

 

Hassan Hajjaj avait d’ailleurs, au printemps 2017, investi la grande Halle de La Villette parisienne puis la gare lilloise de Saint Sauveur  dans le cadre des expositions Afriques Capitales et Lille, vers le Cap de Bonne Espérance, dédiées à la création contemporaine venue du continent africain.

 

Faire escale dans son antre marrakchi revient donc à pénétrer dans un univers aussi coloré que singulier où inspirations marocaines et occidentales sont mises, avec brio, au service d’une créativité promouvant la récup.

 

Qui pourrait, en effet, résister à la beauté de cet original salon abrité, de surcroit, sous une inattendue tente berbère ?

 

Idéal lieu, s’il en est, pour savourer un thé à la menthe.

 

 

  

A défaut de pouvoir vous rendre à Marrakech, faites escale à Londres où, hormis son showroom, une exposition lui est,  en ce moment et jusqu’en janvier 2018, consacrée à la Somerset House.

 

LE PARC DE SCULPTURES AL MAADEN

 

Crystal Ball, Moataz Nasr, Egypte

 

Inviter l’art contemporain au cœur d’un parcours de golf, dix-huit trous, aménagé face à la chaîne montagneuse de l’Atlas : telle est l’incroyable finalité poursuivie par le parc de sculptures, inauguré à l’automne 2013,  Al Maaden .

 

Douze monumentales oeuvres, réalisées in situ par des artistes marocains et étrangers, offrent,  dans une scénographie judicieusement pensée pour se fondre dans son environnement, une expérience sensorielle inédite.

 

Argentine, Egyptienne, Française, Algérienne, Chinoise, Marocaine, Indienne ou Canadienne,  laquelle  fera donc chavirer votre cœur ?

 

 

Masques, Mahi Binebine, Maroc

 

Golfista, Antonio Segui, Argentine

 

Montagne Urbaine, Yazid Oulab, Algérie

 

Nomade, Jean Brillant, Canada

 

 

MUSEUM OF AFRICAN CONTEMPORY ART AL MAADEN

(MACAAL)

 

Love Supreme, Mohamed El Baz

 

Inauguré il y a tout juste un an, le Museum of African Contempory Art Al Madeen (MACAAL) est une enclave culturelle de 900 m2 célébrant, sur deux étages, les artistes contemporains de l’ensemble du continent africain.

 

Si son architecture ultra design, intégrant néanmoins les traditionnels moucharabieh, constitue son premier attrait, 

 

 

le second réside, quant à lui, dans l’incroyable panorama artistique  qu’il dévoile.

 

Célébrant indifféremment les œuvres (notamment) de Cheri Samba (République Démocratique du Congo),

 

Les ombres Multicolores

 

Moke (République Démocratique du Congo),

 

 

Gonçalo Mabunda  (Mozambique)

 

Masques

 

Soly Cissé, (Sénégal)

 

Marie Wolfs (Rwanda), 

La Marocaine

 

Cyprien Tokoudagba (Benin)

 

Aziza

 

Jamila Lamrani (Maroc),

 

Robe Arbre

 

Younes Baba Ali (Maroc),

Kamikaze

 

Djamel Tatah (Algérie),

 

Fatna Gbouri (Maroc),

 

Jour de Fête

 

Abdelkrim Ouazzani (Maroc)

 

Poissons

 

Nabil Makhloufi (Maroc)

La Foule IV

 

ou encore Zakaria Ramhani (Maroc)

All Hallaj

 

Je lis dans cette véritable ode au continent,

 

 

la ferme volonté de faire taire les tentatives d’opposition entre plusieurs Afriques tout en révélant, par ailleurs, au Monde, les talents dont regorgent ses 54 pays.

  

Comme le prouve également la librairie, installée au rez-de-chaussée du musée, qui compte ouvrages culturels d’exception, articles conçus par des marques africaines (avec une mention spéciale pour les sacs d’Harakat Sisters et Melzaz Market) et une oeuvre de street-art.

 

 

 

MUSÉE BERBÈRE DU JARDIN MAJORELLE

 

atelier du peintre Jacques Majorelle abritant désormais le musée Berbère

 

Autrefois atelier où vécut et travailla, à partir des années 1930,  le peintre français Jacques Majorelle, l’emblématique bâtisse bleue du Jardin éponyme accueille, depuis 2011, un fascinant musée dédié à la culture Berbère.

 

Envoûtante identité, récemment reconnue, de l’Histoire marocaine pour laquelle le couple Yves Saint Laurent – Pierre Bergé avait eu un coup cœur  et dont il souhaitait partager toute la beauté.

 

 

C’est donc à travers leur collection personnelle que le visiteur peut aujourd’hui découvrir ce riche héritage.

 

Photographies, films,  centaines d’objets attestant du savoir faire des artisans berbères, costumes traditionnels de fête, tapis, musiques et  fascinantes parures signent ainsi une magnifique échappée au cœur de la culture Amazighe

 

Avec comme seul regret : l’impossibilité d’ immortaliser en images cette inoubliable parenthèse.

 

MUSEE YVES SAINT LAURENT MARRAKECH

 

 

 

Le 1er octobre dernier, soit deux jours avant l’ouverture officielle au public, je découvrais, émerveillée, le musée parisien Yves Saint Laurent.

 

Installé, avenue Marceau, au sein même de la maison de Haute Couture, cet antre célèbre désormais le génie d’un visionnaire parvenu à révolutionner, avec brio et audace, le vestiaire de la Femme moderne. 

 

En explorant ses recoins, je me souviens avoir été époustouflée par les iconiques créations, allant des chapeaux aux smokings en passant par les capes fleuries et les accessoires, exposées.

 

La découverte de son bureau laissé en l’état, de ses dessins ainsi que du rôle majeur joué par son compagnon, feu Pierre Bergé, dans l’ascension de la marque a, ensuite, constitué l’autre temps fort de cette belle l’immersion. 

 

Un avant-goût, finalement, de ce qui m’attendait, quelques semaines plus tard, au Musée Yves Saint Laurent de Marrakech.

 

 

Inauguré le 19 octobre dernier,  cet écrin contemporain de 4000 m2,  commandé par Pierre Bergé et conçu par le cabinet d’architectes Studio KO, constitue un triple hommage.

 

Au génie créatif du couturier. 

 

A la couleur.

 

Et au Maroc, terre qui, à compter du milieu des années 1960, lui inspira tant de collections depuis entrées dans les annales de la Mode. 

 

Cubes en briques rouges de Tetouan, béton bouchardé, vitraux colorés et patio circulaire :  l’ architecture de l’édifice porte d’ores-et-déjà en elle une incomparable élégance, renvoyant à celle dont Yves Saint Laurent se fit constamment l’héraut,   qui laisse présager toutes les merveilles qu’il renferme.

 

 

 

Et celles-ci sont nombreuses !

 

Aux portraits inauguraux de Catherine Deneuve, l’une de ses muses photographiée en Yves Saint Laurent dans la médina de Marrakech par André Rau en 1992,

 

Veste Iris, hommage à Van Gogh

 

succèdent, en effet,   mille et uns croquis et esquisses réalisés par le couturier pour le monde du spectacle

 

 

un film rétrospectif projeté dans l’auditorium Pierre Bergé et une salle accueillant des expositions temporaires (après celle actuellement consacrée au peintre Jacques Majorelle, amoureux du Maroc,  la prochaine mettra, à partir de février 2018, à l’honneur le travail du designer marocain Noureddine Amir)

  

Mais l’immense salle Yves Saint Laurent, où 50 emblématiques créations de la Maison , toutes imaginées entre 1962 et 2002,  s’offrent aux regards des visiteurs, au milieu d’extraits de défilés, de photographies, de croquis, de films, de voix, et de portraits du couturier, apparaît comme  l’incontestable joyau du musée.

 

 Robe Mondrian, Cape bougainvillier, Saharienne,  Veste Van Gogh, Caban et Smoking constituant une  formidable échappée au cœur du Noir, des Jardins ou encore de l’Afrique rêvée, autant d’univers qu’Yves Saint Laurent chérissait.

 

Et à défaut, interdiction oblige, de pouvoir les photographier, nul doute que vous les contemplerez, comme je l’ai fait, durant de très longues minutes.

 

Libre à vous  d’achever ensuite ce voyage sensoriel en marquant une halte à la librairie ou au café du musée.

 

 

 

Avec le Jardin Majorelle et le Musée Berbère, tous deux situés à proximité, le Musée Yves Saint Laurent clôt donc avec majesté le parcours-hommage marrakchi au grand couturier français.

  

 

 

 

Le Pigeon Voyageur

AUTEUR - Le Pigeon Voyageur

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article et découverte de ces photos (toutes prises par mes soins). Alors à vos plumes !

2 Commentaires
  • Map & Fork | Déc 12, 2017 at 11 h 38 min

    Une Marrakech artistique et culturelle que nous n’hésiterons pas d’approfondir lors de notre prochaine visite – in sha Allah. Merci pour ces bons plans!

    • Le Pigeon Voyageur

      Le Pigeon Voyageur | Déc 12, 2017 at 13 h 31 min

      Avec grand plaisir ! Puisse cette facette encore trop peu connue de Marrakech vous enchanter 👌

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