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AMERIKALINJEN, UN EXTRAORDINAIRE BOUTIQUE HOTEL AU COEUR D’OSLO

  |   ART & CULTURE, EUROPE, GASTRONOMIE, HOTELS, HOTELS ATYPIQUES, HOTELS D' EXCEPTION, NORVEGE   |   No comment

 

Haven, Amerikalinjen

 

Jouxtant la très centrale gare d’Oslo, un imposant édifice, aujourd’hui classé monument historique, se dresse, depuis son érection, en 2019, par les architectes Andreas Bjercke & Georg Eliassen, place de Jernbanetorget.

 

 

Autrefois siège de la défunte compagnie transatlantique Norwegian America Line (dont les bateaux, reliant Oslo à New-York, contribuèrent non seulement à l’exode massif de centaines de milliers de norvégiens fuyant la pauvreté pour s’offrir, au début du 20 ème siècle, une vie meilleure dans le Nouveau Monde mais assurèrent également, dans les décennies qui suivirent, le transport régulier de marchandises), cette séculaire bâtisse a contre toute attente embrassé, l’an dernier, un nouveau destin.

 

En se muant, le 15 mars 2019, en l’extraordinaire boutique-hotel Amerikalinjen.

 

 

 

Dernier écrin osloïte du groupe hôtelier scandinave Nordic Hotels & Resorts (entre autre heureux propriétaire du magnifique The Thief, installé quant à lui dans le quartier de Tjuvholmen) qui, sans conteste, témoigne d’une véritable identité.

 

Marquée par la préservation de l’Histoire des lieux; par une ode à l’Art Contemporain, au Design et à une Gastronomie puisant tout aussi bien ses influences dans les cuisines norvégienne, européenne qu’américaine; par une invitation plurielle à la rencontre et, in fine,  par une célébration des deux pays, Norvège et Etats-Unis, étant à l’origine de la fondation, en 1910, de la Norwegian America Line.

 

Brouillant résolument les frontières spatio-temporelles, exhortant diversement au Voyage et offrant à chaque hôte, qu’il séjourne ou non à l’hôtel, qu’il soit norvégien ou pas, une expérience inoubliable, l’Amerikalinjen s’est donc à raison rapidement hissé au rang des plus belles adresses d’Oslo.

 

Fort de mon séjour, il y a quelques semaines, sur place, voici pourquoi cet hôtel ne pourra que vous séduire.

 

L’AMERIKALINJEN, UN BOUTIQUE-HOTEL OU LE PASSE DES LIEUX SE LAISSE TOUJOURS TOUCHER DU DOIGT

 

 

 

Pour les dirigeants des Nordic Hotels & Resorts, la métamorphose en boutique-hotel de l’édifice sis 2 Jernbanetorget devait obligatoirement aller de pair avec une préservation architecturale des lieux outre une mise en lumière du passé du bâtiment en ses murs.

 

Et cela s’est , tout d’abord, traduit par le choix du nom donné à l’établissement, Amerikalinjen, renvoyant, en effet, au nom norvégien, Den Norske Amerikalinjen, de la société Norwegian America Line.

 

 Baptisée Vista-The Heritage Room, la bibliothèque installée au deuxième étage de l’hôtel est, elle aussi, un subtil clin d’œil au Vistafjord, le dernier navire de la compagnie à avoir opéré.

 

 

 

Comment, ensuite, ne pas faire de lien entre le compas figurant dans le logo de l’Amerikalinjen et les méthodes de navigation longtemps utilisées ?

 

 

Mais le passé des lieux affleure également à d’autres endroits.

 

Ainsi qu’en témoigne l’originelle architecture néo-baroque, restaurée, du bâtiment.

 

Il suffit pour s’en convaincre d’en scruter avec attention les façades extérieures , richement décorées, dont les détails sont une référence, via dessins de bateaux et d’ancres

 

 

outre sculptures en granite de dieux de la mer, au passé maritime de l’entreprise.

 

 

 

Lequel, une fois le seuil de l’Amerikalinjen franchi, se dévoile aussi à travers les différentes boussoles gravées au sol.

 

 

 

Puis, il faut voir dans les importantes portes en chêne donnant accès à l’hôtel, les majestueux escaliers, les plafonds voûtés

 

 

 

et le carrelage du café Haven autant de jolis vestiges rappelant l’époque où la Norwegian America Line avait, ici, pris ses quartiers.

 

L’immersion dans l’Histoire de l’édifice se poursuit, ensuite, grâce à nombre d’objets et  documents, retrouvés au cours de la rénovation, qui, désormais mis en exergue par leur intégration dans la décoration intérieure de l’Amérikalinjen, confèrent à l’hôtel son incroyable cachet.

 

Depuis les photographies en noir et blanc où indifféremment figurent passagers, capitaines, roi du pays ou directeur de la compagnie

 

 

aux menus proposés à bord des bateaux;

 

 

 

listes de départ; itinéraires, cartes de New-York et tickets (qu’il s’agisse de places achetées par les passagers ou de reçus d’expédition de marchandises); en passant par les bagages exposés.

 

 

 

Autant d’éléments racontant avec brio cette émigration norvégienne du début du 20 eme siècle que le choix d’excellents ouvrages, à retrouver dans la bibliothèque de l’hôtel, vient, de surcroît, davantage souligner.

 

Et parce le diable est assurément dans tous les détails, l’hôtel a aussi confié à l’historique société norvégienne Hadeland Glassverk, soit celle là même qui avait jadis conçu ces mêmes objets pour la Norwegian America Line, le soin de reproduire  flûtes à champagne et éclairages en suspension, tous soufflés à la main, pour les bar, café, restaurant et chambres de l’Amerikalinjen.

 

 

 

Ou l’Art de tout à la fois célébrer avec élégance immémoriaux liens tissés , savoir-faire locaux et histoire.

 

L’AMERIKALINJEN, UNE ADRESSE QUI CÉLÈBRE LES ARTS

 

 

Tracy, Alex Katz

 

Des multiples attraits que l’Amerikalinjen peut se targuer de posséder, l’un d’eux m’a immédiatement séduite : sa volonté d’être une enclave promouvant l’Art dans sa diversité.

 

Tous ses espaces, fussent ils communs ou privés, proposent donc, en premier lieu, une très belle plongée au cœur de l’Art Contemporain.

 

Matérialisée par la mise en avant de 3 artistes, dont les réalisations, évoquent les Etats-Unis :

 

Installée dans le vaste lobby, Towers, oeuvre en trois dimensions du britannique Julian Opie, représente ainsi les iconiques gratte-ciel devenus l’une des plus connues signatures architecturales américaines.

 

Towers, Julian Opie (à gauche)

 

 

Avec les aussi réalistes que lumineux portraits du peintre figuratif américain Alex Katz, ce sont les figures de plusieurs femmes qui viennent, ensuite, illuminer les pièces de leur présence.

 

 

Stéphanie, Alex Katz

 

Sharon, Alex Katz

 

Tout comme le font les œuvres, résolument engagées, du street artiste américain Shepard Fairey, plus connu sous le pseudonyme d’Obey Giant.

 

Welcome Visitor

 

Car ses portraits (avec une mention spéciale pour Hope, affiche initialement créée en 2008 pour la campagne électorale de Barack Obama),

 

 

 ,disséminés en plusieurs lieux de l’hôtel, invitent à s’interroger sur de nombreuses problématiques (questions environnementales, immigration, minorités, notion d’identité nationale) auxquelles la société américaine reste encore aujourd’hui confrontée. 

 

Greater than fear / We The People

 

Eat the Rich

 

The Wrong Path

 

 

Auxdites œuvres, s’ajoutent, enfin, les magnifiques ouvrages d’art partout laissés à disposition.

 

Reste qu’à l’Amerikalinjen, l’Amour pour l’Art se manifeste aussi dans le design des lieux.

 

Qui même s’il évoque les Etats-Unis, par les toiles accrochées et la palette de couleurs choisie pour habiller l’endroit , se révèle, finalement, être une véritable ode au minimalisme scandinave en général et aux savoir-faire développés par les entreprises norvégiennes en particulier. 

 

Mobilier et luminaires, créés dans les années 50-60 par les designers Birger Dahl et Torbjorn Bekken, y retrouvent donc vie, tant dans les espaces communs que dans les chambres et suites, grâce aux entreprises Eikund and Northern.

 

 

 

Un esthétisme auquel l’on succombe instantanément.

 

Puis, les mélomanes se réjouiront de l’existence du club de jazz, uniquement ouvert le vendredi soir, qui a dorénavant investi le sous-sol de l’hôtel.

 

 Là où étaient autrefois entreposés les bagages des candidats au départ vers le Nouveau Monde.

 

Hommage tant à Gustav Severin Henriksen, nommé directeur général de la Norwegian America Line dès son ouverture, qu’à la scène jazzy d’Oslo ayant dans l’intervalle acquis une renommée internationale, l’intimiste club Gustav propose donc des concerts-live ouverts à tous.

 

Ravivant, ce faisant, le souvenir des sets auxquels les norvégiens, faisant à l’époque le voyage, assistaient dans la Big Apple.

 

Un art musical dont je n’ai malheureusement pas pu profiter cet été, le club ayant, pandémie sanitaire oblige, été contraint de fermer ses portes .

 

Ce n’est donc que partie remise.

 

Quant à la dernière singularité de l’Amerikalinjen, elle tient à sa capacité à élever, de la plus belle manière, l’Art de la bonne chère en son sein.

 

Et ce, grâce au bar cosy; au café d’exception et au restaurant, tous trois installés  au rez-de-chaussée de l’hôtel.

 

 

 

Aménagé dans la continuité du lobby, le bar Pier 42 (référence directe au quai de Manhattan où débarquaient les immigrants) se distingue ainsi par son cadre élégant.  

Où sofas en velours, magnifique bar en bois réalisé sur mesure, petites alcôves, stylées chaises hautes, lumière tamisée, play-list de choix et larges baies vitrées gommant la frontière extérieur-intérieur  se conjuguent brillamment.

 

 

 

 

 

Mais si les esthètes avertis se pressent au Pier 42, c’est également pour se régaler des aussi exquis que créatifs cocktails qui y sont servis.

 

 

 

Autant de breuvages inspirés des recettes de Kare Breiby, l’un des bartender de la Norwegian America Line, auxquels les mixologues officiant aujourd’hui à l’Amerikalinjen ont apporté un twist contemporain.

 

Au niveau de leurs ingrédients mais  aussi de leurs dénominations.

 

En effet et à ce dernier titre, le menu Decades of Our History propose des cocktails dont les noms sont une référence à  plusieurs dates clés, réparties entre 1919 (date correspondant à l’ouverture du siège de la Norwegian America Line) et 2019 (date correspondant à l’ouverture de l’hôtel Amerikalinjen), de l’Histoire de la Norvège et des Etats-Unis.

 

Vous laisserez-vous donc tenter par l’ Emigration, le Prohibition, The Social Media ou, plutôt,  par le First Man on The Moon, le Discovery of Oil , The 18 th Olympic Winter Games ?

 

Choix éminemment cornélien, je vous le concède, mais dont la seule certitude s’inscrit dans l’absolu régal des papilles qui vous attend. 

 

Ceux qui séjournent à l’hôtel peuvent  vivre ces moments d’extase dans l’intimité de leurs chambres.

 

En s’offrant, de manière exclusive, les services (facturés en sus) d’un bartender du Pier 42.

 

Une expérience qui n’était, cet été,  toutefois pas possible du fait des mesures sanitaires, liées à la Covid 19,  mises en place.

 

S’ouvrant à la fois sur le bar et le restaurant de l’Amerikalinjen,  Haven, l’irrésistible café niché dans l’atrium bâti lors de la métamorphose du bâtiment en hôtel, fait figure de photogénique havre de paix.

 

 

 

Où l’irradiante lumière émanant du toit en verre, la végétation luxuriante, les assises en velours et l’impressionnante cheminée

 

 

invitent le visiteur, en le transportant instantanément à l’autre bout du monde, à s’y attabler.

 

Qui pour télé-travailler, qui pour bouquiner et qui pour se régaler d’une boisson chaude, d’un encas, d’un petit-déjeuner, d’un brunch dominical ou d’un repas figurant aux menus de l’attenant restaurant Atlas. 

 

Dont les tables se déploient dans un cadre rappelant les brasseries parisiennes

 

 

 

et aussi, lorsque les températures sont plus clémentes, en extérieur.

 

 

 

 

Qu’il s’agisse du petit déjeuner (servi cet été, covid oblige, sous forme de plateau-repas individuel comprenant  boisson chaude, jus de fruit, smoothies, pains, œufs, charcuteries, fromages, yaourts, et desserts);

des produits vendus au corner à emporter ( waffle, toast);  du déjeuner ou du dîner, l’Atlas fait non seulement la part belle à des produits locaux et de saison mais propose, en outre, une cuisine venue d’ici et d’ailleurs.

 

 

Célébrant les classiques des gastronomies norvégienne ( baleine, morue), européennes (moules-frites, schnitzel) et américaine ( burger, salades).

 

Outre des mets d’autres régions du monde, estampillés «Mama Dish » et régulièrement inscrits à la carte du restaurant, ayant, dans le cadre d’un programme mis en place avec la Croix Rouge Norvégienne, été élaborés par le chef du restaurant et une réfugiée.

 

 

L’AMERIKALINJEN, UN HOTEL-COCON OU LE BIEN-ETRE EST ROI 

 

 

 

Réparties sur 7 étages, les 122 chambres et suites de l’Amérikalinjen sont d’hyper confortables cocons, définitivement ancrés dans la modernité (par les commodités dont ils sont dotés)  tout en préservant l’héritage des lieux, où règnent luxe non ostentatoire, quiétude et volupté.

 

 


Dès lors, comment ne pas se laisser envoûter par la beauté des incroyables hauteurs sous plafond les caractérisant; par les superbes vues sur l’Opéra ou d’autres pans de la ville se dévoilant depuis les balcons dont certains d’entre eux bénéficient;

 

 

 

par l’odeur des produits de la marque cosmétique norvégienne Sprekenhus mis à disposition; par la splendeur des mosaïques recouvrant le sol des salles de bain; par le design scandinave, évoqué un peu plus haut dans ce billet, donnant tout son charme à ces singulières alcôves  ?

 

Mais que tout cela ne vous empêche pas d’aller profiter des bienfaits du spa, accueillant sauna finlandais, salle de sport, lit chauffant réalisé en mosaïque, qui, au sous-sol de l’Amerikalinjen, vous ouvre ses portes , 7 jours sur 7, sans discontinuer.

 

 

 

Car ici, encore plus qu’ailleurs dans l’établissement, le Temps suspend définitivement son vol. 

 

………………………………….

 

 

En redonnant vie à l’historique siège de la Norwegian America Line, l’Amerikalinjen a réussi à s’imposer comme un lieu où locaux et touristes se retrouvent ;

 

Comme un lieu où les fils du Passé et ceux du Présent s’entremêlent sans distinction;

 

Comme un lieu dont presque chaque espace témoigne d’un intérêt porté aux savoir-faire norvégiens;

 

Comme un lieu où l’hospitalité, illustrée par le remarquable service offert par le personnel de l’hôtel, est bel et bien une réalité;

 

Comme un lieu où l’idée du Voyage est, partout où le regard se pose, omniprésente.

 

Le genre d’adresse, dotée d’une véritable âme, que l’on aimerait voir se développer encore et encore.

 

J’ai adoré !

 

 

 

Le Pigeon Voyageur

AUTEUR - Le Pigeon Voyageur

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article et découverte de ces photos (toutes prises par mes soins). Alors à vos plumes !

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