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VIVA CIUDAD DE MEXICO !

  |   AMERIQUES, ARCHITECTURE, ART & CULTURE, GASTRONOMIE, HISTOIRE & DEVOIR DE MEMOIRE, HOTELS, HOTELS ATYPIQUES, Mexico City, MEXIQUE, MUSEE, PATRIMOINE DE L'UNESCO, TOUS, VOS ENVIES   |   No comment

 

Frida Kahlo par le street artiste Sipros

Colonia de Roma Norte, Ciudad de Mexico

 

Mon roadtrip au pays d’Emiliano Zapata, des Tacos, du Mezcal, des Mariachis & de Frida Kahlo a, cet été, débuté par une longue immersion au cœur de la pluriséculaire Ciudad de Mexico, alias CDMX, se dévoilant à plus de 2000 mètres d’altitude.

 

Zocalo

 

centro historico, représentation de la légende de Tenochtitlan ( alias Mexico City) d’après laquelle les dieux auraient indiqué aux Aztèques de fonder leur capitale à l’endroit où ils verraient un aigle, posé sur un cactus, en train de dévorer un serpent.

D’où la présence de l’aigle et du serpent sur le drapeau national 

 

photographie de Frida Kahlo, prise par Bernice Kolko, Casa Azul

 

Capitale de tous les contrastes aussi tentaculaire, surpeuplée, vibrante, créative et colorée qu’en constante mutation, 

 

Incroyable palimpseste sur lequel plusieurs pans d’ Histoire, renvoyant indifféremment aux périodes préhispanique, coloniale, révolutionnaire et contemporaine, se sont au fil des siècles, de surcroit, également écrits.

 

Pour former autant de riches strates.

 

Dont le contenu affleure et se laisse toucher du doigt à mesure que l’on sillonne cette fascinante mégapole n’ayant, en réalité, jamais cessé de se réinventer.

 

A l’aune de ce constat, imaginer qu’un unique séjour sur place puisse suffire, sauf à s’inscrire dans la durée, à  découvrir les multiples visages de Mexico City relève, à mon sens, de l’utopie.

 

Seule solution : opérer des choix stratégiques.

 

Qui, selon les circonstances, s’imposent pour certains sans alternatives possibles .

 

Et j’en parle en connaissance de cause puisque mon époux et moi avons, à regret, dû 

notamment renoncer à :

 

La possibilité de déambuler au cœur de l’iconique Casa Luis Barragan,  merveille architecturale dont la visite est malheureusement interdite au moins de 12 ans; 

 

Notre désir d’assister en début de soirée à un combat de Lucha Libre, forme de catch mexicain, organisé bi-hebdomadairement dans l’enceinte, alors survoltée, de l’Arène de Mexico;    

 

Cette prégnante envie d’arpenter quelques uns des nombreux musées (et la ville en compte énormément) ayant, par leurs thématiques et architecture, susciter en nous un vif intérêt

 

et celle, enfin,  de vivre le trépidant Mexico by Night, avec ses bars et adresses branchées n’ouvrant qu’en deuxième partie de soirée .

 

Mais la ville de Mexico, forte d’un héritage historique et culturel ne souffrant résolument pas la discussion,  nous a, en parallèle, réservés bien d’autres inoubliables expériences, vécues quant à elles sans difficultés aucunes avec notre grand bébé.

 

7 expériences que je vous recommande donc à présent :

 

VISITER CES 4 INCONTOURNABLES (SELON MOI) MUSEES :

 

Carnaval de la vida mexicana, Diego Rivera, Palais des Beaux Arts

 

Impossible de contester à Mexico son statut de ville d’Art dont témoigne, entre autre, la multitude de galeries et musées ayant éclos en ces murs .

 

Mais s’il ne fallait en retenir que 4, représentant pour moi de véritables must see, ce serait définitivement ceux-ci : 

 

Le Palais des Beaux Arts

 

 

Son impressionnante coupole ,  les sculptures décorant sa façade, l’architecture Art Déco ainsi que les superbes vitraux se révélant en son sein valent déjà à eux seuls amplement le détour.

 

 

 

Nueva Democracia, fresque de David Alfaro Siqueiros 

 

Reste que l’attrait des lieux ne saurait pourtant être uniquement circonscrit à ces éléments.

 

Au risque d’oublier les monumentales fresques murales, habillant les murs du premier étage, qui ont elles aussi fortement contribué à la renommée du Palais des Beaux Arts.

 

Réalisées par plusieurs grands artistes mexicains, à l’instar de David Alfaro Siqueiros , de José Clémente Orozco

 

Katharsis, José Clémente Orozco

 

ou encore de l’incontournable Diego Rivera , dont j’avais en 2019 d’ailleurs pu contempler les magnifiques panneaux, composant l’œuvre intitulée Detroit Industry Murals, exposés au rez-de-chaussée du Détroit Art Institute,  les 17 fresques du Palais des Beaux Arts immergent ainsi le visiteur dans l’Histoire du Pays tout en l’interpellant sur des questions socio-politiques.

 

 

El hombre controlador del universo, Diego Rivera

 

Enfin ne quittez pas l’édifice sans franchir les portes du musée, également abrité dans le Palais, pour  contempler les œuvres permanentes ainsi que les expositions temporaires qui y sont présentées.

 

 

 

Le Musée d’Anthropologie

 

 

 

Niché au cœur du vaste parc de Chapultepec, ce spectaculaire écrin invite à une envoûtante plongée à la découverte de plusieurs grandes civilisations préhispaniques :

 

 

 

Aztèque, Maya, Toltèque, Zapothèque et Olmèque pour ne citer que celles-là.

 

peintures de Cacaxtla

 

Pyramide du serpent à plumes, Teotihuacan

 

Tête Olmèque

 

Dont les sculptures, objets du quotidien ou funéraires, bijoux, vêtements, reconstitutions de temples,

 

Tlazoltéotl, déesse de la Fertilité

 

Chac-Mool

 

déesse Coatlicue de Cozcatlan

 

Pierre du Soleil

 

 

codex,

 

 

et tant d’autres choses encore, se déploient dans une éblouissante scénographie se révélant au fil des salles traversées.

 

Pour le plus grand bonheur des pupilles, néophytes comme averties, émerveillées .

 

La Casa Azul

 

œuvre de Frida Kahlo

 

Transformée, depuis la fin des années 1950 et grâce à un ami du couple Kahlo-Rivera, en un intimiste musée, la Casa Azul,

 

 

devenue l’un des emblèmes du pittoresque quartier de Coyoacan où elle se trouve, nous ouvre les portes de la demeure familiale, construite au début du 20 ème siècle,  des Kahlo.

 

parents de Frida Kahlo 

 

 

 

 

Là où, en 1907, naquit la renommée artiste peintre Frida Kahlo.

 

Là où elle travailla.

 

Là où elle vécut, un temps, avec son célèbre époux, l’artiste Diego Rivera.

 

 

Là où elle s’éteignit en 1954, ses cendres étant d’ailleurs conservées dans une urne visible dans sa chambre. 

 

 

Restés en l’état, photographies personnelles, lettres, coupures de presse, autoportraits de Frida, livres, dessins et peintures de Diego Rivera, collection d’ex-votos , sculptures ,

 

Autoportrait, Frida Kahlo

 

Couple Kahlo-Rivera

 

Les deux Fridas, Frida Kahlo

 

 

atelier comptant encore ses chevalets, pinceaux et gouaches,

 

 

vaisselle, mobilier,

 

 

vêtements (à l’instar des célèbres robes de Tehuana qu’elle revêtait avec fierté) et sculptures préhispaniques permettent, au gré des déambulations dans cette maison couleur bleue Majorelle, de mieux saisir la personnalité de Frida Kahlo.

 

Tout en prenant l’entière mesure de son génie.

 

Frida Kahlo, artiste profondément féministe, qui fit montre d’une incroyable résilience pour surmonter les  épreuves rencontrées durant sa vie ( maladie, handicap, dépression ou encore difficultés conjugales) et dont l’œuvre est, par ailleurs, une incroyable ode à l’identité mexicaine .

 

Une salle, aménagée à l’extérieur du bâtiment principal, présente en outre une exposition, constituée d’une partie de la garde-robe de Frida Kahlo et plus particulièrement des tenues régionales mexicaines qu’elle a grandement contribué à rendre populaires.

 

 

Une exposition, ayant voyagé à travers le monde, qui a d’ailleurs été accueillie au Palais Galliera, parisien, durant la saison 2021-2022

 

et, in fine, le Palacio Nacional.

 

 

L’Epopée du peuple mexicain, Diego Rivera

 

Edifice phare de la place de la Constitucion tout autant que puissant symbole représentant le pouvoir politique mexicain, le Palais National, cet ancien lieu de résidence des vice-rois d’Espagne qu’occupent depuis l’indépendance du pays, au début du 19 ème siècle,  le président de la république et sa famille, fait figure, à défaut d’être un musée à proprement dit,  de must see.

 

 

Où l’on se presse pour admirer les gigantesques fresques formant le tryptique de « l’Epopée du peuple Mexicain ».

 

 

Œuvre monumentale, réalisée au début des années 30 par l’artiste Diego Rivera, qui orne les murs du second étage du Palais et de l’un des escaliers y menant.

 

Elle raconte, sur plusieurs siècles, des épisodes majeurs de l’Histoire du Mexique : depuis la représentation des cultures préhispaniques et l’arrivée des Conquistadors au 16ème siècle, en passant par l’instauration du christianisme, la Révolution qui ébranla le pays, les luttes ouvrières , l’accession à l’indépendance , la dénonciation du capitalisme outre l’importance de l’éducation donnée à chaque citoyen.

 

Au milieu de ces dessins d’un réalisme sans égal se glissent en outre plusieurs personnages historiques , qu’ils soient mexicains ou d’origine étrangère, que l’on prend plaisir à reconnaitre.

 

 

Tels Benito Juarez, Frida Kahlo, Henri Ford ,Hernan Cortès, Emiliano Zapata ou encore Karl Marx.

 

ADMIRER LES OEUVRES DE STREET ART 

 

 

 

A Mexico, l’Art, loin de se limiter aux seuls espaces feutrés, investit également la rue .

 

Comme en témoignent :

 

Les monumentales sculptures, tel l’iconique Ange en bronze et or, surmontant la colonne de l’Indépendance, véritable point cardinal de la longue avenue du Paseo de la Reforma,

 

 

 

installées de part et d’autres des grandes artères traversant ses colonias .

 

Mais également l’effervescence de la scène Street Art .

 

 

Constituée d’œuvres , que l’on doit aussi bien à des artistes mexicains, étrangers, renommés qu’anonymes, parvenues à donner un supplément d’âme aux bâtiments désaffectés, façades d’hôtels, palissades, tunnels, marchés, métros et murs.

 

 

Non seulement en célébrant divers éléments de la culture nationale et en rendant hommage à plusieurs figures mexicaines majeures

 

 

mais aussi en interpellant les spectateurs sur des problématiques sociales, environnementales ou encore politiques.

 

A ce titre, les rues du Centro Historico et celles des colonias (quartiers) de Roma et Condesa demeurent de véritables précarrés en la matière.

 

NAVIGUER SUR LES CANAUX DE XOCHOMILCO

 

 

 

 

Situés au sud de la capitale, ces multiples canaux se découvrent, dans un rayon de près de 200 kilomètres, à bord de colorées trajineras.

 

 

Barques à fond plat voguant pour une heure, voire plus si affinités, sur une partie d’un lac qui existait déjà à l’époque préhispanique et plus spécifiquement durant l’ère Aztèque.

 

 

Les ( nombreux) groupes de mariachis, croisés en chemin, qui vous ensorcèlent avec leurs interprétations des classiques de la chanson mexicaine;

 

 

les vendeurs de jouets et autres accessoires outre les marchands de boissons et d’élotes (épis de mais grillés saupoudrés , au choix, de sel-citron-piment ou au contraire recouverts de fromage fondu)  hélant le chaland depuis  leurs barques;

 

 

les familles mexicaines profitant du weekend pour s’y offrir des moments de détente intergénérationnels 

 

ainsi que l’écosystème (flore et faune) local ne sont toutefois pas les seules raisons justifiant l’ expédition au cœur de ladite réserve.

 

Puisque contre toute attente s’y dévoilent, encore aujourd’hui, de préservés chinampas.

 

 

Ces pluriséculaires jardins flottants, créés artificiellement, hérités de la période Atzèque et désormais inscrits au Patrimoine de l’Unesco, où sont cultivés de manière traditionnelle fruits, légumes, céréales et herbes aromatiques.

 

Pour certains endémiques à la zone.

 

Autant de produits bios et d’une fraîcheur inégalée qui sont, ensuite, vendus sur les étals des différents marchés intramuros ou directement, depuis la pandémie sanitaire mondiale de la Covid 19, aux particuliers.

 

En plus d’être, également, sourcés par de nombreux grands chefs, à la tête des restaurants les plus côtés de la capitale, désireux d’élaborer une carte engagée.

 

L’avenir des chinampas s’annonce pourtant sombre, cet écosystème agricole devant en effet désormais faire face à une pression beaucoup plus forte.

 

Trouvant non seulement son origine dans l’urbanisation galopante dont souffre Mexico City mais aussi dans l’accroissement des visites touristiques sur les canaux lesquelles se révèlent être sources de pollutions plurielles.

 

 

EXPLORER LES MARCHES 

 

étal de piments, marché d’Abastos

 

Face au nombre incalculable de marchés dont regorge Mexico, qu’il s’agisse de Mercados (marchés couverts installés dans des bâtiments fermés ) ou de  Tianguis ( marchés, se tenant hebdomadairement et lors de jours spécifiques, dans la rue), choisir lequel explorer relève d’une véritable sinécure.

 

En voici donc 3, authentiques, pour lesquels j’ai eu un immense coup de cœur :

 

Il s’agit en premier lieu de l’ incontestable temple de l’art floral qu’est le marché de Jamaica.

 

 

Se distinguant par les élégants bouquets et autres arrangements floraux imaginés, pour tout type de circonstances, par ses vendeurs.

 

 

Mais l’adresse demeure aussi une enclave de choix où acheter de belles pinatas, gages d’inoubliables fêtes aussi bien organisées pour les plus petits que pour les plus grands.

 

 

Je vous recommande ensuite la visite du marché culinaire de San Juan.

 

Chicharron

 

Qui, sans conteste, ravira les amateurs de produits atypiques.

 

Car au-delà des classiques fruits et légumes, viandes , poissons et fruits de mer,  les commerçants y proposent notamment aux chalands viande de crocodile, sauterelles et autres insectes sans oublier des denrées plus « originales ».

 

 

Le marché compte en outre plusieurs comedores (petits restaurants) où il fait bon s’attabler pour déguster une cuisine, qu’il s’agisse de street food ou de plats traditionnels plus élaborés, préparée sous vos yeux.

 

 

A vous donc  les 4 T (tacos, tlayudas, tortillas, tostadas) et bien d’autres délices encore.

 

Reste que s’il est bien un mercado à ne pas manquer dans la ville de Mexico c’est incontestablement celui, situé en périphérie,  d’Abastos.

 

 

 

A raison considéré, parce qu’il l’approvisionne entièrement, comme le « Ventre de la capitale ».

 

Une gigantesque ville dans la ville, subdivisée en différents secteurs spécialisés selon les produits vendus, qui étourdit par la multitude de ses étals; la fraicheur et la diversité des aliments et épices proposés;

 

 

 

la gentillesse de ses vendeurs;  le ballet continu de ses diableros (porteurs d’un diable assurant les livraisons des achats à travers le marché)

 

 

et les fumets dégagés par les marchands de street food ayant pris leurs quartiers en divers endroits du site.

 

 

Inoubliable for sure !

 

SE REGALER LES PAPILLES 

 

 

 

Inscrite, depuis 2010, au Patrimoine immatériel de l’Unesco, la gastronomie mexicaine se décline en une multitude de plats, essentiellement préparés à partir de mais, haricots, fromages, viandes et piments.

 

Une cuisine à déguster :

 

Dans la rue auprès de vendeurs ambulants proposant succulentes bananes plantains frites auxquelles je ne sais jamais résister, délicieux tacos ,  exquises quesadillas au fromage d’Oaxaxa , croustillantes chicharronnes (couenne de cochon grillée), elotes (épis de mais), empanadas,  tamales , pozole (soupe de mais ) ou chapulines (sauterelles) grillées

 

 

Pozole

 

Ou attablés dans des taquerias, des cantinas, de centenaires restaurants-institutions ou encore dans des repaires gastronomiques ayant aujourd’hui acquis une renommée mondiale.

 

Fourrés au porc (longtemps mariné dans un savant mélange d’épices avant d’être lentement cuit à la broche puis tranché en fines lamelles), à la coriandre fraichement ciselée, à l’oignon cru haché et à de juteux morceaux d’ananas, le savoureux tacos « Al Pastor » est l’une des spécialité street food signature de Mexico à ne pas manquer.

 

 

A déguster dans l’un des établissements El Tizoncito, fondé en 1935, où la recette aurait, selon la légende, été inventée.

 

Un régal !

 

Si vous avez, en revanche, envie d’un encas sucré, rafraichissez vous avec les délicieux nieves aux fruits (sorbets artisanaux) ou rendez vous dans l’une des churrerias El Morro.

 

 

Perpétuant, depuis 1935, la tradition culinaire espagnole des beignets éponymes.

 

A Mexico, les churros sont cependant plus longs et recouverts d’un mélange constitué de sucre et de cannelle.

 

 

Et ils se trempent dans plusieurs types de chocolat chaud, épicé ou non, beaucoup moins épais néanmoins que ceux que j’ai pu déguster en Espagne et notamment à Madrid. 

 

Il convient également de garder à l’esprit à quel point la bouillonnante scène culinaire chilango recèle d’adresses d’exception séduisant à raison les fins gourmets.

 

Qu’il s’agisse d’établissements récents ou de véritables institutions.

 

A l’instar, dans le quartier Roma, de Contramar.

 

 

Antre de la cheffe  à qui l’on doit également le restaurant Itacate Del Mar installé au rez-de-chaussée du bâtiment abritant l’hôtel Circulo Mexicano (précédemment évoqué ici) où les produits de la mer sont sublimés avec élégance et brio.

 

Impossible pour ma part d’oublier les orgasmiques gambas flambées au mezcal ainsi que les tostadas au thon cru, avocat, émincés de poireaux grillés et  mayonnaise pimentée dégustées sur place .

 

 

Toujours dans le quartier de la Roma, Maximo  Bistrot, ayant investi un ancien garage aujourd’hui métamorphosé en un magnifique restaurant, est un autre lieu phare à ne pas manquer.

 

 

Pour se régaler d’une audacieuse cuisine contemporaine de saison réalisée par le chef Eduardo Garcia à partir d’ingrédients sourcés, pour l’essentiel,  dans les chinampas des canaux de Xochimilco.

 

 

Ou l’art de réinventer de manière contemporaine la cuisine mexicaine.

 

Si, à contrario, l’envie d’une échappée culinaire mêlant tout à la fois voyage en terres transalpines et mexicaines vous venait soudain à l’esprit, mettez, toujours dans le même quartier, le cap sur Rosetta.

 

 

Son patio arboré, sa terrasse et ses différentes salles, réparties s’agissant de ces dernières sur les 3 niveaux que compte la maison l’hébergeant, donnent immédiatement le ton.

 

 

Dans l’assiette, se découvre, ensuite, un fabuleux concentré d’Italie imaginé par la cheffe Elena Reygadas dont témoignent la maitrise des cuissons, la justesse des assaisonnements, la qualité des produits, le parfum envoutant se dégageant des plats, la rondeur des sauces  ainsi que les incomparables saveurs, teintées d’un brin de créativité, éblouissant les papilles dès la première bouchée.

 

Jamais gnocchis à l’agneau et à la menthe poivrée ne m’auront à ce point transportée .

 

 

Sans compter cet aussi inattendu que succulent dessert mariant, entre autre, herbes aromatiques et glace à l’huile d’olive.

 

Un délice !

 

A la recherche d’adresses historiques plus traditionnelles où règnent une ambiance festive célébrant la musique mexicaine ?

 

Les séculaires cantinas du Salon Tenampa, installé sur l’historique place Garibaldi, 

 

 

et le café de Tacuba,

 

 

 

ayant pris ses quartiers dans un ancien couvent et reconnaissable à ses magnifiques vitraux, ses photogéniques arches, ses azulejos et  sa carte mettant à l’honneur la gastronomie traditionnelle mexicaine, devraient vous plaire.

 

Deux établissements que des groupes de mariachis, revêtus de leurs plus beaux atours, prennent par ailleurs littéralement d’assaut pour égayer les convives, avec leurs trompettes, guitares et violons, de notes de chansons typiques depuis passées à la postérité.

 

 

Enfin, impossible pour moi de clore ce paragraphe dédié à la gastronomie mexicaine sans évoquer quelques unes des boissons nationales pouvant accompagner les repas .

 

Tels l’agua de jamaica ,  appelée jus de bissap en Afrique de l’ouest et karkadé en Egypte, la tequila ou encore le mezcal .

 

Mezcal et Tequila étant deux alcools forts, bénéficiant aujourd’hui d’une appellation d’origine contrôlée, obtenus à partir de la fermentation de l’agave.

 

 

ENTREPRENDRE UNE PROMENADE ARCHITECTURALE A TRAVERS LA VILLE

 

 

Cathédrale de Mexico

 

S’il est un domaine à travers lequel Mexico City révèle tous ses contrastes c’est bien via son patrimoine architectural, faisant continuellement dialoguer passé et présent.

 

Car arpenter ses différents Colonias revient en effet à toucher du doigt plusieurs époques et styles et voir parfois, sur une même artère, cohabiter édifices futuristes, bâtiments coloniaux et immeubles Art Déco.

 

 

 

 

Une balade dans la vieille-ville, classée depuis près de 40 ans au Patrimoine de l’Unesco, débutera donc à la très centrale place de la Constitucion, dite du Zocalo.

 

 

Edifiée, au début du 16 ème siècle,  par les conquistadors sur les ruines de la capitale aztèque Tenochtitlan.

 

Là où les concheros ,groupes de danseurs célébrant la culture préhispanique, se produisent à présent les weekends.

 

Immémorial théâtre des rassemblements populaires, manifestations en tout genre et célébrations politiques.

 

Lieu de prédilection des nombreux bodealores, iconiques cireurs de chaussure élisant domicile dans le cœur historique de toutes les (grandes) villes mexicaines. 

 

Epicentre que bordent, enfin, séculaires vestiges, à l’instar du site archéologique du Temple Mayor autrefois utilisé comme lieu cérémoniel majeur par les Aztéques ,

 

 

 

et plusieurs autres imposants édifices, au rang desquels figurent notamment le Palais Nacional , évoqué plus haut, ainsi que la, baroque, cathédrale Métropolitana.

 

 

 

Dont les superbes chapelles ainsi que le retable doré sont de toute beauté.

 

A quelques centaines de mètres de là , la commerçante avenue piétonne Maduro , et toutes celles adjacentes, ne sont que successions de bâtiments, aux façades recouvertes d’une pierre volcanique de couleur rouge-violacée, construits dans le style colonial, Art Déco, baroque ou néoclassique.

 

 

Tandis qu’à l’horizon se détache la silhouette élancée de la Torre Latino Americana.

 

 

Recouvertes d’azulejos, carreaux de faïence bleue typiques de la ville de Puebla,  la maison éponyme est, dans le centre historique, une autre merveille d’architecture, datant du 18 ème siècle, à ne pas manquer.

 

 

 

 

S’y cache de surcroit un magnifique patio, orné de fresques murales signées du peintre mexicain Jose Clemente Orozco, abritant aujourd’hui un restaurant.

 

 

Presqu’en face, le Palacio de Corréos, poste centrale toujours en activité, se dévoile quant à lui dans une époustouflante majesté.

 

Rimant avec volumineux lustres, grand escalier en fer forgé, vaste hall, exceptionnelle hauteur sous plafond et lampadaires  en verre soufflé de Murano.

 

 

 

 

 

 

 

Sillonner les rues de la vieille-ville c’est aussi accorder une attention toute particulière aux anciens palais.

 

Qui, tout en gardant la singularité de leur architecture originelle, ont aujourd’hui été transformés en d’irrésistibles boutique-hôtels, ancrés dans leurs temps, conjuguant à la perfection design des lieux, volonté d’assurer aux hôtes tout le confort nécessaire et soins apportés aux plus infimes détails.

 

Rien de tel que de franchir les portes du Downtown Mexico,

 

 

 

autre propriété du groupe hôtelier Grupo Habita située à proximité de l’hotel Circulano Mexicano

 

 

dont je vous parlais il y a quelques semaines ici, pour s’en compte.

 

Difficile en effet de ne pas se laisser envoûter par le charme de son toit-terrasse, ayant la vieille ville pour toile de fond,

 

Hotel Downtown Mexico

 

son fascinant atrium, le cachet de ses cocons

 

 

ou l’inattendue fresque de Manuel Rodriguez Lozano, occupant l’escalier central, évoquant la Shoah. 

 

 

Plus au sud de la capitale, l’irrésistible quartier de Coyoacan, au demeurant l’un des plus anciens de la ville, donne le sentiment, avec ses rues pavées, ses maisons colorées, son architecture coloniale,  ses places, son marché et ses restaurants branchés,  de pénétrer dans un village où le temps semble s’être arrêté.

 

 

 

Changement d’ambiance dans les colonias de Polanco, Condesa et , du bohême, Roma Norte, l’un de mes préférés.

 

Entre adresses design et branchées,

 

 

 

galeries d’art, terrasses, vecindades, boutiques, librairies, fontaines atypiques,

 

Plaza de Rio de Janeiro dont la fontaine est une copie de la sculpture en bronze du David de Michel Ange visible à Florence

 

opulentes demeures de style Art Déco, hôtels cosy, tables d’exception et jolies places , chacun y trouvera immanquablement son bonheur .

 

Qui dit architecture à Mexico, pense inévitablement aussi à l’architecture religieuse.

 

Ville aux mille clochers, CDMX peut en effet s’enorgueillir de posséder plusieurs églises, couvents et collèges,  souvent érigés dans le centre historique, dont la beauté est tout simplement saisissante.

 

Je vous suggère donc de jeter votre dévolu sur deux d’entre eux : la cathédrale Métropolitaine, déjà mentionnée plus haut, et la superbe basilique Notre Dame de Guadalupe.

 

 

 

Dédiée à la Vierge, noire, éponyme, considérée comme la saint patronne du pays.

 

 

Constituée de deux bâtiments distincts, l’un d’origine, datant du 16 ème siècle et aujourd’hui entièrement rénové, 

 

 

et le second, circulaire, vaste et à l’architecture moderne, inauguré au milieu des années 1970,

 

 

 

 

la basilique est depuis toujours un important lieu de pèlerinage chrétien (le deuxième après la cité du Vatican).

 

 

Les raisons de cette intense dévotion s’expliquant par l’histoire de sa construction.

 

Car la basilique  aurait, selon la légende, été bâtie sur le mont Tepeyac après que la Vierge y soit apparue, le 12 décembre 1531, à Juan Diego.

 

Paysan amérindien des environs  dont la tunique sera ensuite miraculeusement imprimée de l’image de celle-ci.

 

 

Or, bien avant l’arrivée des conquistadors, ce même mont Tepeyac faisait déjà figure de lieu sacré pour les populations natives puisque ces dernières y célébraient Tonantzin, la déesse Aztèque de la fertilité.

 

Où tout l’art de donner naissance à un culte traduisant un syncrétisme religieux, dont le récit a pourtant été totalement inventé par les Conquistadors, afin de favoriser la conversion des populations indigènes au catholicisme.

 

Pour finir, gardez à l’esprit qu’à côté de ce Mexico dont l’architecture reflète la grandeur passée existe un tout autre visage de cette ciudad latino-américaine.

 

S’inscrivant quant à lui dans une modernité dont les constructions d’architecte et les gratte-ciel  sont entre autre l’expression.

 

A commencer par la Tour Latino Americana, aux airs d’Empire State Building newyorkais, qui au moment de son édification, au milieu des années 50, était la plus haute du pays.

 

Offrant, en sus, un inégalé point de vue sur la capitale depuis sa plateforme d’observation située au 43 ème étage.

 

 Mais ce n’est pas tout .

 

Car une skyline constituée d’immeubles futuristes, érigés dans le quartier des affaires, se dessine également en toile de fond de l’incontournable avenue du Paseo de la Réforma. 

 

Enfin, j’ai pour ma part eu un énorme coup de cœur pour la gigantesque bibliothèque Vasconcelos.

 

 

 

Design et lumineux temple du savoir, tout d’acier et de verre vêtu, où chaque visiteur, des bébés aux adolescents en passant par les adultes et les personnes âgées, peut s’adonner à la lecture ainsi qu’ à des jeux éducatifs  dans des espaces spécialement aménagés.

 

Un incroyable joyau !

 

Et avant de la quitter, n’oubliez pas d’aller contempler la spectaculaire œuvre de Gabriel Orozco, sculpture figurant un squelette de baleine, ayant investie , au rez-de-chaussée, le cœur de l’édifice. 

 

 

DECOUVRIR LE FASCINANT COMPLEXE ARCHEOLOGIQUE DE TEOTIHUACAN 

 

 

A une heure de route de Mexico, se dressent les vestiges du complexe archéologique de Teotihuacan.

 

Mythique cité méso-americaine, surnommée  » la Cité des Dieux » par les Aztèques qui la découvrirent,  dont on sait finalement très peu de choses.

 

Qu’il s’agisse de ses habitants l’ayant mystérieusement abandonnée, de son organisation ou encore des causes de son soudain déclin .

 

Reste que les deux pyramides, celle du Soleil

 

 

et celle de la Lune ( plus petite),

 

 

que l’on peut y admirer après avoir emprunté l’incroyable Chaussée des Morts, artère longue de plus de 4 kilomètres

 

 

où se dévoilent encore quelques fresques de félin,

 

ainsi que les palais adjacents de Quetzalpapalotl et de Los Jaguares, respectivement décorés de peintures murales représentant des têtes de serpent , d’oiseau et des jaguars, sont tout simplement  fascinants .

 

 

On comprend donc mieux pourquoi le site de Teotihuacan fut le tout premier du Mexique à être inscrit au Patrimoine de l’Unesco.

 

…….

 

Ville aux multiples facettes;

 

Ville à l’héritage métissé 

 

et ville bien loin de ne se définir qu’au regard des maux (pollution, violence des gangs, pauvreté) la gangrenant,

 

Mexico offre aux voyageurs, désireux de dépasser les trop nombreux préjugés lui collant encore à la peau, la possibilité d’une immersion sans précédent .

 

Une fenêtre ouverte grâce à laquelle saisir les contours d’une identité mexicaine riche.

 

Une clef de compréhension pour mieux aborder, ensuite,  les étapes d’un voyage à travers le pays.

 

Finalement cette dizaine de jours passés à Mexico, en plus de nous préparer au reste du roatrip que nous avions si minutieusement préparé, a, avec du recul, aussi été l’occasion de, jours après jours, succomber à l’atmosphère, si empreinte de créativité, de résilience et d’effervescence, de cette capitale, à tant d’égards, hors-norme . 

 

Une capitale dont la voix résonne plus que jamais sur le continent sud-américain.

 

Et vous, Mexico City figure t’elle sur votre Travel List ?

AUTEUR - Le Pigeon Voyageur

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article et découverte de ces photos (toutes prises par mes soins). Alors à vos plumes !

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