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SPLENDIDES HAVELIS,LES JOYAUX PEINTS DE LA REGION INDIENNE DU SHEKHAWATI

  |   ARCHITECTURE, ART & CULTURE, ASIE, HOTELS, HOTELS ATYPIQUES, HOTELS D' EXCEPTION, INDE, MUSEE, VOS ENVIES   |   No comment

 

Podar Haveli Museum, Nawalgarh

Shekhawati

 

 

Connu pour son fabuleux désert, ses majestueux forts, ses fastueux palais, ses tigres du Bengale, ses pierres précieuses, ses lieux sacrés et ses emblématiques villes colorées qui, depuis toujours, exercent un incontestable pouvoir d’attraction sur les touristes du monde entier, l’Etat du Rajasthan regorge pourtant de bien d’autres trésors, malheureusement oubliés, se dévoilant, quant à eux, au cœur d’une Inde plus rurale.

 

Dont l’aride région septentrionale du Shekhawati fait partie.

 

Là où, jadis, passait la mythique route de la Soie, là où la frénésie urbaine n’est plus qu’un lointain souvenir, là où les traditions demeurent, là où le Temps semble s’être figé et, enfin, là où de pluriséculaires demeures, recouvertes de magnifiques fresques chargées d’Histoire, contribuent à donner aux pittoresques bourgades de ce territoire rajasthani un inoubliable cachet.

 

Tombées en ruine pour l’essentiel; objet, pour certaines, d’une minutieuse restauration; transformées en lieu culturel ou désormais investies, pour quelques unes, par d’ensorcelants hôtels, ces milliers d’havelis, érigées entre la fin du 17 ème et le début du 20 ème siècle dans un style architectural indo-moghol, constituent, en effet,  un exceptionnel héritage patrimonial et culturel.

 

Que l’on doit aux Marwaris.

 

Prospères marchands, ayant, tout d’abord, fait fortune dans le Shekhawati grâce au  commerce caravanier des étoffes, épices, sucre, or, coton et opium puis s’étant, ensuite, enrichis à Bombay ou Calcutta,  qui, par ce biais, souhaitaient aussi bien témoigner de leur fulgurante réussite sociale que rivaliser avec les opulentes résidences bâties par les Maharadjahs.

 

Franchir aujourd’hui le seuil de leurs havelis, servant autrefois de résidence privée et de lieu d’exercice professionnel,  c’est donc avoir l’assurance de passer d’émerveillements en émerveillements.

 

Provoqués, en premier lieu, par l’incroyable architecture de ces petits palais construits sur différents niveaux; s’organisant avec harmonie autour d’au moins deux cours  (l’une étant dédiée aux hommes et l’autre étant le pré carré des femmes) et où les balcons, loggias, fenêtres finement sculptés, sans oublier les majestueuses portes en bois délicatement ouvragées se succèdent pour le plus grand bonheur des pupilles des visiteurs.

 

Suscités, ensuite, par l’extraordinaire beauté de leurs façades extérieures, murs et plafonds.

 

Dont chaque centimètre carré se révèle entièrement orné de peintures murales ayant été réalisées, à partir de pigments naturels, par des artisans royaux détenteurs, sans l’ombre d’un doute, d’un inimitable savoir-faire.

 

Podar Haveli, Nawalgarh

 

Autant de chefs-d’œuvre d’Art Rajput qui, entre autre, illustrent la mythologie hindoue (Ramayana, Rasamandala), les récits religieux, les légendes propres au Shekhawati, la vie quotidienne, les épisodes de bataille, les scènes de maternité, la faune régionale, le goût pour les motifs floraux, le Kamasutra ou encore la vie du propriétaire, ainsi que de sa famille, de l’Haveli.

 

Mais ces fresques sont, contre toute attente, aussi les témoins de leur époque.

 

En racontant par exemple, via les portraits dessinés, l’arrivée des soldats britanniques, la visite en Inde des souverains royaux anglais et en représentant, par ailleurs, les moyens de transports modernes (bicyclette, bus, train, motos, voiture, avion), les nouveaux objets du quotidien (phonographe) et certains personnages chrétiens (en l’occurrence Jésus) introduits dans le pays par les colons occidentaux.

 

 Voici donc ma (petite) sélection d’Havelis, visitées, lors de mon roadtrip au Rajasthan, dans les cités de Mandawa, Nawalgarh et Fatehpur, où je vous invite ardemment à faire escale.

 

Car l’attention portée à ces joyaux architecturaux incitera l’Etat indien à instaurer une  plus ample politique de protection visant lesdits édifices et à accroitre, en parallèle, les campagnes de restauration afin que leurs fresques soient définitivement préservées. 

 

De telles merveilles ne pouvant, en effet, disparaitre.

 

 

LE CHARME SURANNE DES HAVELIS ABANDONNEES DU SHEKHAWATI

 

dans les rues de Nawalgarh

 

Vestiges d’un passé révolu, les Havelis du Shekhawati, pour la plupart depuis longtemps laissées à l’abandon par leurs propriétaires, sont malheureusement tombées en décrépitude.

 

Et les fresques qui autrefois symbolisaient leur richesse ont ainsi, faute d’entretien et du fait d’une continuelle exposition aux vents et moussons, fini par être endommagées.

 

Fresques sur les murs de maisons à Nawalgarh

 

 

 

Pour autant, il suffit d’observer, en déambulant dans les rues de Nawalgarh, Mandawa

 

 

et Fatehpur

 

 

 

, les façades des bâtiments pour réaliser à quel point l’effacement partiel ou quasi complet de leurs dessins n’a en rien conduit à en occulter la magnificence.

 

Un éclat que les minutieuses restaurations menées dans plusieurs Havelis, ces dernières années, ont d’ailleurs permis de retrouver.

 

 

 TROIS ATYPIQUES HAVELIS RESTAUREES 

 

Podar Haveli Museum

 

 

A Mandawa, j’ai, ainsi, pu explorer l’étonnante Chokhani Haveli, datant du début du 20ème siècle, dont la singularité tient tout d’abord à son architecture double.

 

 

 

Cette vaste maison de marchands, comportant deux ailes adjacentes, ayant en effet été construite pour deux frères.

 

Mais la Chokhani Haveli se distingue également par les thèmes mis en exergue par ses peintures murales.

 

 

 

 

Car s’il est vrai que les représentations traditionnelles , évoquant Dieux (Krishna), scènes religieuses, vie quotidienne ou encore animaux y sont légion, elles coexistent néanmoins avec des fresques dont les scènes, époque de leurs réalisations oblige, se font aussi l’écho de la présence des colons anglais et de l’apparition de nouveaux moyens de transport.

 

A Nawalgarh, deux maisons de marchands, bâties au début de 20 ème siècle et à présent restaurées, m’ont, quant à elles, d’emblée émerveillée :

 

La Morarka Haveli, d’une part, 

 

 

 

Qui avec sa vue à couper le souffle sur le magnifique temple hindou, voisin, de Gherka;

 

 

 

 

 

son élégante architecture, déployée sur plusieurs niveaux,

 

 

 

 

et ses nombreuses fresques, où sujets religieux traditionnels

 

 

 

vont, là encore, de pair avec objets modernes et figures occidentales,

 

portrait du Christ

 

offre un fascinant voyage dans le Temps.

 

La spectaculaire Podar Haveli Museum, ayant embrassé plusieurs destins, de l’autre.

 

 

 

Ancienne demeure de marwaris, qui, par la suite, accueillit une école avant de se voir finalement investie par un musée dédié, à travers plusieurs salles consacrées aux forts, instruments de musique, costumes de mariage, turbans et bijoux, à la culture du Rajasthan,

 

 

la Podar Haveli Museum peut, en outre, s’enorgueillir de compter plus de 800 éblouissantes peintures murales .

 

Célébrant l’héritage culturel de la région

 

 

 

tout en offrant une très belle photographie de l’Inde du début des années 1900.

 

 

 

UNE MAJESTUEUSE HAVELI TRANSFORMEE EN MAISON D’HOTES ET EN GALERIE D’ART 

 

Nadine le Prince Haveli

 

Appartenant à une riche famille de marchands d’opium qui la fit bâtir, à Fatehpur, au milieu du 19 ème siècle, puis rachetée, à la fin des années 1990, par la peintre française Nadine Le Prince, la Nand Lal Devra Haveli ou Haveli Nadine le Prince est l’exemple parfait d’une restauration d’Havelis, menée par une équipe de passionnés comptant artisans, étudiants et historiens tant indiens qu’ étrangers,  réussie.

 

Grâce à leur travail, les boiseries d’origine, les détails architecturaux ainsi que les monumentales fresques, réalisées dans les tons rouge et bleu, ont ici retrouvé toute leur splendeur et peuvent être aujourd’hui contemplées par les visiteurs.

 

 

Que ces derniers pénètrent dans l’haveli pour prendre part à une simple visite guidée ou qu’ils y séjournent, au contraire, pour une voire plusieurs nuits.

 

Parce que oui, ce fabuleux décor, auquel Nadine le Prince a redonné vie, accueille désormais :

 

Plusieurs galeries d’art, présentant régulièrement les œuvres d’artistes locaux, de la nouvelle propriétaire et de son fils, Joel Cadiou,

 

 

ainsi qu’une inoubliable maison d’hôtes.

 

 

 

Où l’on s’endort, dans de confortables cocons aménagés avec soin, en jouissant d’imprenables perspectives sur les peintures murales ayant contribué à assurer la notoriété des lieux,

 

 

 

Où l’on se régale d’une savoureuse cuisine indienne, concoctée à partir de produits de saison,

 

Où, installé dans le jardin parsemé de petites tables, l’on se délecte d’un parfumé chai,

 

Où l’on peut goûter au plaisir d’effectuer quelques brasses dans une petite piscine,

 

 

Où, le nez constamment en l’air, l’on explore avec bonheur chaque recoin, heureux d’admirer toutes ces merveilles parvenues à traverser le temps.

 

 

Expérience assurément inouïe !

 

L’une des plus belles de mon échappée indienne.   

 

……

 

Aviez-vous déjà entendu parler de ces demeures du Shekhawati ?

 

 

AUTEUR - Le Pigeon Voyageur

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article et découverte de ces photos (toutes prises par mes soins). Alors à vos plumes !

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