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Journal d'un Pigeon Voyageur | LES 4 PLANTATIONS INCONTOURNABLES A NE PAS MANQUER EN LOUISIANE
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LES 4 PLANTATIONS INCONTOURNABLES A NE PAS MANQUER EN LOUISIANE

  |   AMERIQUES, ARCHITECTURE, ETATS-UNIS, HISTOIRE & DEVOIR DE MEMOIRE, TOUS, VOS ENVIES   |   2 Commentaires

 

 Laura’s Plantation

 

Emprunter la Great River Road, reliant la Nouvelle-Orléans à la ville de Baton Rouge, revient à plonger dans l’une des pages les plus sombres de l’Histoire de la Louisiane.

 

Car aujourd’hui, sur les rives du fleuve Mississippi, une douzaine de splendides demeures, entourées de vastes parcelles, témoignent d’un passé,  révolu, où l’opulence des planteurs des Etats Confédérés du Sud s’affichait alors au grand jour.

 

Mais derrière la beauté de leurs élégantes façades, ces séculaires propriétés, construites sous la contrainte,  cachent une monstrueuse réalité qu’il convient de ne pas occulter : l’existence de l’esclavage.

 

Tirant, à partir du 17 ème siècle, profit du commerce triangulaire entre le continent africain et le Nouveau Monde,  lesdits planteurs ont, en effet, bâti toute leur fortune en asservissant des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, dénués de tous droits, dans leurs champs de coton, d’indigo et surtout de canne à sucre, une plante tropicale dont la culture nécessitait une importante main d’oeuvre .

 

La prospérité de l’économie sudiste reposait donc intégralement sur cet ignominieux système d’exploitation de l’homme par l’homme.

 

A tel point que la richesse des propriétaires terriens finit par se jauger au nombre d’esclaves qu’ils possédaient. 

 

Tombées dans le déclin suite à l’abolition décrétée en 1865, certaines de ces plantations (substantif désignant, aussi bien,   la maison du Maître, ou  Big House, que l’ensemble de son domaine), qui jadis s’élevaient à plus de 300, ont fait l’objet de restaurations avant d’être ouvertes au public.

  

Un douloureux passé, indissociable de la période dite antebellum (faisant référence à la période antérieure à celle de la Guerre de Sécession), auquel tout visiteur explorant la Louisiane devrait, à mon sens, se confronter.

 

 Voici donc les 4 plantations, classées au Registre des monuments historiques, que je vous suggère, après m’y être moi même rendue en avril dernier,  de découvrir à ce titre.

 

Autant d’émouvantes visites guidées dont vous garderez, j’en suis certaine, un indélébile souvenir.

 

 

 1. WHITNEY, LA SEULE PLANTATION CONSACREE A L’HISTOIRE DES ESCLAVES

 

 mémorial pour les enfants dans l’Eglise de la Whithney’s Plantation

 

La singularité de la Whitney Plantation, propriété de la famille Haydel qui fut rachetée par un entrepreneur privé et ouverte  à la visite en 2014, tient au fait que son parcours se concentre exclusivement, comme en témoigne d’ailleurs le pavillon d’accueil retraçant l’histoire de l’esclavage dans le monde, sur la vie de ceux qui y furent asservis.

 

Ainsi, plusieurs mémoriaux ont été érigés sur le site afin de se rappeler des prénoms outre de l’origine géographique des esclaves qui travaillèrent, dans des conditions inhumaines, au succès de cette plantation sucrière.

 

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Antioch, 1 ère eglise bâtie par des hommes libres

 

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hommage, dans l’église, aux enfants esclaves de la plantation

 

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memorial pour les enfants qui moururent avant leur second anniversaire

  

Puis, la reproduction de récits d’esclaves outre celle des registres illustrant leur acquisition, les rangées de cabanes en bois où ceux-ci vivaient , les vestiges des installations utilisées pour la transformation de la canne à sucre ,

  

cabanes d’esclaves et chaudrons utilisés lors de la transformation de la canne à sucre

 

les marais par lesquels les esclaves dits marrons parvenaient à s’évader

 

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les cellules d’emprisonnement

 

 

 

ainsi que la cuisine extérieure ( la plus ancienne de la région)

 

 

 

 attestent, autour de la Big House où demeuraient le maître et sa famille, de l’existence de ces deux mondes.

 

L’un libre, possédant tous les pouvoirs,  et l’autre totalement asservi.

 

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 Big House

 

 

2.EVERGREEN PLANTATION

 

 

 

 

Depuis le tournage du film Django Unchained,  réalisé par Quentin Tarentino, la plantation d’Evergreen, encore en activité, connait un regain, certain, d’intérêt auprès des touristes.

 

Pourtant ce site méritait déjà le détour à plus d’un titre.

 

En premier lieu pour admirer ses jardins à la française, se déployant à l’arrière de la maison,

 

 

ses dépendances outre son ancienne cuisine.

 

 

 

Ensuite pour l’architecture atypique de sa maison principale.

 

Bâtie, en effet et à la fin du 18 ème siècle, selon les plans d’une maison créole, la demeure originelle fut, en 1832, remplacée par une autre répondant au style grec .

 

Ses colonnes, son double escalier arrondi ou encore le porche lui confèrent, il va s’en dire, une indéniable allure.

 

 

 

 

L’exploration de la bâtisse,   occupée de nos jours à titre privée, permet, en outre, de découvrir un intérieur résolument cosy qui voit se succéder des  pièces au mobilier chic.

 

Mais le dernier atout de cette plantation se dévoile derrière l’allée d’une centaine de chênes séculaires se trouvant à l’écart de la maison principale.

 

Là, une double rangée de 22 cabines d’esclaves, datant de l’époque antebellum,  permet de toucher du doigt la réalité de l’esclavage.

 

Un ensemble que l’on ne retrouve nulle part ailleurs en Louisiane.

 

 

 

 

3. LAURA, UNE PLANTATION CRÉOLE GÉRÉE PAR LES FEMMES 

 

 

 

Construite en 1805, à quelques encablures d’Oak Alley, et rebâtie après avoir été incendiée en 2004 et ravagée, l’année suivante,  par  l’ouragan Katrina,  Laura’s Plantation offre, sur la foi des Mémoires rédigées par Laura Locoul (dernière propriétaire des lieux),  un regard unique sur l’ histoire de cette  plantation  créole dédiée à la culture de la canne à sucre.

 

Un atypisme qui ne saurait uniquement se résumer aux  visites guidées, prises d’assaut, en français qu’elle propose dorénavant  :-)

 

Elle fut, en effet, la propriété de l’une des plus vieilles familles françaises, originaire de Caen, installée en Louisiane : celle des Duparc-Locoul .

 

Une singularité qui explique, notamment, le statut de plantation créole qui lui a été conféré.

 

Son mode de gestion, sur 4 générations, constitue, ensuite, sa deuxième particularité.  

 

Ici, les femmes, de l’arrière grand mère Nanette Prud’homme (épouse de Guillaume Duparc à l’origine de cette plantation), en passant par sa fille Elisabeth Locoul à Laura, la petite fille de cette dernière, ont, ainsi, continuellement assuré le fonctionnement de la propriété.

 

 

 

 

Laura’s plantation se distingue ensuite par l’architecture dite créole de sa Big House.

 

Colorée, surélevée par des colonnes en briques et édifiée en face du fleuve, par les esclaves des lieux, afin d’assurer une ventilation maximale.

 

Faire une halte sur le porche et découvrir l’élégant mobilier  ainsi que les multiples portraits accrochés dans la demeure contribuent, par ailleurs, à plonger le visiteur dans l’intimité de cette famille.

 

 

 

 

A l’extérieur, jardins, dépendances, cuisine, maison du contremaître ainsi que les cabanes des esclaves ramènent à la dure  réalité de l’esclavage.

 

 

 

 

Tout comme les copies des différents registres fournissant de précieuses informations quant aux esclaves possédés par la famille.

 

 

 

Mais à l’issue de la guerre de Sécession, certains esclaves, devenus, de facto, libres, restèrent néanmoins sur la plantation, où ils continuèrent à travailler,  car ils ne disposaient d’aucuns autres endroits où habiter .

 

Ces nouveaux contrats de travail, pour lesquels ils furent très chichement rémunérés voire payés avec des bons  uniquement échangeables dans le magasin de la plantation  et en vertu desquels il pouvaient continuer à occuper les cabanes qui leur étaient autrefois dévolues,  furent appelés les « agreement with freedmen »

 

 

 

4. OAK ALLEY, LA PLANTATION LA PLUS CONNUE

 

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C’est à sa spectaculaire allée, bordée de 28 chênes tricentenaires, qui, depuis les bords du fleuve, mène à  une demeure aux 28 colonnes  que Oak Alley’s Plantation doit sa renommée internationale.

 

 

 

 

Mais l’intérêt de ce site ne saurait être circonscrit à cette image d’Epinal.

 

Ainsi, le quartier des esclaves présente, dans chacune de ses cabanes, une exhaustive exposition racontant les différents aspects de la vie quotidienne de ces personnes privées de liberté.

 

Habillement, soins de santé, repas,  taches auxquelles elles étaient affectées, vie religieuse,  punitions en cas de tentative d’évasion ainsi que leur  vie après l’abolition, en 1865, de l’esclavage.

 

Car ici aussi, nombreux sont les esclaves à être demeurés, faute de mieux, sur place. 

 

 

liste de prénoms des esclaves d’Oak Alley

 

 

 

A seulement quelques mètres des quartiers des esclaves, ce qui relevait d’une inhabituelle proximité, se dresse la Big House.

 

Acquise, en 1836, par le planteur Jacques Roman et reconstruite, 3 ans plus tard, selon un style néo grec pour son épouse Célina.

 

 

 

Une maison, sur deux niveaux, dont le faste ne souffre pas la discussion.

 

chasse mouche dans la salle à manger

 

 

 

Puis, n’oubliez pas d’aller découvrir les jardins, repaires de quelques renards, entourant la propriété, le cinéma de la canne à sucre  outre la cloche qui rythmait la vie sur la plantation.

 

 

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Enfin, Oak Alley fait partie de ces plantations  où vous pourrez passer la nuit car plusieurs, extrêmement confortables, cottages ont, en effet, été installés dans son immense parc.

 

 

 

Et bien que ces derniers se situent à l’écart de la maison principale, y dormir vous offrira le privilège, une fois les derniers touristes partis, de déambuler à votre guise, à la nuit tombée, sur la plantation.

 

Un moment inoubliable !

 

Tout autant d’ailleurs que le savoureux petit dejeuner cajun ( avec une mention spéciale pour les délicieux beignets) qui vous sera servi dans le très cosy restaurant.

 

Paroles d’une gourmande qui assume :-)

 

Le Pigeon Voyageur

AUTEUR - Le Pigeon Voyageur

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article et découverte de ces photos (toutes prises par mes soins). Alors à vos plumes !

2 Commentaires
  • Sabine | Juil 12, 2017 at 9 h 42 min

    C’est extraordinaire !
    Merci Ivy !
    Je crois que jamais personne – de ma connaissance – d’Afrique francophone n’a su faire un tel partage.
    Merci beaucoup pour cette découverte Et Et « enseignement » si je puis dire.
    L’ensemble de ces propriétés dresse un tableau qui mêle à la fois sinistre et majesté.
    Surtout la plantation Whitney avec ses sculptures d’enfants … qui me font un peu penser aux enfants Du clip de « Zombie » des cranberries.
    C’est vraiment un plaisir de lire ton blog.
    ❤️

    • Le Pigeon Voyageur

      Le Pigeon Voyageur | Juil 12, 2017 at 10 h 38 min

      Merci beaucoup Sabine pour ton retour ! La visite de la Whitney, la première d’ailleurs que j’ai faite, est également celle qui m’a le plus émue.
      Effectivement en explorant ces plantations, érigées de surcroît dans un cadre idyllique, on est frappé par cette opposition entre la beauté des demeures et l’histoire des esclaves qui ont permis aux planteurs d’acquérir autant de richesses.
      Et il ne faut, a mon sens, pas perdre de vue ces deux aspects.

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