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Journal d'un Pigeon Voyageur | QUAND LOME NOUS OFFRE UNE FASCINANTE PLONGÉE CULTURELLE AU CŒUR DE DEUX DE SES MUSEES
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QUAND LOME NOUS OFFRE UNE FASCINANTE PLONGÉE CULTURELLE AU CŒUR DE DEUX DE SES MUSEES

  |   AFRIQUE, ART & CULTURE, HISTOIRE & DEVOIR DE MEMOIRE, MUSEE, TOGO, TOUS   |   No comment

 

l’entrée du musée

 

    Cela fait bien longtemps que l’idée d’écrire ce billet me trottait dans la tête.
 
Même si je ne désespère pas de vous présenter prochainement les attraits touristiques de Lomé, une certitude m’habitait : mon premier post consacré à la capitale togolaise porterait sur l’art.
 
 
    Tout d’abord au nom de mon amour, lequel ne vous a sans doute pas échappé, pour la Culture.
 
A tel point que j’ai même décidé de créer, il y a quelques mois, une catégorie « Quand Art rime avec Voyage » sur le blog.
 
 
Ensuite parce que je voulais tordre le cou à certaines idées reçues concernant l’accessibilité à l’art dans les pays, en particulier de l’Ouest, du continent africain.
 
 
Notamment celle selon laquelle il serait impossible d’y trouver des musées dignes d’intérêt voire des musées tout court.
 
 
Si ce postulat est aujourd’hui battu en brèche dans plusieurs pays, à l’instar du Ghana, du Bénin, de la Cote d’Ivoire, de l’Égypte ou encore du Rwanda,  où j’ai pu visiter de très beaux musées et/ou fondations , je suis néanmoins forcée de reconnaître que les raisons se cachant derrière ce préjugé peuvent objectivement s’expliquer.
 
 
La première consisterait à dire qu’une grande partie de la population africaine serait trop occupée à lutter au quotidien afin de subvenir à ses besoins essentiels pour s’intéresser à l’Art, tel que nous l’entendons de façon moderne à savoir se rendre dans des lieux de culture.
 
 
L’Art apparaissant alors comme quelque chose de superflu.
 
 
Pour autant, les rites, les masques et autres nombreuses fêtes qui animent le quotidien de ces hommes et femmes sont pour moi une manifestation culturelle et artistique à part entière, certes différente de la vision première évoquée ci-dessus .
 
 
Par ailleurs et quand bien même ce premier obstacle serait franchi, comment pourraient ils accéder à l’Art ?
 
 
En effet, l’absence, bien souvent, d’initiatives engagées à ce titre par la plupart des gouvernements du continent est également à déplorer.
 
 
Ainsi et à de rares exception près, ils n’encouragent que peu les artistes, prétextant que l’art ne serait pas une priorité contrairement à la santé, l’éducation, la fourniture d’eau potable, l’emploi, la protection de la femme ou la lutte contre la corruption.
 
Soit !
 
 
Mais ces déclarations s’apparentent, pour moi, à des vœux pieux au vu des actions  effectivement mises en œuvre pour y parvenir ainsi que des bilans, économiques et autres, affichés à la fin des mandats politiques, si fin il y a 🙂
 
 
On est donc en droit de se demander pourquoi ce minimum vital, justificatif brandis à tour de bras par ces gouvernements pour délaisser la culture, n’est au final presque jamais assuré à leurs concitoyens ?
 
 
Mais il s ‘agit d’un autre débat dans lequel je ne veux pas entrer ici.
 
 
In fine,  quand des musées parviennent finalement à voir le jour, après avoir du surmonter d’infinis obstacles, les visiteurs n’en profitent pas longtemps.
 
 
Nombreux sont ceux qui ferment, en effet, leurs portes à titre définitif assez rapidement après l’ouverture.
 
 
La faute aux conservateurs indélicats qui les vident en vendant une grande partie, si ce n’est l’intégralité, des œuvres à des marchands d’art, souvent étrangers. 
 
 
 C’est pourquoi lorsque des lieux dédiés à l’art, qui plus est magnifiques, ont le mérite d’exister sous nos tropiques, il faut non seulement saluer l’initiative et en parler mais surtout IMPÉRATIVEMENT les visiter.
 
 
C’est l’unique moyen pour les faire exister, découvrir les pépites qu’ils renferment et s’inscrire en faux contre l’idée d’une prétendue absence de lieux dédiés à l’Art en Afrique.
 
 
Cette précision étant désormais apportée, vous devez vous demander pourquoi j’ai décidé d’illustrer ce thème en vous parlant de Lomé ?
 
 
Tout simplement parce que j’ai conscience que de la première ville du  Togo, petite cité paisible s’étirant en bord de mer, on ne retient que 4 choses.
 
 
L’existence des Nana Benz, ces commerçantes togolaises battantes ayant fait fortune dans le commerce du pagne à partir des années 50 et qui affichaient leur richesse en roulant dans des Mercedes (d’où leur surnom).
 
 
L’ hospitalité et la gentillesse de sa population.
 
 
Ses belles plages, notamment celles de Baguida et d’ Avépozo.
 
 
Ainsi que sa savoureuse cuisine, l’une des plus réputées de la sous région (et non je ne suis pas chauvine !).
 
(Vous comprenez mieux, désormais, pourquoi je suis gourmande et  adore également cuisiner)  
 
 
A l’instar d’Obélix, mais sans en être ressortie avec les pouvoirs magiques afférents, je suis tombée dans la marmite de la gastronomie depuis l’enfance ! ).
 
 
Pourtant, Lomé cache d’autres joyaux, notamment culturels, qu’elle gagnerait à faire connaitre davantage.
 
Charité bien ordonnée commençant par soi même, j’avais donc à cœur de vous la faire découvrir, sous ce prisme, à travers deux de ses musées.
 
 
 J’ai néanmoins longtemps hésité à publier ce post car je ne me suis pas rendue à Lomé depuis bientôt cinq ans.
 
 
Après une telle absence pouvais-je être crédible en donnant mon sentiment sur ces lieux ?
 
 
Ces doutes, je les ai finalement balayés, il y a plusieurs jours, en me disant qu’après tout la collection permanente d’un musée demeure, quelque soit le lieu, intemporelle.
 
 
La probabilité que ce que j’ai vu corresponde à ce que vous découvrirez à votre tour s’élève, au moins, à 99 %.
 
 
Plutôt rassurant non ?
 
 
Puis il y a trois jours,  j’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article interview de Trysha Gaba, une bloggeuse togolaise que je suis depuis quelques mois et avec qui j’ai échangé directement et pour la première fois il y a peu via Instagram, réalisée par le site Visiterlafrique (dont je vous ai déjà parlé ici et ).
 
Elle nous parle de Lomé en nous dévoilant ses bons plans cuisine, shopping, détente et culture.
 
 
Ainsi, et à ce dernier titre, elle évoque succinctement le Musée National.
 
 
Or ce dernier est l’un des deux musées que j’avais justement choisi d’évoquer dans cet article estampillé « Culture et musées in Lomé » que je reléguais dans mes brouillons depuis plusieurs semaines.
 
 
L’interview de Trysha a donc provoqué en moi un déclic !
 
Le temps de la publication de ce post était enfin venu 🙂
 
So here it is !
 
 
LE MUSÉE NATIONAL, UN FORT POTENTIEL A METTRE DAVANTAGE EN VALEUR
 
 
Les photographies étant interdites au moment où je m’y suis rendue, je ne peux que vous offrir celle-ci qui en marque l’entrée.
 
Le Musée National se situe derrière le Palais des Congrès et à quelques encablures de la Place de l’Indépendance.
 
C’est au cours de mes vacances estivales 2010 que j’ai découvert ce musée, créé au début des années 1970,  consacré à la culture togolaise.
 
 
A travers des pièces ayant notamment trait à l’archéologie, à l’histoire ou d’autres révélant les traditions locales, le Musée National a donc pour ambition de retracer toute la culture du pays.
 
 
Toutefois,  sa découverte m’a laissée un sentiment mitigé.
 
 
J’ai en effet eu le sentiment de rentrer dans un vieux hangar, un peu poussiéreux, où les œuvres sont exposées dans une chronologie plus ou moins hasardeuse et où des explications écrites supplémentaires seraient loin d’être superflues.
 
Une sorte de bric à brac où je devais trouver mon chemin.
 
 
Pour autant, passées ces premières réserves, j’ai apprécié y découvrir, dans la première salle, des pièces utilisées dans  la vie quotidienne, des objets traditionnels, des sculptures, des instruments à musique, des tissus locaux tels que le kente (dont je vous parlerai très bientôt) mais aussi de la poterie ainsi que des trônes royaux.
 
 
Mais pour la passionnée d’histoire que je suis, c’est au sous sol du musée que j’ai véritablement trouvé mon bonheur.
 
 
En effet j’y ai tout d’abord appris un peu plus sur le commerce des esclaves au Togo.
 
 
Une réalité que j’avais notamment pu toucher du doigt, quelques mois plus tôt,  en visitant dans la ville, située à quelques kilomètres de Lomé,  d’Agbodrafo, également baptisée Porteseguro par les Portugais : la Maison Wood.
 
 
Cette maison des esclaves, datant du 19 ème siècle, a été conservée en l’état.
 
On peut y voir, avec beaucoup d’émotion, la trappe sous laquelle se trouvait la cave où étaient parqués les esclaves avant leur embarquement pour le Nouveau Monde.
 
 
C’est également dans cette deuxième pièce du Musée National que j’ai découvert le traité, signé le 5 juillet 1884  entre l’explorateur germanique Gustav Nachtigal et le roi Mlapa III, faisant du Togo un protectorat allemand.
 
 
Le pays, avec les frontières que l’on lui connait actuellement, ne passera sous la coupe française qu’à l’issue de la première guerre mondiale, lorsque les vainqueurs se repartiront les colonies allemandes, à l’instar du Cameroun notamment.
 
 
La partie britannique du Togo sera quant à elle rattachée à la Gold Coast, l’actuel Ghana.
 
 
En définitive, je conclurai en disant que le Musée National peut certes paraître un brin fouillis mais il dispose d’un fort potentiel qu’il suffit juste de révéler en procédant à quelques aménagements !
 
 
Susciter l’engouement des visiteurs, locaux ou étrangers, pour la découverte de la culture togolaise, ô combien intéressante, ne pourra se faire qu’ à ce prix !  
 
 
    Mais le musée de Lomé sur lequel je souhaite, à présent, m’attarder est celui du Golfe de Guinée.
 
Une perle, à mon avis, à ne pas rater pour qui pose, quelques jours, ses valises dans la capitale togolaise.  
 
 
LE MUSÉE DU GOLF DE GUINÉE, UNE EXCEPTIONNELLE PLONGÉE DANS LA CULTURE  AFRICAINE 
 
 
une oeuvre du musée

J’ai d’abord été séduite par la finalité poursuivie par ce musée inauguré en 2007 : faire connaître l’art de plusieurs pays d’Afrique, essentiellement de l’Ouest (Togo compris) à travers le millier d’ œuvres qu’il abrite.

 
 
Ces dernières, fait assez exceptionnel méritant d’être souligné, proviennent de la riche collection privée de René David, marchand et collectionneur suisse  passionné d’art africain, qui a décidé de l’exposer de façon permanente dans ce lieu.
 
 
Lorsque j’ai franchi, durant les vacances de noël 2009, le grand portail menant à l’entrée de ce musée, aménagé dans une jolie maison se situant sur le Boulevard Mono et à quelques pas de la plage, je me suis tout de suite sentie transportée.
 
 
En effet, des pièces, d’une beauté exceptionnelle, accueillent déjà le visiteur dans la cour, tandis que vous découvrirez, plus tard au cours de votre exploration, d’autres, dont de magnifiques portes Yoruba, ( une ethnie que l’on retrouve au Bénin et surtout au Nigéria)  dans les jardins de la maison.
 
Autant de promesses enchanteresses pour la suite de la visite.
 
 
Et je dois dire que je n’ai pas été déçue !
 
 
Statuettes, masques, sculptures, gravures, poteries,  poids en or, objets en ivoire, bijoux, tabourets, provenant notamment du Nigéria, du Togo, du Mali, du Gabon, du Ghana, du Congo, de la Cote d’Ivoire ou de la Sierra Léone.
 
 
Voila donc ce qui vous attend au Musée du Golfe de Guinée : une plongée, sans nul autre pareil, au cœur de royaumes africains, aujourd’hui disparus mais qui ont su briller et nous léguer tant de belles choses, à l’instar de celui des Ashanti au Ghana, des Dogon au Mali,  ou du Bénin au Nigéria.
 
Cette échappée temporelle et culturelle n’a, à mon sens, pas de prix  car en mettant en exergue l’ART à travers toutes les pièces exposées, elle contribue à redonner ses lettres de noblesse à la culture Africaine !
 
 
Ne manquez donc pas cette halte au Musée du Golfe de Guinée, qui est selon moi la perle culturelle de la capitale togolaise 🙂
 
portail d’entrée du musée
 

 

 

 

 

 

 

 

statuettes du Togo représentant des jumeaux

 

statue de Sierra Leone

 

 

 

 

 

tabouret célébrant l’indépendance du Ghana

 

 
Le Pigeon Voyageur

AUTEUR - Le Pigeon Voyageur

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article et découverte de ces photos (toutes prises par mes soins). Alors à vos plumes !

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