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« RESISTANTES »,EMOUVANT PARCOURS STREETART HONORANT LA MEMOIRE DE 22 FEMMES S’ETANT ENGAGEES DANS LA RESISTANCE FRANCAISE

  |   ART & CULTURE, FRANCE, HISTOIRE & DEVOIR DE MEMOIRE, île-de-france, Paris, TOUS, VOS ENVIES   |   No comment

 

Résistantes,  Joséphine Baker, entrée au Panthéon en 11/21, par C215.

Un portrait réalisé rue Jean Zay ( 75014).

Une rue rendant hommage à la figure de la Résistance éponyme, également entrée au Panthéon en mai 2015

 

 

Dans un billet , intitulé  » PANTHEON, FEMME ET RESISTANCE : DE L’OUBLI AUX RECENTS HOMMAGES, TANT ATTENDUS, DE LA NATION« , publié fin mai 2015 lors de la cérémonie marquant l’entrée au Panthéon de 4 résistants, parmi lesquels figuraient deux femmes (Germaine Tillion et Geneviève Anthonioz-De Gaulle), je m’interrogeais déjà sur la très marginale présence du « Deuxième Sexe » dans ce temple républicain français

 

( elles y sont, à ce jour,  dorénavant 6 : Sophie Berthelot, Marie Curie, Germaine Tillion, Geneviève Anthonioz-De Gaulle, Simone Veil et Josephine Baker).

 

Et encore davantage sur la criante absence de Femmes Résistantes honorées en son sein.

 

Ces dernières ayant été reléguées dans les limbes de l’Histoire alors qu’il a formellement été établi qu’elles ont  très tôt, elles aussi et à l’instar des hommes alors engagés sur les fronts ou se battant dans les maquis, contribué à écrire les pages de la Résistance hexagonale à l’occupant nazi.

 

Par leurs multiples actions quotidiennes.

 

Fussent elles anodines ou au contraire plus risquées:

 

Participant à des réseaux; Cofondant certains d’entre eux; intégrant le maquis; choisissant l’action clandestine; endossant des rôles d’agents de liaisons, de renseignements ou de passeuses;  collectant de précieux renseignements;  hébergeant et sauvant  parachutistes venus d’Angleterre et personnes recherchées ou encore organisant l’évasion, dans des circonstances parfois rocambolesques, de résistants.

 

Le tout, bien évidemment, au péril de leurs vies.

 

Puisqu’ elles risquaient à tout moment d’être dénoncées, arrêtées, torturées, exécutées ou déportées vers des camps de concentration et ou d’extermination dont peu reviendront.

 

Pourtant, et nonobstant le danger qui perpétuellement les guettaient, ces femmes, encore dans l’insouciance de l’âge, déjà mères de famille ou plus âgées, ont choisi de :

 

Dire Non à la barbarie hitlérienne.

 

De s’engager pour libérer la France du joug nazi.

 

De défendre les idéaux de Liberté, Justice, Égalité, Fraternité et Humanité auxquelles elles croyaient fermement.

 

En somme de résister.

 

Or, force est malheureusement de constater qu’  » A ces (Grandes) Femmes Résistantes la patrie n’a point été (trop) reconnaissante « .

 

Car :

 

Même si trois d’entre elles ( Germaine Tillion, Geneviève Anthonioz-De Gaulle et Joséphine Baker) ont certes reçu les hommages de la Nation à ce titre, avec une émotion toute particulière pour la récente entrée au Panthéon, en novembre 2021, de l’artiste engagée mais aussi résistante Joséphine Baker.

 

Qui par ses origines, son parcours et ses combats offre ainsi un nouveau visage de la Résistance féminine française.

 

Même si nos livres d’Histoire ont contribué à nous faire connaitre l’action résistante de quelques autres :

 

A l’instar de Lucie Aubrac. 

 

Ayant, enceinte, entre autre, in extremis, réussi à mener à bien l’évasion de son époux, Raymond Aubrac, alors détenu par les autorités allemandes à la lugubre prison de Montluc où Klaus Barbie opéra.

 

Ou encore de Marie-Claude Vaillant-Couturier.

 

Déportée aux camp d’Auschwitz-Birkenau puis de Ravensbruck .

 

Dont le bouleversant témoignage,  livré en 1946 , face aux criminels nazis assis dans les box des accusés, lors du procès de Nuremberg et qui évoquait le déroulement du processus de Sélection à l’arrivée des convois dans les camps ainsi que l’existence des chambres à gaz et  fours crématoires  , a durablement marqué les esprits.


Le constat demeure, in fine, accablant : l’action de la majorité de ces héroïnes est, c’est à regretter, encore largement méconnue du grand public.

 

 C’est donc pour les sortir de l’anonymat et inscrire, ce faisant, leurs noms et visages dans l’espace public  que la mairie du 14 eme arrondissement parisien a, fin juillet 2022, mis en place le superbe parcours « Résistantes, femmes dans la résistance française » conçu avec le renommé street-artiste français C215.

 

Historien de formation, qui, ces dernières années, n’a eu de cesse, à travers ses portraits dessinés au pochoir dans la rue, de réaliser des projets mémoriels ayant trait à la période de la Seconde Guerre Mondiale mais aussi de la Shoah en France.

 

En attestent, par exemple :

 

– le  parcours Illustres, imaginé en 2018 aux abords du Panthéon et célébrant des figures majeures de l’Histoire hexagonale, où figuraient déjà Jean Moulin, Pierre Brossolette, Germaine Tillion ou encore Betty Albrecht, soit 4 éminentes  figures de la Résistante française.

 

Je vous en avais d’ailleurs parlé ici

 

– l’exposition conçue en décembre 2020, pour le centenaire du Parti Communiste Français, sur les grilles du parti, situé place du Colonel Fabien, qui célébrait plusieurs résistant(e)s communistes.

 

Ces derniers ayant, en effet et du fait de leur grand nombre, payé un lourd tribut pendant la Guerre.

 

Une exposition que j’avais également évoquée ici

 

-l’exposition « 11400 Enfants. Portraits par C215 », réalisée  en collaboration avec le Mémorial de la Shoah en juin 2022, qui rend hommage, dans le quartier parisien du Marais, à quelques unes des 4000 jeunes victimes de la Rafle du Vel d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942.

 

Je lui avais ,cet été ,consacrée un post ici.

 

« Résistantes, femmes dans la résistance française » dévoile donc 22 portraits de Femmes, disséminés aux 4 coins du 14 ème arrondissement, ayant œuvré dans la Résistance Française.

 

Qu’elles aient été française, étrangère ;  de confession juive ou non.

 

Qu’elles aient, ou non, eu un passé militant avant 1940 .

 

Qu’elles aient ou non été membres du Parti Communiste Français (même si plusieurs portraits représentent des Résistantes Communistes)

 

Qu’elles aient agi d’elles-mêmes, fait partie d’un groupe, d’un réseau ou d’un mouvement résistant français ou qu’elles aient appartenu à des services secrets Alliés (tel le Special Operations Executive britannique).

 

Qu’elles aient été ouvrière, femme de lettres, danseuse, institutrice, aviatrice, brodeuse, journaliste, peintre, ethnologue ou photographe de guerre.

 

Ce parcours, émouvante galerie à ciel ouvert, démontre donc,  si besoin encore était, non seulement la réalité, en France, de la Résistance féminine à l’oppresseur nazi mais aussi sa nature protéiforme. 

 

En dépit du choix cornélien que cette sélection a représenté pour moi, j’ai aujourd’hui choisi de partager avec vous les portraits, admirés lors de ma découverte de l’itinéraire, de 7 de ces 22 Résistantes.

 

J’ai volontairement occulté ceux représentant des figures déjà « célèbres » pour me focaliser sur des profils moins connus.

 

Que Voici :

 

Olga Bancic (1912-1944) :

 

 

Immigrée roumaine, de confession juive et communiste, elle est la seule femme faisant partie du groupe de résistant communiste FTP-MOI (Francs-Tireurs et partisans de la main d’œuvre immigrée) , dirigé par Missak Manouchian.

 

Elle s’occupe d’assembler des bombes, les transporte à destination et s’assure, par ailleurs, de convoyer les armes utilisées lors de chaque opération.

 

Elle est arrêtée en novembre 1943, après le démantèlement de son groupe (auquel le film l’Armée du Crime est consacré), puis exécutée en mai 44 dans une prison allemande.

 

 

Cécile Rol-Tanguy (1919-2020): 

 

 

Agente de liaison durant toute l’Occupation, entre autre, connue pour avoir transporté armes et tracts dans le landau dans lequel elle promenait ses enfants.

 

Elle a aussi, dans la nuit du 18  au 19 aout 44, rédigé, depuis le bunker-Poste de commandement situé près de la place Denfert Rochereau, l’appel insurrectionnel ( avant de prendre part à ce dernier) lancé aux parisiens par son époux, le colonel Rol-Tanguy ( chef des Forces Françaises de l’Intérieur de l’Ile de France) juste avant la libération de la capitale, les 24 et 25 aout, par les chars blindés du Général Leclerc .

 

Ledit PC, désormais visitable, fait d’ailleurs partie du magnifique et exhaustif Musée de la Libération dont je vous parlais il y a quelques années ici et 

 

Vera Leigh (1903-1944):

 

 


Agent secret britannique, appartenant à la section F du Special Operations Executive, à qui fut confiée , en mai 43, une mission à assurer en France : celle de mettre en place un nouveau réseau.

 

Elle sera, 6 mois plus tard, arrêtée à Paris, et exécutée en, juillet 1944,  au camp de concentration alsacien , le seul à avoir été établi en France, de Natzweiler-Struthof avec d’autres  agents féminins du Special Operations Exécutive

 

 Lise London (1916-2012) :

 

 

Militante communiste engagée, elle devient capitaine des Francs Tireurs Partisans et mène différentes actions, dont certaines très retentissantes, durant l’Occupation.

 

Arrêtée, en 1942, par la police française et condamnée à mort, un an plus tard, par la justice de l’Etat français ( peine qui sera ensuite commuée en travaux forcés à perpétuité) elle sera ensuite déportée, en 1944, par les autorités nazies dans les camps de Ravensbruck et Buchenwald.

 

Après-guerre, elle dénoncera les purges staliniennes et le silence du parti Communiste, tant français que russe, dont son époux, alors installé avec elle à Prague, sera victime.

 

Des méthodes qui inspireront à ce dernier l’ouvrage L’Aveu, plus tard adapté à l’écran.

 

Marie-Therèse Auffray (1912-1990): 

 

 

Engagée artiste- peintre qui entra dans la Résistance en 1940, devenant membre du mouvement « Ceux de la Libération ».

A ce titre, elle cacha de nombreuses personnes recherchées, dont des pilotes alliés ayant été abattus en territoire français, en plus d’également organiser le ravitaillement entre la Normandie et Paris.

 

Elsa Triolet (1896-1970):

 

 

 

Ecrivaine engagée, française d’origine russe et de confession juive,  épouse de l’écrivain communiste et résistant Louis Aragon, qui durant l’Occupation a, malgré les menaces sérieuses pesant contre elle, fait preuve de Résistance à plus d’un titre.

 

En continuant, seule ou avec son époux, à écrire des articles qui seront publiés dans la pressem clandestine ; en participant notamment à la création du réseau « Les Etoiles » puis, ultérieurement, à la rédaction d’un journal collectif éponyme mais aussi en s’engageant à Lyon et dans la Drôme.

 

Elle sera arrêtée quelques semaines et détenue avec son époux par les allemands en 1941.

 

Elle fut, en 1945, la première femme à recevoir le prix Goncourt, décerné au titre de l’année 1944, pour son recueil de nouvelles « Le premier accroc coûte 200 Francs » dont le titre fait référence à la phrase codée ayant annoncé le débarquement de Provence, d’aout 44.

 

Maryse Bastié (1898-1952) :

 

 

 

Aviatrice émérite, détentrice de nombreux records féminins en la matière, et féministe convaincue, qui, en mai 1940,  s’engage dans l’Armée de l’Air, portant le grade de sous-lieutenant, avant de décider, au lendemain de la signature de l’Armistice, de travailler à la Croix-Rouge.

 

  Où elle assure le transfert de blessés, réfugiés et prisonniers regroupés  au camp francilien de Drancy.

 

Elle propose, dans la foulée, ses services aux Renseignements Alliés  auxquels elle transmet des informations capitales, recueillies grâce à son activité à la Croix-Rouge, concernant les dépôts de munitions ainsi que les lieux de stationnement des troupes allemandes.

 

Elle sera arrêtée et , brièvement, détenue en 1944.

 

En 1947, elle devient la première femme a être promue commandeur de la Légion d’Honneur à titre militaire.

 

……

 

 

Gageons que la mise en lumière apportée par ce parcours streetart permettra, je l’espère, de :

 

Réinscrire ces 22 Femmes dans une mémoire collective dont elle ont, à tort, été occultées;

 

Souligner la prégnance de leur rôle  (et de celui des Femmes en général ) au sein de la Résistance en France;   

 

et, enfin,  rappeler la légitimité du leitmotiv qu’elles poursuivirent envers et contre tout durant l’Occupation , à savoir combattre un régime rimant, notamment, avec génocide, avilissement, racisme et injustices en tout genre.

 

Car comme l’énonça si justement  Lise London  » Quand on vous demande d’exécuter des ordres avec lesquels vous n’êtes pas d’accord, vous devez savoir dire « non » et maintenir votre « non » sans faiblir « .

 

Ou l’Art de ne pas uniquement circonscrire la théorie des baïonnettes intelligentes au monde  militaire .

…..

 

Et vous , aviez-vous déjà entendu parler de ces Résistantes ? 

 

AUTEUR - Le Pigeon Voyageur

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article et découverte de ces photos (toutes prises par mes soins). Alors à vos plumes !

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