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Journal d'un Pigeon Voyageur | QUAND BERLIN FAIT FACE A SON PASSE NAZI
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QUAND BERLIN FAIT FACE A SON PASSE NAZI

  |   ALLEMAGNE, ARCHITECTURE, ART & CULTURE, EUROPE, HISTOIRE & DEVOIR DE MEMOIRE, MOMENTS D EVASION, MUSEE, TOUS   |   8 Comments
 
dans le labyrinthe du mémorial de l’holocauste
 
  
Il y’ a un peu plus de deux mois, à l’occasion des commémorations du 25 ème anniversaire de la chute du Mur, je vous faisais, dans un premier opus, découvrir  Berlin à travers ses vestiges de la Guerre Froide.
 
 
Aujourd’hui, je poursuis cette approche historique en abordant une autre période chère à mon cœur : celle de la seconde guerre mondiale !
 
 
Et pour cela, Berlin est, encore une fois,  le lieu privilégié !
 
 
Pourquoi ?
 
 
Tout simplement parce que c’est dans cette capitale que les prémices de ce conflit ont commencé à se dessiner dès 1933 !
 
 
   En effet le 30 janvier 1933, soit il y’ a 82 ans jour pour jour, Adolf Hitler, alors président du parti national démocratique allemand, NSDAP, et qui se fera plus tard appelé Führer (guide en allemand), accédait au fonction de chancelier.
 
 
A compter de cette date, il n’eut qu’une obsession en tête : mettre en œuvre le « programme » contenu dans Mein Kampf (Mon Combat), ce brûlot qu’il  écrivit en 1923 alors qu’il purgeait une peine de prison consécutive à sa participation, la même année, au coup d’état manqué de Munich.
 
 
Ses objectifs étaient clairement affichés :  effacer l’humiliation (supposée) de l’armistice signé, le 18 novembre 1918 dans la foret française de Rhotondes, à l’issue de la 1ere guerre mondiale, en bâtissant, pour mille ans, un 3 eme Reich,  composé uniquement d’Aryens (la race pure) !
 
 
   Pour se faire, il décréta dans un premier temps que ses concitoyens avaient besoin d’un Lebensraum, espace vital, conséquent.
 
 
Une manière de dès lors justifier ses visées territoriales expansionnistes au détriment des autres nations limitrophes ou non de l’Allemagne.
 
 
En parallèle, et toujours mû par cet objectif , il viola ouvertement les clauses de l’ armistice précité en réarmant son pays.
 
 
A ses provocations, les dirigeants des nations européennes ne réagirent pas.
 
 
Encore traumatisés, 15 ans après, par les horreurs de la grande Guerre (celle de 14 -18), ils étaient peu enclins à s’opposer à Hitler, par peur de replonger le Vieux Continent dans un nouveau conflit.
 
 
L’heure était, en effet, au pacifisme et la SDN (Société des Nations), créée en 1920, juste au sortir du premier conflit mondial, avait justement pour finalité de maintenir la paix.
 
 
Mais fallait t-il le faire à tout prix ?
 
 
Je ne vais pas refaire l’histoire….
 
 
   En tout état de cause, les revendications territoriales successives formulées,  à partir de 1938, par le Führer ne rencontrèrent aucune opposition ce qui lui permit de réaliser, en mars 1938, l’Anchluss, (l’Annexion de l’Autriche), puis d’avoir des visées sur le territoire des Sudètes, situé en Tchécoslovaquie, où vivait alors une minorité d’allemands.
 
 
Puis, après avoir conclu, le 23 août 1939, un pacte de non agression, le Pacte Germano-Soviétique, avec l’Union Soviétique de Staline, les armées hitlériennes envahirent, le 1er septembre 1939, la Pologne.
 
 
En quelques jours et au terme d’une d’une Guerre éclair, la Blitzkrieg, menée par les troupes du Reich, la Pologne était vaincue et occupée.
 
 
   Prenant enfin conscience de la menace que constituait Hitler, la France et la Grande Bretagne déclarèrent enfin la guerre à l’Allemagne Nazie le 3 septembre 1939.
 
 
Puis ce fut au tour des Etats-Unis de le faire, en décembre 1941, après l’attaque, dans le Pacifique, de leur base de Pearl Harbor par les troupes japonaises appartenant à l’Axe (soit les pays soutenant le Reich à l’instar de l’Italie notamment).
 
 
   Le chemin que les Alliés et les résistants durent parcourir pour réussir à mettre fin à toutes les horreurs perpétrées par le III ème Reich fut long,  éprouvant mais payant grâce à la conjonction de plusieurs événements.
 
 
En premier lieu : le revers des troupes allemandes lors des batailles d’Angleterre de 1941 puis lors du siège de Stalingrad en 1942, durant l’Opération Barbarossa; la multiplication des faits de résistance et de sabotage dans les maquis mais également dans toutes les zones occupées; le soulèvement de certains ghettos à l’instar de celui de Varsovie en avril 1943 et les succès des débarquements de Provence puis du D Day, le 6 juin 1944, sur les plages normandes.
 
 
 Puis, l’entrée de l’Armée Rouge à Berlin, le 22 avril 1945, le suicide d’Hitler dans son bunker le 30 avril 1945,  la chute de Berlin le 2 mai.
 
 
 Et, in fine, la signature, à Reims et par le colonel Jodl,  de l’acte de capitulation allemande le 7 mai 1945 puis le lendemain,  à Berlin,  par le maréchal Kaitel comme je vous l’indiquais déjà ici.
 
 
    6 ans pour mettre un terme à la terrifiante folie nazie !
 
 
Folie car le 3 ème Reich causa la mort de dizaines de millions de personnes dont au moins 6 , juifs pour la majorité, dans les camps de concentration et d’extermination.
 
 
     Aujourd’hui, si Berlin compte très peu de monuments datant de cette époque 33-45, elle a, en revanche, réussi à affronter son passé nazi.
 
 
Notamment en érigeant de nombreux mémoriaux, musées et autres lieux de mémoire qui permettent d’en apprendre davantage sur cette période sombre de l’histoire allemande.
 
 
La connaissance étant, à mon sens, l’un des remparts les plus efficaces pour prévenir tout risque de reproduction des mêmes événements.
 
 
Qui a dit que l’histoire était un éternel recommencement ? ?
 
 
   La communauté juive étant celle ayant payé le plus lourd tribut durant la seconde guerre mondiale, la plupart des monuments construits à Berlin l’ont été pour rappeler l’indicible qu’elle a subi.
 
 
Mais quel était il ?
 
 
   Une mise aux bans progressive de la société allemande de ses membres avec interdiction d’exercer de nombreuses professions, une disparition progressive de leurs libertés individuelles ainsi que la perte de leur citoyenneté allemande et de l’ensemble des droits y étant rattachés après la promulgation des lois de Nuremberg en 1935.
 
 
 La mise en place, dans un premier temps, de procédures d’expulsion manu militari pour accélérer l’émigration des juifs vers d’autres contrées, en ayant bien pris soin de les dépouiller au préalable de tous leurs biens via un processus de spoliation bien rôdé.
 
 
    Après le pogrom de la Nuit de Cristal,  le 9 novembre 1938, les agressions physiques, le pillage et l’aryanisation de leurs commerces, l’incendie de leurs synagogues et la profanation de leurs cimetières se sont accentuées.
 
 
Sans compter,  la mise en place des commandos des Einsaztgruppen sur le front de l’Est dès 1941 (la Shoah par balles), la multiplication des constructions de ghettos où les juifs étaient « parqués », l’instauration du port obligatoire de l’étoile jaune en 1941 et les déportations en masse vers les camps.
 
 
   Mais l’apogée de l’horreur fut atteinte lors de la conférence de Wansee, du 20 janvier 1942, lorsqu’ Himmler, le bras droit d’Hitler, confirma et valida officiellement le principe de la Solution Finale, soit l’extermination de tous les Juifs d’Europe, laquelle avait déjà commencé, depuis plusieurs mois, dans des camps d’extermination, désormais tristement célèbres, situés à l’Est et notamment en Pologne.
 
 
Sobibor, Treblinka ou Auchwitz, pour ne citer qu’eux.
 
 
   Pourtant, il ne faut pas perdre de vue, même si on en parle peu, que le régime Nazi a, outre les juifs, exterminé d’autres composantes de la population.
 
 
A l’instar de tout ceux qui s’opposaient au modèle nazi ou ne correspondaient pas à l’idéal aryen que celui-ci défendait tels que les témoins de Jéhovah,  intellectuels, communistes, opposants politiques,  résistants,  noirs, handicapés, homosexuels et les tziganes.
 
 
Toutes ces personnes, ainsi que quelques détenus de droit commun, ont, dès 1933,  notamment à Dachau en Allemagne, été envoyées dans des camps de concentrations  puis d’exterminations où elles se voyaient tatouées un matricule à même la peau, remplaçant leur identité, et portaient une étoile de David pour les juifs et des triangles de différentes couleur, selon la catégorie, afin de pouvoir les différencier rapidement.
 
 
   En conséquence, et avant de m’attarder sur les monuments du Berlin d’aujourd’hui dédiés à la mémoire juive, je vais tout d’abord vous parler de ceux commémorant toutes les autres victimes, non juives,  de la terreur nazie.
 
 
LES MUSÉES, MÉMORIAUX ET AUTRES LIEUX OUBLIES RAPPELANT LA PÉRIODE 39/45
 
 
Je pense tout d’abord à celui consacré à la Résistance Allemande, mais que, faute de temps,  je n’ai malheureusement pas pu visiter.
 
 
Ce dernier rend hommage aux allemands  qui, au péril de leur vie,  se sont opposés au régime nazi.
 
 
   Le film Walkyrie, (que j’ai aimé) avec Tom Cruise dans le rôle principal, nous parle de l’un d’entre eux: le général Von Stauffenberg.
 
 
Un officier allemand qui,  en juillet 1944, fomenta un attentat contre Hitler, auquel ce dernier survécu par miracle, dans sa Tanière du Loup.
 
 
Le « terroriste Stauffenberg » fut aussitôt passé par les armes, dans la cour de l’actuel musée, et sa famille fut immédiatement bannie du pays.
 
 
   Mais le régime nazi s’en est également pris à ceux ne correspondant pas à l’idéal aryen comme je le rappelais plus haut.
 
 
Si je savais qu’ un mémorial dédié aux homosexuels victimes du joug nazi avait été érigé en 2008, tout près de celui de l’holocauste, j’ignorais, en revanche, tout de celui dédié aux  Tziganes.
 
 
C’est donc avec beaucoup d’émotion qu’en quittant le Reichstag, siège du Parlement allemand, et en me dirigeant vers le Mémorial de l’Holocauste, situé à quelques pas de la Porte de Brandebourg, je me suis retrouvée devant ce mémorial, en plein air, concernant les Tziganes.
 
 
 
le mémorial et en arrière plan le Reichstag
 
Il retrace les étapes de leur persécution par les nazis et recense les camps où ils ont été envoyés.
 
 
   Parmi ces derniers figure le camp polonais d‘Auschwitz Birkenau, l’un des 3 camps du complexe, dont le fronton d’entrée porte encore aujourd’hui la cynique inscription « Arbeit Macht Frei » c’est à dire le travail rend libre.
 
 
A Birkenau, il est possible de voir des ruines des chambres à gaz alors que les vestiges des fours crématoires se trouvent, quant à eux, dans le camp d’Auchwitz 1, situé près de Cracovie, que j’ai visité par devoir de mémoire il y’ a un peu plus de 3 ans.
 
 
En effet,  ce camp de la mort, aujourd’hui tout à la fois lieu de mémoire, de recueillement et musée, est non seulement le plus grand camp de concentration du régime nazi mais aussi celui où ont été assassinés, presqu’un million de juifs, soit le sixième de tous ceux ayant péri pendant la Shoah.
 
 
Une visite très dure évoquée ici.
 
 
D’ailleurs les commémorations, il y’a trois jours, des 70 ans de la libération d’Auschwitz par les troupes de l’Armée Rouge ne vous auront sans doute pas échappées.
 
 
 Pas plus que l’inauguration de la discrète gare de déportation parisienne de Bobigny, préservée et classée au titre des lieux de mémoire, d’où sont partis une vingtaine de convois, représentant environ le tiers de l’ensemble des 76000 juifs déportés à partir de la France, vers Auschwitz entre juillet 1943 et la fin de la guerre.
 
Fin de cet aparté.
 
 
   Pour en revenir à mon propos sur les Tziganes, voici quelques images pour se souvenir que la folie meurtrière du 3 eme Reich ne les a pas épargnés.
 
 
les noms des camps où ils ont été envoyés, gravés au sol
l’entrée du mémorial
 
 
UNE VISITE INÉDITE DU REICHSTAG
 
à l’intérieur de la coupole de verre du Reichstag
 
 
Je poursuis ma quête historique relative au nazisme en vous parlant à présent du Reichstag, le siège du Parlement Allemand au célèbre fronton « Dem Deutschen Volke » (au peuple allemand), se situant non loin de la Porte de Brandebourg.
 
 
La première raison qui m’a poussée à m’y rendre était mon désir de voir ce lieu où Hitler a, légalement et démocratiquement,  accédé au pouvoir, en devenant chancelier le 30 janvier 1933,  après la victoire de son parti, le NSDAP, aux élections.
 
 
   Le vieux maréchal Hindenburg (alors président de l’Allemagne), pour qui Hitler n’était qu’un simple pantin qu’il pensait pouvoir manipuler à sa guise, déchanta rapidement lorsque fin février 1933, ce dernier se saisit du prétexte de l’incendie du Reichstag, très certainement allumé par ses propres sbires et non par les communistes comme les nazis le prétendirent alors, pour instaurer le début de sa dictature laquelle dura 12 ans !
 
 
Mais le Parlement symbolise également pour moi la fin du III ème Reich.
 
 
Un autre motif pour que j’y pénètre.
 
 
   En effet, bombardé, à partir de la mi avril 1945, par les alliés durant la campagne de Berlin,  c’est  bien là, dans une ville en ruines, en flammes, à feu et à sang,  que les soviétiques hissèrent leur drapeau  en signe de victoire et de libération le 30 avril 1945.
 
 
Quand on sait que 12 ans plus tôt Hitler y prenait officiellement le pouvoir, le geste est fort !
 
 
   Outre l’aspect historique, franchir les portes du Reichstag m’intéressait à un autre titre : accéder à sa coupole en verre.
 
 
Celle-ci a été imaginée par l’architecte Norman Forster lors de la restauration qu’il fit du bâtiment, après la réunification de la RFA et de la RDA, à la fin des années 1990.
 
 
Pour avoir la chance d’explorer ce lieu, dont la visite est gratuite, il suffit de réserver au préalable et si possible, assez longtemps en avance, son billet sur internet et de ne pas oublier votre pièce d’identité le jour J.
 
Simple comme bonjour 🙂
 
 
En quelques minutes, et après avoir passé le sas de sécurité et de contrôle, l’ascenseur vous déposera sur l’esplanade, depuis laquelle on a une vue panoramique extraordinaire sur Berlin, où se trouve ce spectaculaire dôme de verre qui surmonte le Reichstag.
 
 
L’intérieur, où plusieurs rampes permettent d’atteindre le sommet, de la  coupole est toute aussi beau et surprenant.
 
 
point de contrôle et entrée du Parlement
 
cour du parlement
 
l’esplanade du dôme
 
le dôme
vue sur la Porte de Brandebourg depuis le dôme du Reichstag
drapeau allemand
 
à l’intérieur du dôme
 
 
dernier niveau à l’intérieur du dôme
la vue sur la Chancellerie fédérale depuis le dôme
 
 
LA COLONNE DE LA VICTOIRE ET LE PROJET DE SPEER
 
en arrière plan la colonne de la Victoire
 
 Aujourd’hui classée monument historique, la colonne de la Victoire, Siegessaule en allemand, qui se situe dans le même axe que la Porte de Brandebourg, a été érigée entre 1864 et 1873 pour commémorer différentes victoires militaires allemandes. 
 
 
Contre la Prusse, l’Autriche et la France notamment.
 
 
Si elle était à l’origine composée de 3 segments surmontés d’une sculpture, un 4 ème segment lui a été rajouté lorsque Speer, l’architecte fétiche d’Hitler, commença l’élaboration des plans de Germania, celle qui était appelée à devenir, en lieu et place de Berlin, la future capitale du Reich.

 

LES AUTODAFÉS DE LA BEBELPLATZ
 
plaque à la BebelPlatz
 
 
« Là où on brûle des livres on finit par brûler des hommes « 
 
écrivait déjà et à titre prémonitoire l’écrivain juif allemand du 19 ème siècle Heinrich Heine, connu d’ailleurs pour son poème la Lorelei, dans son ouvrage Almansor paru en 1821. 
 
 
 Prémonitoire car avant de brûler des hommes dans les fours crématoires des camps d’extermination de l’Est, les nazis commencèrent par incendier publiquement des livres.
 
 
Ces premiers autodafés eurent lieu, dès le mois de mai 1933, sur la Bebelplatz berlinoise, située en face de la Umbolt Universitat, puis dans d’autres villes du pays, .
 
 
Les livres ainsi détruits par le feu étaient ceux rédigés par des auteurs juifs ou des écrivains considérés comme dégénérés ou dissidents .
 
 
A ce titre, plusieurs ouvrages de Freud, Sweig, Marx ou Brecht, pour ne citer qu’eux, y furent brûlés.
 
 
Aujourd’hui, au milieu de cette place, l’œuvre la Bibliothèque engloutie réalisée par Micha Ullmann rappelle ces tragiques épisodes  .
 
 
bâtiment de l’Humbold Université
la bibliothèque engloutie au milieu de la place
 
 
LA NOUVELLE SYNAGOGUE DE BERLIN
 
 
l’extérieur de la synagogue
 
 
   Bâtie à la fin du 19 ème siècle, cette synagogue était la plus grande d’Allemagne jusqu’à la Nuit de Cristal, du 9 novembre 1938, où elle fut incendiée.
 
 
Si elle a depuis lors été reconstruite, elle n’est désormais plus utilisée  comme lieu de culte mais a, en revanche, été reconvertie en un lieu de mémoire plutôt réussi.
 
plaque commémorative à l’entrée de la synagogue
présence policière à l’entrée
 
 
 
LE SURPRENANT MÉMORIAL DE L’HOLOCAUSTE
 
 
   
Situé aux abords de la Porte de Brandebourg, ce mémorial, créé par l’architecte américain Peter Eisenman et inauguré en 2005, surprend par son architecture étonnante.
 
 
 Un étroit labyrinthe,  composé de plus de 2000 stèles de différentes hauteurs naissant du sol, rend hommage à toutes les victimes européennes du génocide juif.
 
 
Un centre de documentation, que je n’ai pas eu le temps matériel d’explorer, permet de parfaire ses connaissances sur le génocide juif perpétré par les nazis.
 
le nom des rues, dont celui de la philosophe Hannah Arendt qui écrivit un ouvrage sur Eichmann  (l’un des rouages de la politique d’extermination) et le concept de « la banalité du mal » après avoir assisté au procès de ce dernier à Jérusalem en 1961, bordant le mémorial.

 

 

SUR LES TRACES DE L’ANCIEN BUNKER DU FÜHRER
 
 
un parking a été construit à l’emplacement de l’ancien bunker d’Hitler
 
 
Le site, non loin du Mémorial de l’Holocauste, de l’ancien Bunker, abri, d’Hitler, est l’endroit où ce dernier se donna la mort le 30 avril 1945, avec sa compagne Eva Braun, après avoir appris la prise de Berlin par les troupes soviétiques.
 
 
C’est également le lieu où, le lendemain, Goebbels, son ministre de la propagande, et sa femme en firent de même après avoir empoisonné leurs 6 enfants.
 
 
   Quand j’y suis parvenue, une classe de collégiens y était alors en visite guidée.
 
Aujourd’hui plus de traces du Bunker, détruit à la fin des années 40, hormis les trois panneaux explicatifs dont les photos figurent ci dessous.
 
Ils fournissent un schéma détaillé de l’antre du Führer ainsi que des données relatives à sa construction.
 
   Depuis la chute du Mur, un parking a été construit  à l’emplacement même où se tenait le bunker.
 
 
Depuis  deux semaines, un projet de reconstruction du Bunker du Führer, dans une ville non loin de Düsseldorf, suscite  la polémique.
 
 
Alors que certains y voient une manière de créer un lieu de pèlerinage malsain pour tous les néonazis et autres sympathisants du même acabit, dans un climat actuellement tendu en Allemagne avec le parti Pégida, d’autres estiment, quant à eux, que cela relève d’une démarche éducative.
 
 
Time will tell.
 
 
 
 
LE TRÈS EXHAUSTIF MUSÉE JUIF
 
 
l’un des axes du musée : celui de la mort avec l’inscription des noms des différents camps d’extermination
 
 
J’ai été éblouie à deux titres par ce musée !
 
Tout d’abord parce que l’architecte Daniel Libeskind a déployé des trésors d’imagination pour concevoir cet édifice en zinc.
 
 
En effet, il symbolise l’histoire du peuple Juif par son architecture rappelant une étoile de David brisée.
 
 
   Ensuite parce que, sur le fond, ce musée, très complet, permet d’approfondir ses connaissances en la matière.
 
 
Celles-cis n’étant pas uniquement circonscrites à la période nazie mais remontant également au tout début de la présence juive en Allemagne, soit aux alentours de 1295.
 
 
Pour mieux appréhender le parcours de la communauté juive, entre 1933 et 1945, plusieurs axes y sont mis en exergue : la mort, l’exil et la continuité.
 
 
J’ai personnellement passé un peu plus de deux heures dans ce musée mais à mon sens il en faudrait au moins 3 pour disposer de suffisamment de temps pour tout lire car ce lieu est d’une richesse culturelle ahurissante !
 
 
l’entrée du musée
le jardin de l’exil
 
 
shalechet, les feuilles mortes représentant le visages des juifs tués sous le 3 me reich
vue sur le jardin de l’exil depuis l’intérieur du musée
photo des camps
lettre de dénonciation durant la seconde guerre mondiale
oeuvre du peintre Felix Nussbaum
 
 
 
   Ainsi s’achève cette deuxième échappée en terre berlinoise, qui, je l’espère, vous aura fait découvrir ces lieux de mémoire qu’il ne faut pas oublier.
 
 
Il y’a énormément de livres et de films, consacrés à la Shoah et aux conséquences du nazisme, qui sont parus depuis plusieurs décennies.
 
 
Passionnée par cette période de l’Histoire, j’en ai parcouru tellement qu’ il me serait ici impossible de vous en dresser une liste exhaustive.
 
 
   Je préfère donc vous parler d’un film-documentaire, sorti en salles le 14 janvier 2015,  que je suis allée voir, il y a un peu plus d’une dizaine de jours, au cinéma parisien le Lincoln.
 
 
Il s’agit d’Himmler, The Decent One.
 
 
Ce film éclaire sur cette période sombre de l’histoire allemande en retraçant la vie et le parcours d’ Himmler, bras droit d’Hitler depuis les débuts du parti, chef suprême de la SS, à l’origine la garde rapprochée d’Hitler, qui lors de la Nuit des Longs Couteaux, en juin 1934, évinça ses rivaux de la SA (Section d’Assaut dirigée par Rohm) puis ministre de l’intérieur du Reich .
 
 
Au rang de ses tristement célèbres faits d’armes  figurent notamment : l’initiative de la construction de nombreux camps de concentration dont celui de Dachau, 1er bâti, dès 1933, sur le sol allemand, la mise en place , avec Heydrich (le Boucher de Prague qui y sera d’ailleurs assassiné en 1942)  de la Solution Finale, ainsi que la liquidation du ghetto de Varsovie en avril 1943.
 
L’intérêt de ce documentaire tient, à mon sens, à sa construction atypique qui a de quoi surprendre lorsque l’on ne s’y attend pas (comme cela a d’ailleurs été mon cas).
 
 
En effet, la biographie d’Himmler est racontée à partir des nombreux photos, lettres, journal intime et documents, inédits, rédigés par lui pendant presque 20 ans, retrouvés à son domicile, par les troupes américaines, en mai 1945.
 
 
   Ces éléments, relevant de la sphère privée, sont  également croisés avec des images d’archives.
 
 
De cette confrontation d’images et de textes, je ne suis pas ressortie indemne.
 
 
Car j’y ai découvert, avec stupéfaction, un homme qui, tout en planifiant et en mettant à exécution l’assassinat de plusieurs millions de personnes, continuait à vivre comme si de rien n’était et à se préoccuper de choses futiles du quotidien.
 
 
Ses proches en faisant tout autant.
 
 
Cela fait froid dans le dos !
 
 
   En guise de conclusion, je dirai que même si ce film-documentaire n’est pas le  blockbuster de l’année et que son étonnante trame peut surprendre voire mettre mal à l’aise le spectateur, il livre, non seulement, un éclairage nouveau sur ce haut dignitaire nazi, et ce grâce à des documents,  jusque là et sous toute réserve, inconnus (je parle pour moi) mais permet de considérer Himmler comme étant une illustration de ce que la philosophe Hannah Harendt a appelé la « banalité du mal ».
 
 
Un homme, normal dans sa vie de tous les jours, mais qui néanmoins à été l’auteur des crimes les plus abominables…
 
 
Cela donne à réfléchir !
 
 
Le Pigeon Voyageur

AUTEUR - Le Pigeon Voyageur

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article et découverte de ces photos (toutes prises par mes soins). Alors à vos plumes !

8 Commentaires
  • Avatar

    Delphine YEO | Fév 5, 2015 at 22 h 24 min

    Il est assez difficile de rester de marbre après lecture d'un tel article. Dans un premier temps l'on y apprend beaucoup de choses qui, soit parce que les cours d'histoires au collège ne nous ont pas marqué, soit que l'on ait oublié tout cela, font travailler notre cerveau et nous font penser que cette période reste encore assez méconnue. Pour ma part la genèse même de ce drame historique je ne le savais pas vraiment et l'ai appris là, ainsi que les victimes autres que juifs dont on ne parle pas beaucoup voire pas du tout. Je me réjouis donc de savoir que Berlin leur rend également hommage.
    D'autre part, je ne peux m'empêcher a la simple vue des photos des stèles du mémorial de l'Holocauste et des feuilles mortes représentant les visages des juifs morts, de ressentir un frisson. Je ne sais pas si j'aurai la force de m'y rendre un jour mais j'apprécie énormément cette visite virtuelle à la suite de laquelle le devoir de mémoire s'impose notamment pour les générations à venir.
    Cependant je me suis toujours demandé si la beauté indeniable de ces lieux souvent reconstruits, n'est pas en opposition avec ce qu'ils représentent. En gros est ce que les touristes qui y sont sont vraiment fans un esprit de recueillement ou juste de voir un beau monument ? Comment y est l'atmosphère ?
    En tous cas encore une fois MERCI Ivy de nous faire voyager et réapprendre ces choses essentielles de notre histoire ?

    • Le Pigeon Voyageur

      Le Pigeon Voyageur | Fév 5, 2015 at 23 h 05 min

      Merci Delphine d'avoir pris le temps de partager ton ressenti.

      Tout d'abord je suis ravie de savoir que tu as pu apprendre quelque chose de nouveau sur cette sombre période historique à travers cet article.

      Mon but étant également de pouvoir partager des informations, autres que purement touristiques, avec mes lecteurs.

      Ma joie est d'autant plus grande que je suis passionnée d'Histoire et de surcroit par celle de la seconde guerre mondiale.

      Je ne m'imaginais donc pas vous relater ma découverte de Berlin sans évoquer son Histoire si récente alors même que celle ci est l'une des raisons pour laquelle je voulais visiter la capitale allemande.

      Pour en revenir à tes interrogations, même si la visite de certains lieux a parfois été très difficile pour moi, notamment celle du camp d'Auchwitz en Pologne, celle du mémorial de Murambi au Rwanda ou encore de certains forts négriers au Sénégal et Ghana (Gorée, Elmina ou Cape Coast), j'ai réussi à trouver la force de les visiter jusqu'au bout par devoir de mémoire.

      Mais je t'avoue que cela n'a pas toujours été évident.

      Sur place, l'atmosphère n'est effectivement pas toujours la même, dans le sens où le degré de recueillement peut varier selon le type de touristes (notamment quand il s'agit de jeunes adolescents qui ne saisissent pas toujours la portée des événements étant commémorés ) mais globalement j'ai quand même trouvé que les gens prenaient conscience de ce qui c'était passé et ce, même si le site avait été reconstruit.

      D'ailleurs je ne pense pas que rebâtir de tels lieux soit en opposition avec ce qu'ils représentent.

      Je trouve, au contraire, qu'ériger des monuments, tout en conservant certains lieux de mémoire dans leur état originel ou presque (comme à Auschwitz ou à Murambi), est un moyen de s'assurer que ces événements restent, de façon pérenne, dans la mémoire collective.

      L'essentiel pour moi étant, quelque soit le moyen employé, de ne PAS OUBLIER….

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      Delphine YEO | Fév 5, 2015 at 23 h 24 min

      C'est sûr !
      Merci d'avoir pris le temps de repondre.

    • Le Pigeon Voyageur

      Le Pigeon Voyageur | Fév 5, 2015 at 23 h 27 min

      Plaisir partagé chère Delphine 🙂

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    Anonyme | Fév 6, 2015 at 11 h 28 min

    Merci chère JPV pour cet article très instructif:) Je suis très attaché à l'Allemagne et j'ai pu étudier son histoire sur les bancs de la Fac mais tu as pu m'apporter un autre éclairage sur le nazisme! La photo de la synagogue m'a beaucoup émue: " Vergiss es nie" c'est poignant et c'est sûr qu'on n'oubliera jamais tout cela. Je compte justement me rendre à Berlin en weekend pour les beaux jours et ton article va beaucoup m'aider pour mes visites:) Au plaisir de te lire! Dounia

    • Le Pigeon Voyageur

      Le Pigeon Voyageur | Fév 6, 2015 at 11 h 38 min

      Merci Dounia pour ce message ! Tu as bien résumé "vergiss es nie", le devoir de mémoire c'est à mon sens le plus important !

      Ravie aussi de savoir que l'article a pu aussi te donner des idées de visites ! Dans quelques semaines je vais sans doute publier le dernier de la série Berlin. So stay TUNED 🙂

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      Anonyme | Fév 6, 2015 at 14 h 19 min

      Merci d'avoir pris le temps de répondre:) Au plaisir de te lire!!!

    • Le Pigeon Voyageur

      Le Pigeon Voyageur | Fév 6, 2015 at 14 h 54 min

      plaisir partagé 🙂

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