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Journal d'un Pigeon Voyageur | FOLK ART AFRICAIN, VITRINE DE L’ART CONTEMPORAIN AFRICAIN A BORDEAUX
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Blog

FOLK ART AFRICAIN, VITRINE DE L’ART CONTEMPORAIN AFRICAIN A BORDEAUX

  |   AFRIQUE, ART & CULTURE, EUROPE, FRANCE, île-de-france, TOUS, VOS ENVIES   |   No comment

 

Les Eleveurs de Kifouli Dossou et en arrière plan Bonjour de Gérard Quénum, exposition Folk Art Africain, Frac Aquitaine, Bordeaux.
     
C’est dans le quartier bordelais,  désormais réhabilité, du Bassin à flots (et à seulement quelques centaines de mètres du futuriste pont Chaban Delmas) qu’un ancien et immense entrepôt (Hangar G2),
 
 
le hangar

installé sur les berges de la Garonne, réserve, depuis le 25 septembre dernier, une surprise de taille à tous les amoureux d’Art.

 
panoramas depuis le Frac
 
en arrière plan, musée du vin actuellement en construction 

 

 

 

 

    Fidèle (depuis 1982, date de sa création) à sa mission originelle d’acquisition d’œuvres à laquelle s’est  progressivement ajoutée (via l’organisation d’expositions notamment) celle de promotion et de diffusion, auprès du public, de l’Art contemporain, le Frac (Fond Régional d’Art Contemporain) Aquitaine (puisque c’est de lui dont il s’agit)  s’est mis, depuis 5 jours,  au diapason des « Afriques Contemporaines ».

 
(une série d’événements culturels consacrés à l’Afrique qui se déroulent, depuis le mois d’août et  jusqu’en décembre 2015, en région Aquitaine).
 
 

entrée du Frac

     

 
Ainsi, dans le cadre de l’exposition temporaire (se tenant jusqu’au 19 décembre 2015) intitulée Folk Art Africain ?, sont présentées, dans ce lieu, les œuvres (prêtées notamment par des collectionneurs privés, Monsieur Florent Mazzoleni , la galerie parisienne Magnin, le CNAP, centre national des arts plastiques, ou encore la Fondation béninoise Zinsou ) de 10 artistes d’Art contemporain d’Afrique subsaharienne qui ont actuellement le vent en poupe.
 
Aussi bien sur le marché artistique international que sur celui de leur continent.
 
 

 

 
 Nonobstant la diversité de leurs origines : Bénin ( pour Romuald Hazoumé, Kifouli Dossou, et Gerard Quenum), République Démocratique du Congo (pour JP Mika et feu Kiripi Katembo),  Sénégal (pour Omar Victor Diop et Ablaye Thiossane),  Mali (Amadou Sanogo) ,  Cameroun (pour Samuel Fosso) et  Burkina Faso ( pour Sory Sanle) ainsi que la pluralité des influences qui se lisent dans leurs créations, ces dernières présentent, à mon sens, trois dénominateurs communs.
 
 
Témoigner, en effet et si besoin en était encore, de l’existence, de la richesse, de la multiplicité ainsi que du dynamisme de l’Art contemporain africain lequel est, à l’image du continent, loin d’être homogène .
 
 
S’inspirer d’une Culture populaire africaine, Folk Art,(aux composantes multiples mêlant   traditions, croyances, religions, danses, chants, savoir-faire, musiques mais aussi influences venues d’ailleurs et désirs de modernité) pour créer des œuvres capables, in fine, d’interpeller, de se moquer, de donner à réfléchir ou encore de dénoncer.
 
 
Etre accessibles et compréhensibles par tous ( en dépit même des références culturelles, propres à chacun des six pays, qu’elles contiennent), du seul fait de l’universalité des émotions qu’elles suscitent et des thèmes qu’elle abordent.      
 
 
Folk Art Africain, sous le commissariat de Madame Claire Jacquet, est donc une exposition (ayant pu compter, dès l’ouverture, sur la présence effective des artistes Omar Victor Diop, Romuald Hazoumé, Amadou sanogo;  de Marie Cécile Zinsou ,présidente de la Fondation Zinsou, ainsi que celle, inattendue,  de l’actuel premier ministre béninois, Monsieur Lionel Zinsou), qu’il me tardait, (à l’instar de Body Talk celle présentée, durant le premier semestre 2015, au Centre bruxellois Wiels qui a fait l’objet de l’article consacré à Bruxelles), de visiter.
 
 
Une bien belle façon pour moi de revenir, 10 ans après mon premier séjour, à Bordeaux.    
 
 
Voici donc, en images, mon échappée, d’il y a 5 jours, au cœur de la création artistique contemporaine africaine.
 
 
 PEINTURES :  ABSTRACTION, REGARDS SUR LE QUOTIDIEN OU EXPRESSION DE REVENDICATIONS SOCIALES OU DE QUESTIONNEMENTS POLITIQUES
 
 
Le Boxeur, Amadou Sanogo, Frac Aquitaine, Bordeaux

LE CONGOLAIS JP MIKA

 
Les Tourments du monde, Frac Aquitaine, Bordeaux

 

 
 C’est en visitant, en juillet dernier, l’exposition Beauté Congo (à la Fondation parisienne Cartier) que j’ai découvert JP Mika, ce peintre congolais, aux tableaux très colorés, dont l’univers m’a immédiatement séduite.
 
mes clichés des tableaux de l’artiste JP Mika pris, le 11 juillet 2015 (jour de l’ouverture) à la Fondation Cartier (Exposition Beauté Congo)
 
 
 
Kiese na Kiese
la SAPE

 

Mandela dignité pour l’Afrique

 

 Ancien élève de Chéri Chérin et Chéri Samba ( deux grands noms de la peinture congolaise actuellement présentés à la Fondation Cartier mais également au Louvre, dans le cadre de l’exposition Une brève Histoire de l’Avenir, pour le second), JP Mika est un représentant de la peinture populaire.
 
quelques uns de mes clichés des œuvres de Cheri Chérin  et Chéri Samba à la Fondation Cartier (Exposition Beauté Congo)
 
Chéri Cherin
 
 
Chéri Samba

Son Éminence dessinateur Samba
Amour et Pastèque
Lettre de la CPI
un Vieil enfant

quelques uns de mes clichés de Chéri Samba, pris le 24 septembre 2015, à l’exposition Une Brève Histoire de l’Avenir au Louvre

 
Le monde à l’envers

 

la destruction du monde par l’homme
 
 

    Ses toiles dépeignent, en effet,  le quotidien des kinois (et plus largement des congolais) ainsi que les difficultés auxquelles ils sont confrontés. 

 
 
Vous ne serez donc pas surpris d’y voir figurer, notamment, des portraits de SAPEURS  (des membres de la Société des Ambianceurs et des Personnes élégantes, un mouvement vestimentaire né, dans les années 20, à Brazzaville avant de connaitre un retentissant succès dans les villes voisines telles Kinshasa).    
 
J’avais d’ailleurs, en février dernier, adoré découvrir, dans le cadre de l’exposition Le Bord des Mondes alors présentée au Palais de Tokyo, la prière des Sapeurs.
 
Je ne résiste donc pas à la partager avec vous.
 
 
prière du sapeur, exposition Le bord des mondes, Palais de Tokyo, cliché pris le 21 février 2015

   

 
Mais à l’instar de Les Tourments du monde (où l’artiste apparaît assis sur un capot de voiture) certains tableaux de Jp Mika incitent à la réflexion et posent des questions (que je vous laisse découvrir) semblant s’adresser aux chefs d’états (Sarkozy, Mandela ou encore Obama) qui y figurent.
 
 
 
Les Tourments du monde, JP Mika, Frac Aquitaine, Bordeaux

 

LE MALIEN AMADOU SANOGO

 
 
la Hyène, Amadou Sanogo, Frac Aquitaine, Bordeaux

 

 
 Les œuvres, aux dessins minimalistes, réalisées sur du tissu, d’Amadou Sanogo m’ont, quant à elles, interpellée.
 
Notamment celle du boxeur qui, dans une attitude combative, tend son poing.  
 
 
 

 

Le Boxeur, Amadou Sanogo, Frac Aquitaine Bordeaux
A votre avis, Amadou Sanogo, Frac Aquitaine, Bordeaux
LE BÉNINOIS GERARD QUENUM
Bonjour, Gérard Quénum, Frac Aquitaine, Bordeaux
 
 
 C’est au cours de mon exploration, il y a quelques semaines, du Musée d’Art Contemporain de Ouidah que j’ai touché du doigt l’univers pictural de Gérard Quenum (dont une oeuvre est d’ailleurs exposée au British Museum).
 
Ses caractéristiques ? Une peinture influencée par le peintre américain Basquiat, où noir et couleurs vives, notamment primaires, sont de mises ainsi que formes pour le moins abstraites.
 
     Certaines de ses toiles (à l’instar de celles actuellement exposées au Musée d’Art Contemporain de Ouidah)soulèvent, par ailleurs, des problématiques cruciales, telles que celles des enfants soldats ou de l’environnement, auxquelles je suis sensible.
 
A l’exposition du Frac, je n’ai pas su résister au tableau l’Informatique.
 
l’Informatique
les Grains

PHOTOGRAPHIES : PORTRAITS ÉLÉGANTS OU AUTOPORTRAITS « JE EST UN AUTRE »

 
 
Joel, série les Vanités Omar Victor Diop      
 
 
Les maliens Malick Sidibé  et Seydou Keita (dont une rétrospective est d’ailleurs prévue, dans 6 mois, au Grand Palais parisien) connus pour leurs portraits en studio,  le nigérian J.D Okhai Ojeikere dont Hairstyles,  une série, en noir et blanc, consacrée aux coiffures des femmes de son pays a assuré la notoriété, le sénégalais Mama Casset ainsi que l’angolais Jean Depara
 
mes clichés coup de cœur de Jean Depara pris en juillet à la Fondation Cartier (Exposition Beauté Congo)
 
 
jeune femme à la pompe à essence
 
dont les clichés en noir et blanc, dans les années 50/70, des nuits kinoises  sont d’une exceptionnelle beauté, sont quelques uns des grands noms de la photographie Africaine.    
 
 
A la Frac, l’exposition Folk Art Africain s’attache, quant à elle, à mettre en lumière le travail de 3 autres photographes issus du continent.
 
 
LE BURKINABÉ SORY SANLE

 

Allo, kung fu

Sory Sanle, contemporain du malien Malick Sidibe,  est le photographe que je ne connaissais pas encore.

 
 
Ses œuvres (en noir et blanc), réalisées au sein de son studio photo de la ville burkinabé de Bobo Dioulasso, sont reconnaissables aux fonds peints (figurant par exemple des cases traditionnelles ou une passerelle d’avion) créés par lui même, devant lesquels posent (parfois de façon amusante) des jeunes (hommes ou femmes).
 
 

l’Arrivée

le pirate ( photos du haut) au village (photo du bas)

 

 
  Elles témoignent également, par la présence de certains éléments (téléphone par exemple) ainsi que les vêtements portés par ses sujets, d’une nouvelle époque, se dessinant au sortir de l’indépendance (au début des années 60), où modernité et passé coexistent.
 
 
Chasse Spleen et le Baiser sont, de ceux présentés à la Frac Aquitaine, mes deux portraits préférés.
 
 
le Baiser (en haut à gauche), chasse spleen (photo du bas)

     

 
En admirant ces derniers, je n’ai pas pu m’empêcher, également, de songer à ceux, de jeunes kinois, réalisés, dans son studio 3 Z à Kinshasa, par le photographe angolais Ambroise Ngaimoko.
 
 
Clichés que j’ai pu voir lors de ma visite de l’exposition Beauté Congo à la Fondation Cartier.
 
mon cliché d’une oeuvre d’Ambroise Ngaimoko à la Fondation Cartier (Exposition Beauté Congo)
 
 
 
LE CAMEROUNAIS SAMUEL FOSSO 
 
 
 
Le chef (celui qui a vendu l’Afrique aux colons), Samuel Fosso Frac Aquitaine, Bordeaux

   

 
 
Puis chez Samuel Fosso, autre artiste ayant notamment exposé à la Fondation béninoise Zinsou , place à une série d’autoportraits, en couleur, où l’autodérision et la critique de la société ne sont jamais loin.
 
 
Notamment dans, celle intitulée Tati, réalisée en 1997, où le photographe se représente sous les traits d’une autre personne. En chef, en marin ou en bourgeoise notamment.
 
 
Une autodérision qui interpelle.  
 
 

autoportrait l’Empereur d’Afrique

la Bourgeoise et le Marin

LE SÉNÉGALAIS OMAR VICTOR DIOP 

 
 
Aminata, Omar Victor Diop, Frac Aquitaine, Bordeaux

« La valeur n’attend point le nombre des années » !

 
 
 Omar Victor Diop, jeune photographe trentenaire sénégalais, ne fait, pour ainsi dire, pas mentir cet adage. Lui qui a su séduire les amateurs d’art avec ses séries de (auto) portraits colorés (pour lesquels il  crée, lui même, décor soigné, mise en scène et costumes de ses sujets) que sont Le Studio des Vanités ainsi que la toute récente  Diaspora.
 
 
Dans la première, il fait à travers le portrait de personnalités sénégalaises actuelles lui paraissant influentes (dans les médias, la culture ou encore la mode à l’instar notamment de Aminata ou Adama Ndiaye) celui d’une jeunesse dakaroise et plus largement d’une société sénégalaise qui « bouge » .
 
 
La série Diaspora, visible actuellement à la Biennale Photoquai  du Quai Branly, (dont j’ai pu vous montrer, il y a une semaine, quelques clichés sur les réseaux sociaux du Journal d’un Pigeon Voyageur) permet, quant à elle, à l’artiste d’incarner, grâce à de superbes autoportraits, des figures emblématiques africaines oubliées des 17 et 18 eme siècles (telles que Malick Hambar, Ikhlas Khan, Frederick Douglass) qui vécurent en dehors du continent.
 
 
mes clichés de la série Diaspora d’Omar Victor Diop, pris, sous la pluie, à Photoquai, Quai Branly le 22 septembre 2015  
 
 
Dom Nicolau (à droite), jean baptiste belley (à gauche)

   

 
Ces autoportraits (de Diaspora) s’ancrent également dans le présent en intégrant un élément (décalé) lié au football (ballon, crampon) pour, d’une part, rappeler que ce sport fait aujourd’hui figure d’ascenseur social pour les minorités ethniques et pour, d’autre part, susciter un débat sur les questions, toujours d’actualité, d’immigration et d’intégration.
 
 
Au Frac Aquitaine, vous découvrirez 4 portraits, issus de sa série Le Studio des Vanités, dont celui de l’envoûtante Aminata qui, par son élégance, m’a fait penser aux belles Signares de Saint Louis.
 
série des vanités
 
 
Thierno
Ken

 LE CONGOLAIS (FEU) KIRIPI KATEMBO

 

Jupiter (photo de gauche) et Survivre (photo de droite), Kiripi Katembo, Frac Aquitaine, Bordeaux

     

 
J’ai terminé, cet été, ma visite de l’exposition Beauté Congo en admirant les œuvres, presque poétiques, de feu Kiripi Katembo (disparu à Kinshasa dans la fleur de l’âge en août 2015).
 
 
Un talentueux artiste qui avait notamment à son actif l’organisation, fin 2014, de Yango, la première biennale consacrée à l’Art Contemporain à Kinshasa .
 
 
A la Fondation Cartier, je me souviens avoir notamment été interpellée par Rester, une photographie issue de sa célèbre série Un Regard.
 
 
Cette dernière, saisit, à travers des flaques d’eau (qui témoignent notamment des problèmes d’évacuation dont souffre cette ville) où se reflètent ses habitants ainsi que son architecture, les rues de Kinshasa.  
 
 
 Kiripi Katembo avait, par ailleurs, fait le choix esthétique d’exposer lesdites photographies à l’envers afin de ne pas s’arrêter à la vision  du  » chaos » de la capitale congolaise et privilégier, à contrario,  la beauté de l’image.
 
une photo de Rester prise à la Fondation Cartier en juillet dernier (Exposition Beauté Congo)
 
 
rester, série un Regard

   

Sa série Mutations est, quant à elle, constituée de clichés pris depuis les toits, aussi bien dans son pays que dans la ville belge d’Ostende.
 
A Bordeaux, vous pourrez admirer, peut être avec la même émotion qui fut la mienne, quelques uns des clichés issus de ces deux séries.
 
Frac Aquitaine, Bordeaux
 
sans titre, série Mutations
 
 
AFFICHES DE FILMS
 
 
 
 
 

 

 
Ben-Hur, Ablaye Thiossane, Frac Aquitaine, Bordeaux

LE SÉNÉGALAIS ABLAYE THIOSSANE

 
 

ulysse, king kong, les morfalous, la saga des samourai, le voyage fantastique, la cle, la foire des ténèbres
   
 
Si la polyvalence de l’artiste Ablaye Thiossane ne souffre pas la discussion (notamment peintre,acteur et chanteur) c’est toutefois le dessin qui fut la grande affaire de sa vie.
 
 
En témoignent les milliers d’affiches de cinéma qu’il a peintes et dessinées, sur papier, avec du feutre, du crayon, de l’aquarelle ou encore de la gouache.
 
  Quelques unes vous attendent au Frac Aquitaine.
 
C’est l’occasion pour vous de vous replonger dans quelques souvenirs cinématographiques 🙂
 
Frac Aquitaine, Bordeaux
 

 

custer, l’homme de l’ouest, Ablaye Thiossane, Frac Aquitaine, Bordeaux
 
 

 SCULPTURES : PUISER DANS LA TRADITION POUR CRÉER

 
 
Orange à gogo, Romuald Hazoumé, Frac Aquitaine, Bordeaux

LE BÉNINOIS ROMUALD HAZOUME 

 

 

Antidepresseur

 

 
On ne présente plus Romuald Hazoumé, un artiste béninois (primé à de nombreuses reprises et ayant notamment exposé au British Muséum ou encore au Musée Guggenheim de Bilbao)  ayant plusieurs cordes à son arc (peinture, photographie et sculptures notamment).  

 

bidon armé, Romual Hazoumé, Frac Aquitaine, Bordeaux

Puisant essentiellement sa source d’inspiration dans la tradition yoruba (dont il est issu et dans laquelle il a grandi) Romuald Hazoumé est notamment connu pour ses surprenantes sculptures (en l’occurrence des masques sans fioritures ainsi que d’autres installations comme je vous le racontais déjà ici)

 
En effet, celles-ci sont, pour la plupart, réalisées, à partir de matériaux recyclés que l’artiste se réapproprient.    
 
Son oeuvre est, en effet, marquée par l’utilisation des bidons de kpayo (essence frelatée en provenance du Nigéria voisin qui est aussi bien vendue au Bénin qu’au Togo voisin ) lesquels sont omniprésents dans la société béninoise.
 
Mais outre ces derniers, l’artiste emploie aussi le plastique, le métal ou encore le fil de cuivre.    
 
 
Faire une halte à la Frac Aquitaine est donc l’occasion rêvée pour découvrir, à ce titre, Magnum, Exit Ball et Orange à Gogo.
 
 
Les deux dernières de l’artiste étant mes coups de cœur !
 
Exit Ball
 
 
Fang, Magnum, Chouchou, Orange à gogo
Fang et Magnum
Chouchou
Fang
Magnum

   

 
Mais à travers ses œuvres, l’artiste a aussi à cœur d’émettre des critiques sur la société dans laquelle il vit.
 
 
Ainsi,  Antidépresseur (un lit sénoufo en bois, faisant office de divan de psychanalyse, posé sur un parterre de fèves de cacao avec en arrière plan une vidéo du lever ainsi que du coucher de soleil)  interpelle tout à la fois sur l’incapacité de ses concitoyens à embrasser le positif (alors que le soleil ainsi que les autres richesses du pays devraient les inciter à vaincre leurs idées noires) mais également sur l’impossibilité, pour beaucoup d’africains, à profiter (du fait du prix de vente élevé) de denrées, telles le cacao, pourtant produites sur le continent.
 
 
lit sénoufo et vidéo couleur sonore
véritables fèves de cacao

 

 
 Enfin,  impossible d’évoquer Romuald Hazoumé sans parler de la Fondation Zinsou dont il est clairement indissociable.
 
 
Il a, en effet, été, dès son ouverture à Cotonou en 2005, le premier artiste à y exposer.
 
 
En outre,  en juin dernier, à l’occasion des 10 ans de la Fondation Zinsou, une nouvelle exposition baptisée « Are« , ( nom donné, en pays yoruba, aux dépositaires de la Culture qui se déplaçaient de village en village), réalisée par lui, y a été inaugurée.
 
 
Se voulant porteuse d’un message davantage politique, celle-ci critique, notamment, la gestion des affaires, laquelle ne prendrait pas en compte les doléances de son peuple, faite par le gouvernement béninois.
 
LE BÉNINOIS KIFOULI DOSSOU 
 
les élèves, Sondages, Kifouli Dossou, Frac Aquitaine, Bordeaux

   

 
Mon billet va, à présent, s’achever sur  Kifouli Dossou (  artiste béninois récipiendaire, l’an dernier, du prestigieux prix Orisha) que j’ai découvert, il y a un mois, en visitant le Musée d’Art Contemporain de Ouidah.
 
 
Autant vous l’avouer tout de suite: j’ai littéralement été hypnotisée par son travail.
 
 
Kifouli Dossou s’est, en effet, inspiré de la tradition yoruba et de ses masques, en bois, gélédé ( d’ailleurs inscrits, depuis 2008, sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco) pour créer de nouveaux masques, véritables chefs d’oeuvre !  
 
 
  Si ceux ci, composés d’une partie basse( représentant un visage portant yeux en amande et scarifications) elle même surmontée d’une scène, sont, à l’origine, sacrés et ne peuvent, en conséquence, qu’être portés par des hommes au cours de cérémonies rendant hommage aux femmes, Kifouli Dossou a, lui, notamment décidé d’en faire un médium lui permettant d’exprimer les préoccupations sociales majeures de la population béninoise.
 
 
Ainsi, Le Sondage (une série de 10 masques, dont le visage symbolise le chef de l’Etat,  lui ayant été commandés, avant les dernières élections présidentielles de 2011, par la Fondation Zinsou) lui permet d’aborder, avec brio et à ce titre, dix thèmes.
 
 
    L’éducation avec notamment la création de plus d’infrastructures scolaires;  l’accès à l’eau potable, aux soins de santé ainsi qu’à l’électricité; la lutte contre l’insécurité; la modernisation de l’agriculture; l’amélioration de l’élevage; la réparation des routes;   la sécurité routière ainsi que l’augmentation du pouvoir d’achat des fonctionnaires.
 
 
(Des problématiques auxquelles les candidats de l’élection présidentielle en question avaient d’ailleurs été conviés à répondre…. en vain pour certains..)
 
Il ne me parait pas inutile de rappeler que ces aspirations demeurent toujours d’actualité ! 
 
 
les 10 masques de Sondages
 
 

la maladie (de face et de dos)

la sécurité pour le peuple

Manque d’électricité

les cultivateurs

carrefour

réparer les routes

les éleveurs

On veut de l’eau potable

les fonctionnaires

   

 
Avant de quitter les lieux n’hésitez pas à aller scruter le mur sur lequel ont été collées d’anciennes pochettes de disques de chanteurs du continent (le nigérian Fela Kuti ou le groupe congolais OK Jazz par exemple).
 
Elles vous rappelleront peut être des musiques qui ont pu bercer votre enfance 🙂
 

 

 
 
  Puis  asseyez vous face au mur de pagnes  pour feuilleter les ouvrages consacrés à l’exposition parisienne Beauté Congo,  au sculpteur béninois Kifouli Dossou ou encore Folk Art Africain.
 
 
Un livre (véritable mine d’or d’informations) spécialement publié pour l’exposition éponyme qui comprend également un cd où vous retrouverez la sélection musicale africaine, couvrant la période 1960 – 1980, de Florent Mazzoleni (spécialiste, entre autre, des musiques africaines).
 
 
Et j’oubliais, des écouteurs sont aussi à votre disposition pour poursuivre le voyage en musique 🙂
 
 
 
  Folk Art Africain, une exposition, qui m’a littéralement emportée, que vous ne devez pas manquer !
Le Pigeon Voyageur

AUTEUR - Le Pigeon Voyageur

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article et découverte de ces photos (toutes prises par mes soins). Alors à vos plumes !

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