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Journal d'un Pigeon Voyageur | SAINTE MARIE DE LA TOURETTE, CE FASCINANT COUVENT SITUE AUX PORTES DE LYON
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SAINTE MARIE DE LA TOURETTE, CE FASCINANT COUVENT SITUE AUX PORTES DE LYON

  |   ARCHITECTURE, EUROPE, FRANCE, Lyon, PATRIMOINE DE L'UNESCO, VOS ENVIES   |   2 Comments

 

 

 

 Après avoir succombé à l’irrésistible beauté des iconiques Villas Savoye et Roche, la visite guidée du fascinant Couvent Sainte-Marie de la Tourette, à laquelle j’ai, fin janvier, pris part, m’a laissée sans voix.

 


 

 

Tant l’ultime chef d’oeuvre de Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier, objet d’une inscription, en 1965, à l’inventaire des monuments historiques puis d’un classement, en 2016, au Patrimoine Mondial de l’Unesco, représente l’archétype même d’une révolutionnaire architecture religieuse .

 

Laquelle, sans rien sacrifier aux impératifs inhérents à la construction d’un édifice dévoué à la liturgie catholique, s’est affranchie des codes traditionnels jusque là établis en la matière pour leur préférer une approche résolument moderne.

 

Explorer cet inattendu parallélépipède niché à flanc de colline qui, à une trentaine de kilomètres au nord de Lyon, dévoile ses lignes au sein d’un vaste parc de la commune d’Eveux-Sur-l’Abresles suffira à vous en convaincre.

 

 


Depuis 1960 y vit, en effet, une communauté de dominicains dont l’Ordre avait, six ans plus tôt et par l’entremise du père Couturier, confié au Corbusier la tâche d’y ériger pour eux un couvent d’étude.

 

La conception de Sainte-Marie de la Tourette intègre donc les pluriséculaires règles régissant le quotidien des ses membres : 

 

Traduisant le principe d’austérité prôné aussi bien par le choix d’un bâti réalisé en béton armé brut et dépourvu, comme pour revenir à l’essentiel, de fioritures que par celui d’un dépouillement, clairement assumé, s’affichant dans l’église et le réfectoire; 

 

 Répondant, en outre, aux exigences de prière, recueillement, silence et travail auxquels ses religieux sont astreints par l’aménagement d’espaces, répartis sur cinq niveaux, spécifiquement consacrés aux vies individuelle, collective et spirituelle.

 

Ainsi, des cellules, installées aux étages supérieurs, hébergeant aujourd’hui une dizaine de frères prêcheurs outre quelques visiteurs de passage à la salle du Chapitre;

 

De la bibliothèque à l’Oratoire ;

 

 

 

De l’église, accessible par une porte pivotante dessinant une croix, à la crypte ;

 

 

 

Des couloirs intérieurs au réfectoire :

 

 

 tout à Sainte-Marie de la Tourette renvoie à l’univers cultuel.

 

Néanmoins abordé ici de manière indiscutablement novatrice.

 

Puisque toute la singularité du couvent tient à sa capacité à conjuguer avec maestria spiritualité et esthétique inédite dont Le Corbusier avait, dès la fin des années 20, déjà défini les critères dans son manifeste des 5 Points de l’Architecture Moderne.

 

A l’aune de ce constat, l’emploi du béton ne saurait uniquement se justifier par le désir d’illustrer l’ascèse bénédictine.

 

Car le matériau, auquel Auguste Perret (architecte ayant, après-guerre, reconstruit la ville normande du Havre ) a donné toutes ses lettres de noblesse, rime aussi, dans les années 50, avec modernité.

 

Grâce à lui, cette atypique enclave, perchée sur une foret de pilotis,

 

 

 

révèle une architecture extérieure, toute en géométries et perspectives, faite de lignes à la fois horizontales et verticales, de façades libres et d’un toit-terrasse.

 

 

 

Tandis qu’elle se veut, par contraste, davantage protéiforme une fois le seuil du couvent franchi.  

 

 

 

 

L’adoption du Modulor, unité métrique (basée sur une silhouette humaine de 1,83 mètres et 2,26 mètres le bras levé ) inventée par Le Corbusier et dont il se sert pour  dessiner les proportions harmonieuses des espaces, se veut, quant à elle, une autre concrète expression de la modernité recherchée.

 

 

 

Mais celle-ci transparaît, par ailleurs, dans la prégnance accordée à la lumière qui, traitée de façon plurielle, se hisse en conséquence au rang de matériau à part entière.

 

Que sa pénétration soit contrôlée  par la présence de loggias, par les panneaux Mondrian ou par les canons et interstices, latéraux ou non, par lesquels elle s’infiltre dans l’église, la crypte ou l’oratoire pyramidal;

 

 

 

Qu’elle participe à un jeu d’ombres savamment orchestré par l’original dispositif, imaginé par l’ingénieur-architecte-musicien Iannis Xenakis, des panneaux ondulatoires

 

ou qu’elle inonde au contraire, en s’invitant naturellement grâce aux baies vitrées et fenêtres en bandeaux, certains espaces.

 

 

 

Chères au Corbusier, les couleurs primaires (avec une prédominance du jaune, vert, bleu et rouge) qui, des carreaux de verre Mondrian à la cuisine du réfectoire en passant par les volets des systèmes de ventilation, les meubles disposés ça et là ainsi que les murs et plafonds colorés de la chapelle et de la crypte, habillent avec parcimonie l’intérieur de Sainte Marie de la Tourette, expriment à leur tour cette vision plus contemporaine de l’architecture sacrée vue par le maître d’oeuvre.

 

 

 

A tout cela s’ajoute enfin la construction, en pleine nature, du couvent.

 

Ménageant d’incomparables points de vue sur la vallée de la Brévenne et les monts du Lyonnais, sur lesquels donne notamment le réfectoire, elle contribue à faire de l’endroit un havre de paix propice à la méditation.

 

 

 

Déambuler, durant un peu plus de quatre-vingt dix minutes, au cœur de cet édifice hors normes m’aura, en plus de m’émerveiller, fait prendre conscience :

 

 De l’inconsistance du postulat selon lequel architecture sacrée et architecture moderne seraient incompatibles  

 

Outre de l’évident ancrage de l’art contemporain, tel un prolongement de la vision initialement exprimée par Le Corbusier, en ses murs.

 

J’en veux pour preuve, sur ce dernier point, la commande d’une centaine de chaises, signées Jasper Morrison, passée, à la fin des années 90, pour le réfectoire 

 

 

 

ainsi que la mue du couvent, lors des dernières Biennales d’Art Contemporain de Lyon, en une incroyable scène d’exposition investie par plusieurs artistes majeurs (Anish Kapoor , Lee Ufan , Anselm Kiefer ) appartenant à cette mouvance. 

 

Singularité du bâtiment, Multiplicité de ses destins : Sainte-Marie de la Tourette fait, à n’en point douter, partie de ces lieux où les frontières entre profane et sacré ont, à dessein , été définitivement brouillées.

 

Où traditions et avant-gardisme coexistent avec élégance.

 

 Autant de raisons pour lesquelles je vous invite à y faire escale dès que vous le pourrez.

 

Une merveille! 

 

 

 

 

Le Pigeon Voyageur

AUTEUR - Le Pigeon Voyageur

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article et découverte de ces photos (toutes prises par mes soins). Alors à vos plumes !

2 Commentaires
  • Avatar

    Delphine YEO | Fév 23, 2020 at 11 h 50 min

    Intrigan et, fascinant ce lieu !
    Merci pour la découverte

    • Le Pigeon Voyageur

      Le Pigeon Voyageur | Fév 23, 2020 at 12 h 35 min

      My pleasure Delphine ! Ce couvent défie assurément l’entendement , difficile de ne pas tomber en amoureux 🙂

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