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Journal d'un Pigeon Voyageur | KIGALI, CAPITALE RWANDAISE AUX MULTIPLES FACETTES
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KIGALI, CAPITALE RWANDAISE AUX MULTIPLES FACETTES

  |   AFRIQUE, ARCHITECTURE, ART & CULTURE, GASTRONOMIE, HISTOIRE & DEVOIR DE MEMOIRE, HOTELS, HOTELS D' EXCEPTION, Kigali, MÉMORIAUX, MUSEE, NATURE, RWANDA, VOS ENVIES   |   No comment

 

vue sur la skyline de Kigali depuis la route menant à l’entrée principale du Mémorial de Gisozi

 

Entre ma première visite à Kigali, en août 2013, et la seconde, il y a quelques semaines, presque six ans se sont écoulés. 

 

J’avais quitté une capitale rwandaise, en plein chantier, où de nouveaux édifices, à l’instar du désormais iconique Convention Center, étaient alors en construction.

 

Vue depuis le  restaurant Pili Pili 

 

Vue depuis le toit du Musée de la Libération

 

Vue depuis Baso Pâtissier

 

de nuit le Convention Center brille de mille feux et revêt les couleurs du drapeau rwandais

 

J’ai retrouvé une ville dont le nouveau paysage urbain, allant d’ailleurs de pair avec l’éclosion de très belles adresses, m’a véritablement séduite. 

 

vue sur la Kigali City Tower depuis la terrasse du restaurant Republic Lounge

 

vue sur la Skyline de Kigali depuis l’extérieur de la ville

 

vue sur la skyline de Kigali depuis les jardins du Mémorial de Gisozi

 

Et ce d’autant plus que lesdits changements n’ont en rien eu raison de son intrinsèque identité (ou du moins de l’idée que j’en avais gardée) , tant enviée par d’autres métropoles africaines.

 

Industrieuse , sans l’ombre d’un doute.

 

rues de Kigali, grouillant d’activité avec pléthore de taxi-motos et taxi-vélos, où femmes et hommes vaquent à leurs occupations

 

 

D’une absolue propreté, indiscutablement .

 

Marquée par l’omniprésence de la nature, assurément. 

 

vue sur la ville depuis le Kigali Skate Park

 

 

vue sur la ville, au lever du jour,  depuis l’Hôtel  Marriott 

 

 

Y refaire escale, après une échappée dans l’ inoubliable Northern Province rwandaise, m’offrait donc l’opportunité de la (re)découvrir via des prismes différents.

 

Autres que celui, tenant au devoir mémoriel, ayant ici précédemment guidé mes pas.

 

Durant 4 jours, les multiples facettes de Kigali se sont donc dévoilées à moi à travers lieux-institutions et sites plus confidentiels partageant néanmoins un dénominateur commun : celui de célébrer l’Art, la Mode, la Gastronomie et l’Histoire du pays des 1000 Collines avec brio . 

 

Un voyage, savouré avec bonheur, que je vous invite à présent à découvrir .

 

KIGALI, INCONTESTABLE VILLE VERTE 

 

Mont Kigali sous la pluie

 

De l’extrême salubrité de ses espaces publics, en partie indissociable des travaux communautaires d’Umugunda auxquels tous les Rwandais, sans exception, sont conviés chaque dernier samedi du mois, à  l’interdiction des sacs plastiques.

 

fleurs sur le Mont Kigali

 

point de vue non loin de la gare routière de Nyabugogo

 

De l’aménagement de jardins, tant publics que privés, 

 

 

 

à l’omniprésence de la Nature, peu importe l’endroit où le regard se pose : Kigali, cernée de collines,

 

 

 

confirme, si besoin encore était, son statut de ville verte. 

 

Dont les exceptionnels panoramas, admirés depuis ses hauteurs, révèlent un tableau, aux milles nuances de vert, d’ocre et de blanc, où Nature, habitations et constructions diverses coexistent avec la manière .

 

 

 

KIGALI, CAPITALE ARTY

 

Street art à Biryogo, oeuvre de Brave TAngz

 

 

Kigali est une capitale où l’Art a su, à triple titre, s’imposer en investissant espace public et lieux clos.

 

A l’instar des galeries ayant, ces quinze dernières années, progressivement pris leurs quartiers dans la ville.

 

Fondée par Niyonsenga Pacifique, l’intérêt de la Niyo Arts Gallery est loin d’uniquement résider, à mon sens, dans la beauté des œuvres qui y sont exposées .

 

 

 

Puisque la finalité poursuivie par son propriétaire est de soutenir anciens enfants de la rue, dont il partage le passé, et jeunes issus de milieux défavorisés.

 

En les initiant à différentes formes d’Art et en leur apportant une aide financière, tirée des ventes de la galerie, afin qu’ils puissent poursuivre leurs études.

 

 

 

 

Imaginé, en 2012, par Emmanuel Nkuranga et Innocent Nkurunziza, deux frères eux même peintres autodidactes, le pionnier Inema Arts Center fait, bien au-delà des frontières nationales,  figure de haut-lieu dédié à la promotion des Arts.

 

 

 

 

A raison !

 

Tant chaque recoin de cet espace accueillant plusieurs artistes en résidence, fussent ils rwandais ou étrangers, propose un magnifique voyage visuel.

 

Comment, au cœur de son jardin, ne pas, en effet, être époustouflé :

 

Par les motos et voitures repeintes façon street art, m’ayant rappelée la rolls-royce, embellie par l’artiste JonOne, du lobby parisien de l’hôtel Molitor

 

 

outre ses nombreuses autres atypiques sculptures  ?

 

 

 

Un émerveillement qui se prolonge une fois le seuil de la galerie franchi.

 

Là, sur deux étages, imposantes sculptures, saisissants portraits, envoûtantes peintures et tableaux mettant à l’honneur le kitengé ( autre nom du wax en Afrique de l’Est) donnent à voir une réelle créativité .

 

Emmanuel Nkuranga

 

Sam Kambari

 

Denis Mpanuka Nkotanyi

 

Et quant à tout cela s’ajoutent la possibilité d’y prendre des cours de danse, l’ initiation d’orphelins à la peinture, une boutique vendant des articles réalisés par des femmes artisans ainsi qu’un intimiste café, l’on comprend aisément pourquoi l’Inema Arts Center demeure un incontournable pour quiconque souhaite appréhender la scène artistique contemporaine kigalienne. 

 

Puis vient l’heure de découvrir les œuvres de street art, conçues pour certaines par de grandes figures de la discipline ( telles Roa et C215), ayant, sous l’impulsion de l’entreprise sociale  Kurema, Kureba, Kwiga, progressivement envahi les façades et murs de la capitale rwandaise.

 

 

 

Un art urbain, usant de techniques plurielles, qui fait, par endroits, allusion à la culture et aux monuments du pays des 1000 Collines.

 

Intore (danseur-guerrier) et vache royale Inyambo, oeuvre vue dans le quartier de Biryogo

 

portrait d’un roi portant une coiffure traditionnelle dans laquelle apparaissent villages, volcans du nord du pays et danseuses

oeuvre collective réalisée par Monk.E et Viktart Mwangi sur la façade d’Impact Hub Kigali

 

œuvres visibles sur les murs extérieurs de la Niyo Arts Gallery

 

le convention center représenté à droite

 

street art dans le Skate Park de Kigali

 

 

 

street art à Biryogo

 

berger

 

Viktart Mwangi

 

Particulièrement sensible à la dimension engagée que peut revêtir l’art urbain, j’ai, en outre, été émue par les œuvres peintes par  C215 dans l’enceinte du Mémorial de Gisozi dont il sera plus loin question.

 

 Véritables portraits-hommages à travers lesquels le street-artiste français célèbre quelques Justes.

 

Ces héros qui au péril de leur propre vie choisirent, durant le génocide de 1994, de porter secours aux hommes, femmes, enfants et vieillards alors voués à une mort plus que certaine du seul fait d’être nés Tutsi.

 

Silas Ntampurayishyari, Ezechiel Ndamage, Gratien Mitsindo, Zachiri Niyibizi, Gisimba Damas parvinrent, ainsi, à leur faire rejoindre, sains et saufs, le Burundi voisin;  payèrent des miliciens, tenant les barrières routières, afin que ceux ci les épargnent; en cachèrent certains à leur domicile et église ou encore empêchèrent les tueurs de pénétrer dans les lieux, abritant des personnes pourchassées (orphelinat), dont ils avaient la charge.

 

les Justes peints par C215 au Mémorial de Gisozi

 

 

 

Autant d’actions grâce auxquelles Stéphanie Mukankurayija, Esther Mukandida, Agnès Kabarisa, Assiel Gakwaya, Perpetue Mudede, Thomas Tuyisenge,  Tharcisse Habyarimana et plusieurs centaines d’autres rescapés doivent  leur survie.

 

personnes rescapées ayant été sauvées par les Justes peints par C215

 

Selon le Talmud : « Qui sauve une vie, sauve l’humanité toute entière ».

 

Durant les 100 jours d’ « Apocalypse » que connurent, d’avril à juillet 1994, les Tutsi du Rwanda,  force est donc heureusement  de constater qu’une poignée d’Hutus, réfractaire à l’idéologie extrémiste ambiante, surent garder leur part d’humanité.

 

Qu’ils en soient remerciés.

 

Enfin, je ne saurais clore ce chapitre dédié à l’Art sans évoquer le tout récent Rwanda Art Museum.

 

 

 

Installé, depuis mai 2018, dans l’ancienne résidence qu’occupa notamment le président Juvénal Habyarimana (dont la mort, le 6 avril 1994, signa le début du génocide contre les Tutsi),

 

 

 

il a fait table rase du Musée du Palais Présidentiel, préexistant en ces lieux, que j’avais, en 2013, exploré lors de mon premier séjour rwandais.

 

 Aujourd’hui, seuls les débris du falcon présidentiel, gisant dans un jardin où des grues couronnées déambulent à présent en toute liberté, y rappellent l’élément déclencheur du génocide. 

 

A l’intérieur de la vaste demeure, le mobilier et les objets renvoyant au quotidien de l’ex famille présidentielle ont, en effet, été remplacés par une centaine d’œuvres, rassemblées sous le thème de l’Art pour la Paix, d’art contemporain.

 

Elles ont, pour l’essentiel, été réalisées par des artistes rwandais (avec une mention spéciale pour Epaphrodite Binamungu et Eugène Gumira dont le travail m’a bouleversée)  et quelques autres, parmi lesquels la belge Arlette Vendenyken et le togolais Kossi Assou, étrangers.

 

Leurs poignantes sculptures, peintures et céramiques, certes, témoignent du passé trouble du Rwanda mais elles laissent surtout entrevoir, en creux, un avenir autrement plus radieux.

 

  Dévoilant toute l’étendue de la créativité artistique contemporaine rwandaise, le Rwanda Art Museum abrite aussi un espace d’exposition offrant la possibilité d’acquérir des pièces d’artistes locaux. 

 

 

KIGALI, HAUT-LIEU DE LA MODE EST AFRICAINE

 

étal vendant du kitenge ( wax), Marché de Kimironko

 

Il suffit de s’enfoncer dans les allées du magnifique marché de Kimironko, le plus vaste de Kigali, pour mesurer l’importance croissante de la Mode dans la ville.

 

Mais si les nombreux étals de bijoux, entre autre conçus à partir de sisal, et ceux proposant des vêtements de seconde main en constituent une première vibrante illustration, 

 

 

 

c’est surtout dans l’aile regroupant les vendeurs de kitenge, pourvoyeurs d’un choix infini d’étoffes en coton colorées, que cette assertion fait définitivement sens.

 

 

 

Voisins immédiats, les tailleurs et couturières suggèrent ensuite aux acheteurs des modèles qu’ils sont à même de leur coudre en un temps record.

 

 

 

Qui dirait non à des vêtements confectionnés sur mesure et à un tarif défiant, de surcroît, toute concurrence ?

 

Reste que Kigali peut aussi s’enorgueillir de compter plusieurs designers de renom lesquels réinterprètent avec talent, depuis un peu moins d’une dizaine d’années, les modes Homme & Femme, les bijoux ainsi que les accessoires.

 

Grâce à ces créateurs #MadeinRwanda, initiateurs, dès 2012, de la Kigali Fashion Week et, à partir de 2016, de la Collective Rwanda Fashion Week, la renommée du pays s’est, à ce titre, peu à peu imposée dans la sous-région.

 

Voici donc mes adresses à ne pas manquer, correspondant, pour la grande majorité, à celles de membres de Collective Rwanda.

 

Une association qui, depuis 2015, rassemble les marques rwandaises les plus renommées et promeut une scène Fashion locale répondant davantage aux considérations éthiques.

 

J’ai, ainsi, eu un premier coup de cœur pour Moshions, fondée en 2015 par  Moise Turahirwa.

 

 

 

Le design épuré du showroom, installé dans une maison, préfigure 

 

 

la beauté des créations, appartenant tant au vestiaire masculin que féminin, qui y sont proposées.

 

Alliant confort, élégance et infinis détails, elles sont de véritables « statement pieces »  qui par leurs couleurs, perles ou motifs célèbrent l’héritage culturel du  pays des 1000 Collines. 

 

 

 

Chez Haute Baso, établie, en 2014, par Linda Mukangoga et Candy Basomingera, 

 

 

 

le design de la boutique, en totale adéquation avec les éléments de décoration intérieure et les vêtements dont elle regorge, donne, là encore, le la.

 

Puisque les pièces uniques, façonnées par des artisanes rwandaises, qui y sont vendues allient avec subtilité traditions (broderie, tissage) locales et esthétiques d’aujourd’hui .

 

 

 

En pénétrant, ensuite, dans l’antre de Sonia Mugabo, ayant, en 2013, lancé sa marque éponyme, 

 

 

 

 le choix, soigneusement mûri, des couleurs chaudes, motifs floraux, transparence, fluidité et très beaux modèles frappe d’emblée.

 

Par ces minutieux détails-signatures, Sonia Mugabo donne ainsi à la Femme, qu’elle ne cesse de célébrer, une tout autre dimension.

 

Quant à House of Tayo, maison fondée en 2011 par Matthew Rugamba, ses iconiques nœuds papillon /écharpes/ cravates confectionnés en kitenge, atypiques t-shirts outre magnifiques vêtements  dévoilent un audacieux style contemporain qui n’en oublie pas, pour autant, de faire référence aux Histoires rwandaise et, plus largement, africaine.

 

De quoi se réjouir que les collections, initialement masculines, aient été progressivement étendues aux femmes.

 

 

 

Pour qui souhaite acquérir d’inédits bijoux (tout comme des articles de design intérieur et des accessoires), Inzuki Designs, créée par Teta Isibo, reste l’ adresse à privilégier à Kigali.

 

 

 

 Conjuguant richesse des matières premières et diversité des savoir-faire traditionnels rwandais, ses pièces sont l’ultime expression d’un style contemporain que les fashionistas d’ici et d’ailleurs se sont empressées de plébisciter.

 

 

 

Une marque déjà évoquée, pour rappel, dans la section « Quels souvenirs ramener du Rwanda » du tout premier billet du blog.

 

Nichée au cœur du Marriott Hotel, la boutique Go Kigali, fondée en 2016 par Xavier Curtis et Eliza Richman, dévoile, enfin, une sélection pointue de vêtements, bijoux, accessoires, livres et articles de décoration intérieure.

 

 

 

Que l’on doit aux artisans et designers locaux 

 

 

mais aussi à des créateurs internationaux.

 

Provenant, en l’occurrence, de la sous-région, d’Afrique de l’Ouest ( marque ghanéenne de sacs A.A.K.S) ou d’Europe via des marques, telle  Panafrica Shoes, sourçant  leurs matières premières sur le continent.

 

 

 

KIGALI, EFFERVESCENTE SCÈNE GASTRONOMIQUE

 

Restaurant Poivre Noir

 

 

Toute exploration de la scène gastronomique kigalienne devrait débuter par une escale dans un milk bar.

 

 

 

Institution rwandaise, reconnaissable à ses couleurs bleue et blanche ou au dessin figurant une vache sur ses portes, que l’on retrouve en grand nombre dans le grouillant quartier historique de Nyamirombo.

 

Pour une somme modique, l’on y déguste du lait frais, qu’un camion réfrigéré transporte, chaque jour, depuis les campagnes rwandaises jusqu’à la ville,

 

 

 

à accompagner de samoussas ou chapatis, encas salés également vendus sur place.

 

Qui dit Gastronomie songe ensuite aux marchés, lieux par excellence où se fournir en aliments de qualité.

 

stand de fruits au marché de Kimironko

 

A Kigali, celui de Kimironko, labyrinthe d’une inégalable propreté, est un must see.

 

Pour ses échoppes de kitengé, artisanat, jouets et bien d’autres choss encore mais surtout pour la diversité des denrées alimentaires qu’on y trouve : fruits, légumes, viandes, poissons et céréales.

 

sambazas, sortes de sardines locales se mangeant en fritures

 

l’adorable Assumini devant son stand de fruits

 

 

Magnifiques produits que plusieurs Chefs subliment à la carte d’ établissements où s’installer pour déjeuner, goûter, prendre l’apéritif et dîner annonce de magiques instants.

 

Je pense en premier lieu à l’incontournable Baso Pâtissier dont les petits-déjeuners, plats salés et surtout emblématiques douceurs ont, rapidement, conquis gourmands et gourmets.

 

 

 

Difficile de ne pas succomber à ses délicieux éclairs, garnis d’une onctueuse ganache, à damner un saint.

 

 

 

 

Cap ensuite sur l’enchanteur Pili-Pili.

 

 

 

Bar/restaurant/hôtel, doté de plusieurs espaces résolument design, qui non content de bénéficier d’imprenables panoramas sur la capitale rwandaise

 

 

l’étage du Pili Pili

 

 

est, entre autre, réputé pour ses alléchants cocktails et mocktails  .

 

L’alternative, nettement plus centrale, étant d’investir le rooftop de l’Ubumwe Grande Hotel depuis lequel Kigali se laisse de la plus belle manière embrasser du regard. 

 

la terrasse du  Ubumwe Grand Hotel et sa vue panoramique sur la ville

 

Ou l’Art de mettre ses sens en émoi  avant d’ultérieurement s’attabler :

 

. au  Repub Lounge, temple culinaire dont la réputation n’est plus à faire.

 

Décoration soignée, succession d’alcôves plus ou moins intimistes,

 

 

 

meubles design, recouverts ou non de wax, lumière tamisée, terrasse panoramique

 

 

,exquis mets, notamment les savoureuses brochettes de poisson, mettant à l’honneur la cuisine africaine :  l’invitation au voyage y est bel et bien réelle .

 

Un fil d’Ariane que l’exclusif restaurant Poivre Noir, adresse la plus courue de Kigali, partage également.

 

 

 

Dans un cadre bucolique empreint de sérénité, les époux Goffin, repats revenus donner naissance à ce projet au Rwanda, régalent, en effet, leurs hôtes d’une cuisine bistronomique, de haute volée, renouvelant  les codes de la gastronomie .

 

Installé sur la véranda surplombant le jardin

 

 

 

ou seul au monde dans la salle, pourvue d’une unique table, qui la jouxte, l’expérience culinaire offerte 

 

 

 

est celle d’une inoubliable réinterprétation des spécialités rwandaises, françaises, belges et même asiatiques.

 

Bonheur !

 

nage de fruits de mer thailandaise

 

filet de poulet

 

tilapia grillé

 

Aux deux tables précédemment évoquées, je rajoute Soko.

 

L’un des restaurants du Marriott Hotel,

 

lobby du Marriott Hotel

 

Bar Iriba

 

 établissement se distinguant par la beauté de ses confortables et lumineuses chambres avec vue,

 

chambre Deluxe au Marriott Hotel

 

sa piscine, 

 

 

 

l’installation de la boutique Go Kigali ( mentionnée plus haut) , organisatrice par ailleurs de city tour,

 

ainsi que ses espaces communs soulignant la beauté de la Culture et de l’Artisanat rwandais .

 

pièces d’artisanat visibles au Spa

 

pot de fleurs, motifs imigongo, terrasse Iriba Bar

 

assise, terrasse du bar Iriba 

 

Portraits de rwandais accrochés dans le lobby de l’ hôtel 

 

 

Du Soko, je conserve donc l’heureux souvenir d’un vaste atrium, décoré avec goût et s’ouvrant sur une terrasse, où, du gargantuesque buffet du petit-déjeuner au dîner, les hôtes goûtent à une cuisine parfaitement exécutée.

 

salle intérieure du Soko

 

terrasse du Soko

 

 

KIGALI, INCONTESTABLE VILLE MÉMORIELLE

 

Statue- Hommage aux soldats du FPR disparus, Musée de la Campagne contre le Génocide

 

Par devoir de mémoire,  pour mieux comprendre le Rwanda d’aujourd’hui et pour prendre conscience de l’étendue du chemin parcouru, en vingt-cinq ans, par cette nation, il me semble primordial de se rendre dans les mémoriaux et ou musées consacrés au génocide qui y a, en 1994, été perpétré à l’encontre des Tutsi. 

 

A l’instar de Gisozi, Ntarama, Nyamata, Murambi et Bisesero, dont je vous racontais ma visite ici

 

Lors de ce second voyage, et avant d’aller découvrir le récent musée de la Campagne Contre le Génocide, j’ai néanmoins tenu à retourner au musée-mémorial de Gisozi.

 

 

 

Le parcours y débute désormais (ce n’était pas le cas lors de mon passage en 2013) par le visionnage d’un court film introductif.

 

Retraçant le long processus, défini par une politique raciste, des discriminations, une déshumanisation verbale, l’exil forcé et plusieurs massacres visant les Tutsi,  qui, entamé dès la fin des années 50,  a finalement abouti au génocide de 1994.

 

 

Puis, la bouleversante exploration se poursuit à l’intérieur du musée.

 

Où explications didactiques, témoignages audio/vidéos, photos, articles de presse, écrits, documents historiques, ossements des victimes et objets leur ayant appartenu nous éclairent, en trois temps articulés autour de la date du 7 avril 1994 (correspondant au début officiel des tueries de masse), sur ce dernier génocide du 20 eme siècle.

 

Avant : De la période pré-coloniale au 7 avril 1994

 

Avant la période coloniale, le Rwanda est un Etat-Nation où Hutu et Tutsi (les Twa, potiers et artistes, ne représentant qu’1% de la population) appartiennent à deux catégories sociales (agriculteurs pour les premiers et éleveurs pour les seconds) non immuables, définies en fonction du nombre ( – ou + de 10) de vaches possédées ( l’animal étant un symbole de richesse);  partagent identiques langue, kinyarwanda, et coutumes ;  croient au même Dieu, Imana.

 

Introduisant le ferment de la division dans le pays, la classification formelle en tant qu’ethnie, mentionnée à partir du début des années 30 sur les cartes d’identité nouvellement instaurées, est l’oeuvre des colons Belges .

 

Qui aux termes de théories aussi racistes que mensongères ( les Tutsi seraient des étrangers originaires d’Ethiopie et appartiendraient, du fait de leur supposées caractéristiques physiques, à une race plus proche des européens) énoncent la supériorité de ces derniers sur les Hutu et, partant, leur octroient des privilèges .

 

le roi Baudouin de Belgique & le roi Mutara III Rudahigwa ( qui régna de 1931-1959)

 

 

Toutefois, à la fin des années 50, les revendications indépendantistes désormais portées par le Mwami (roi) conduisent les autorités Belges à  favoriser l’essor d’un pouvoir Hutu (Parmehutu qui beaucoup plus tard se muera en Hutu Power) .

 

Qui se forge en reprenant à son compte l’idéologie coloniale raciste, dont même certains ecclésiastiques tel Monseigneur Perraudin, vicaire de Kabgayi, se font l’écho, laquelle sera, bientôt, invoquée pour justifier les persécutions à l’encontre des Tutsi.

 

Ainsi, de la Révolution Sociale de 1959 au génocide de 1994, l’Histoire des deux premières républiques du Rwanda n’est, sous la houlette des présidents Grégoire Kayibanda et Juvénal Habyarimana (qui, en 1973, renverse le premier au terme d’un coup d’état), qu’une succession de :

 

 

 

 # Discriminations institutionnalisées à l’égard des Tutsi dans l’accès aux emplois au sein de la Fonction Publique mais aussi à l’école où la mise en place d’une politique dite d’équilibre restreint le quotas d’enfants Tutsi pouvant être admis à poursuivre des études secondaires et ou supérieures ; 

 

 

# Massacres de Tutsi ( en 1959, 1962, 1973, 1990, 1991, 1992, 1993), commis sur toute l’étendue du territoire,  autant de funestes préludes au génocide de 1994 ;

 

# Montée des Extrémismes visible à travers :

 

– le lancement de plusieurs médias de la Haine, financés par des personnalités politiques de premier plan,

 

tableau des donateurs ayant financé la création de la RTLM

 

 

qui via les publications du journal Kangura 

 

bande dessinée publiée dans le Courrier du Peuple en mars 1993

 

 

Les 10 commandements des Bahatu, texte publié en 1990 dans le Journal Kangura

 

et les incendiaires émissions de la Radio, privée, RTML (Radio Télévision Libre des Mille Collines) désignent les Tutsi ( à la fois de l’Intérieur, c’est à dire ceux, qualifiés d’ibyitso, soit complices, vivant sur le sol rwandais et de l’Extérieur, c’est à dire ceux, représentant plusieurs centaines de milliers de personnes, s’étant, suite aux différents massacres de Tutsi, réfugiés à l’étranger et ou engagés au sein de l’Armée Patriotique Rwandaise, faction armée du Front Patriotique Rwandais qui faute d’avoir pu obtenir un retour pacifique a tenté, le 1er octobre 1990, d’envahir le pays) comme  bouc-émissaires;  les déshumanisent en les traitant d’Inyenzi (cancreclats) ou serpents avant d’en appeler publiquement à leur mort.

 

– la publication, dans les journaux extrémistes, d’articles prophétisant, bien avant le 6 avril 1994, la mort du président Juvénal Habyarimana

 

la création de milices, armées et entraînées par les FAR (Forces Armées Rwandaises), véritables fers de lance du génocide dont les sanguinaires Interhamwe sont les figures de proue

 

–  la formation militaire dispensée, dans le cadre de la mise en place de l’autodéfense civile, à tous les hommes Hutu

 

– les violents discours visant les Tutsi, prédisant l’Apocalypse (Théodore Bagosora) ; promettant ( Leon Mugesera) de les renvoyer en Ethiopie (d’où ils seraient, selon les théories racistes, supposément originaires) par le fleuve ;  les traitant d’ennemis ( Froduald Karamira) ou annonçant leur élimination ( Hassan Ngeze), prononcés par de nombreux caciques du régime 

 

– l’établissement, dans chaque secteur, de confidentielles listes nominatives sur lesquelles figurent le nom des Tutsi à assassiner le moment venu

 

Soit, autant d’éléments qui, contrairement aux théories véhiculées par les négationnistes et révisionnistes, démontrent à quel point le génocide des Tutsi, loin de s’être soudainement déclenché, avait, en réalité, été planifié de longue date et à l’échelle nationale par l’Etat rwandais.

 

Une préparation dont la communauté internationale et certains pays en particulier étaient, ainsi qu’il en est attesté, pourtant malheureusement informés. 

 

 

fax, envoyé en janvier 1994, par le Lieutenant-Général Roméo Dallaire, chef de la MINUAR (Mission d’assistance des Nations Unies au Rwanda).

 Grâce aux informations obtenues auprès d’un informateur, dit Jean Pierre, ancien membre de la garde présidentielle ayant entraîné les milices, il informe l’ONU et ses supérieurs de l’éminence du génocide 

 

 

A ce titre je pense à la compromission de la France qui n’a jamais cessé, avant, pendant et après 1994, de soutenir le régime du président Habyarimana puis le régime intérimaire mis en place au lendemain de son décès en fournissant notamment une assistance militaire aux FAR, en facilitant les livraisons d’armes alors que le pays était alors sous embargo , en évacuant des présumés génocidaires (opération Amaryllis), en ne remplissant que très partiellement voire pas du tout les objectifs assignés (création d’une zone humanitaire sure), en juin 1994, à l’Opération Turquoise..

 

 

Pendant: D’Avril à Juillet 1944, l’exécution du génocide

 

Le 6 avril 1994, en début de soirée, alors que le président Juvénal Habyarimana revient de Tanzanie, où les Accords de paix d’Arusha, prévoyant, entre autre, le partage du pouvoir avec les partis d’opposition et le FPR (Front Patriotique Rwandais, parti fondé à la fin des années 80 par les descendants des Tutsi forcés, depuis 30 ans, à l’exil dans les pays limitrophes),  ont, en août 1993, été ratifiés, le falcon à bord duquel il a pris place aux côtés du président burundais Cyprien Ntaryamira s’écrase dans sa résidence,  abattu par un missile.

 

Vraisemblablement tiré depuis le camp militaire de Kanombe et sur ordre de membres faisant partie de l’Akazu, cercle d’Hutus extrémistes, formé autour de la première dame Agathe Habyarimana, farouchement opposés à l’application des accords d’Arusha (envisageant le retour des exilés Tutsi, la création d’une nouvelle armée intégrant les soldats des FAR et de l’APR, un partage du pouvoir entre ces deux partis , l’instauration d’un état véritablement démocratique assurant une égalité des droits à tous les rwandais, le déploiement d’un bataillon du FPR à Kigali).

 

C’est le début du génocide qui fera, en 100 jours, un million de victimes .

 

Après avoir méthodiquement assassiné, dès les premières heures, les figures politiques d’opposition, Tutsi, comme Landoald Ndasingwa (frère aîné de Louise Mushikiwabo, actuelle secrétaire générale de la Francophonie) et Hutu modérées favorables au partage du pouvoir avec le FPR, comme la première ministre Agathe Uwilingiyimana;

 

 

 

ainsi que les 10 militaires belges assurant sa protection (ce qui entraînera l’évacuation des ressortissants étrangers, le retrait de l’essentiel des forces de L’ONU et la drastique réduction des effectifs de la Minuar ), le génocide des Tutsi, vivement encouragé par les autorités, est exécuté de façon impitoyable.

 

En attestent les lances, gourdins, massues et machettes, auxquels l’on recourt habituellement pour les travaux agricoles,  cette fois utilisés pour  » aller travailler « , c’est à dire exterminer (l’emploi des armes à feu n’étant réservé qu’aux militaires).

 

Car du fœtus aux personnages âgées, tous, dont la qualité de Tutsi ressort des pièces d’identité mentionnant l’appartenance ethnique ou se déduit de celle du père (l’ethnie se transmettant par le père), doivent être exterminés.

 

Après avoir été dépouillés de leurs biens (vaches comprises), vu leurs maisons être détruites

 

ruines d’une maison d’une famille Tutsie pillée puis brûlée durant le génocide

 

et avoir subi d’atroces souffrances : coupés à la machette, jetés vivants dans les latrines, écrasés contre les murs s’agissant des bébés, atrocement violées ou mutilées pour les filles et femmes, laissés pour morts dans de gigantesques fosses communes dont certaines restent encore à découvrir .

 

vêtements et effets personnels de victimes

 

 

Au sein du mémorial de Gisozi apparaît donc toute l’horreur d’un génocide, se distinguant à plusieurs égards des massacres antérieurs, durant lequel les tueurs se sont affranchis de toutes limites.

 

Les tueries sont ainsi l’oeuvre de voisins, peu importe leur âge, qui, rassurés par le climat d’impunité dont ils bénéficient, assassinent sans vergogne ceux avec qui ils vivaient depuis longtemps.

 

Mais aussi celle de membres qui bien qu’appartenant à un même cercle familial se retournent contre leurs propres enfants, époux et parents.

 

photos de victimes du génocide des Tutsi exposées au sein du mémorial de Gisozi

 

 

 

salle des Enfants, victimes du génocide des Tutsi, au mémorial de Gisozi

 

 

 

En 1994, les tueries se déroulent partout :  aux barrières érigées et tenues par des miliciens, dans les campagnes, au cœur des marais, en ville.

 

Par conséquent, tous les lieux sanctuarisés, où jusque là les tueurs n’osaient commettre leurs méfaits, perdent leur statut de refuge inviolable :   

 

Ecoles (Ecole Technique Officielle, école technique de Murambi), Hôpitaux (Ndera, Hôpital universitaire de Butare) et églises  (Sainte Famille, Nyamata, Ntarama, Kibeho, Saint Jean), avec dans ce dernier cas la complicité parfois passive ou active de membres du clergé, se transforment donc en inimaginables théâtres d’extermination. 

 

Les quelques foyers de résistance (notamment à Bisesero) organisés par des Tutsi se défendant avec des armes traditionnelles rudimentaires ne peuvent dès lors arrêter le génocide.

 

A la libération du pays, en juillet 1994, par les troupes de l’APR, branche armée du FPR, le Rwanda compte un million de victimes Tutsi, assassinées en 100 jours.

 

Paul Kagamé, devenu le chef du FPR, en juillet 1994

 

Après 1994

 

La dernière section du mémorial explore le temps de la reconnaissance, de la Justice et de la Reconstruction.

 

Reconnaissance tout d’abord des Justes.

 

Ceux, appartenant pour beaucoup (mais pas uniquement) à la communauté musulmane dont les leaders avaient appelé à la protection des Tutsi, grâce à qui les rescapés ont eu la vie sauve.

 

Zura Karuhimbi, guérisseuse traditionnelle qui a sauvé 17 Tutsi durant le génocide en les cachant dans sa propre maison

 

 

Le temps de la Justice ensuite.

 

A l’échelle locale, il passe, en premier lieu, par l’instauration des gacacas.

 

Ces tribunaux populaires d’antan, présidés par des juges-citoyens, qui, afin de lutter contre la surpopulation carcérale, sont réinstaurés au début des années 2000 pour juger, en présence des victimes, présumés coupables et témoins, l’essentiel des génocidaires non planificateurs.

 

 

 

Ils ont permis aux survivants d’accéder à la vérité concernant la fin de leurs proches outre de pouvoir, une fois les corps identifiés, leur donner une sépulture digne.

 

Leur fonctionnement, jusqu’en 2012, a également contribué au processus, exhorté par l’Etat, de réconciliation nationale même si dans les campagnes, où bourreaux et victimes sont parfois contraints de coexister, cela est loin d’être une sinécure.

 

A Kigali, des procès se sont, en second lieu, également tenus à l’encontre de figures extrémistes majeures après qu’elles aient fait l’objet d’une extradition de la part de pays où elles s’étaient, au lendemain du génocide, installées.

 

Expulsé du Canada en 2012, Léon Mugesera a, au terme d’un procès, ainsi été condamné, en 2016, à la réclusion à perpétuité au Rwanda.

 

Leon Mugesera

 

A l’échelle internationale, la justice a soit été rendue:

 

  • jusqu’au 31 décembre 2015, par le TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda créé, fin 1994, par une résolution de l’ONU et siégeant à Arusha),  chargé de poursuivre les planificateurs de premier plan (anciens politiciens, financiers, militaires, chefs des milices, journalistes) du génocide des Tutsi (Théoneste Bagosora, Jean Kabanda, Jean-Paul Akeyesu, George Ruggiu),

 

  • par des tribunaux occidentaux appliquant le principe de compétence universelle, qui permet à un Etat de juger, quelque soit l’endroit de leur commission et peu important la nationalité des bourreaux ou des victimes, les crimes, imprescriptibles, contre l’humanité .

 

De fait, pour leur participation au génocide de 1994, les sœurs bénédictines Gertrude et Maria Kisito ont, en 2001, respectivement été condamnées à 15 ans et 12 ans de prison par la justice belge tandis que Pascal Simbikangwa outre les bourgmestres Tito Barahira et Octavien Ngenzi ont, en appel, respectivement été condamnés, en mai 2018, à 25 ans de prison et, en juillet 2018,  à la prison à perpétuité par la justice française.

 

Le temps de la Reconstruction.

 

Une reconstruction matérielle et économique du Rwanda, complètement détruit, il va s’en dire, en 1994, qui va de pair avec les voies de paix et réconciliation nationale prônées par les nouvelles autorités.

 

Outre l’aide apportée aux rescapés via la fourniture de traitements antirétroviraux aux femmes contaminées par le VIH suite aux viols subis; les consultations auprès de psychologues et autres médecins spécialisés permettant d’évoquer les traumatismes vécus, la prise en charge du minerval des enfants et des soins de santé et la construction de logements.

 

Ces derniers ayant aussi pris l’initiative de se réunir au sein d’ associations de jeunes orphelins et de veuves  (AVEGA).

 

Membre d’AVEGA

 

Enfin, et parce qu’il a été construit à des fins pédagogiques, le mémorial de Gisozi consacre, en dehors du génocide des Tutsi, plusieurs salles à d’autres génocides, présentés par ordre chronologique, survenus au cours 20 ème siècle. 

 

 # Celui perpétré, de 1904 à 1908 en actuelle Namibie, par le II eme Reich Allemand contre les populations Hérero et Nama s’étant révoltées contre la brutalité de la colonisation allemande.

 

 Leurs terres furent confisquées et à défaut d’être enfermés dans des camps de concentrations, tel celui de Shark Island, les Herero et Nama furent tout simplement exterminés (au 3/4 pour les Herero et à 50 % pour les Nama)

 

Hendrik Witbooi, leader ayant conduit la révolte des Nama

 

Samuel Maharero, leader ayant conduit la révolte des Herero

 

 

 # La Shoah perpétrée par les Nazis, durant la seconde guerre mondiale,  à l’encontre des Juifs.

 

Dont 6 millions furent exterminés dans les camps de concentration et d’extermination situés en Europe de l’Est.

 

Une période de l’Histoire que j’ai déjà eu à évoquer ici , ici  et là.

 

document de voyage portant la mention J signalant la judéité de son porteur

 

15/4/1945 :libération du camp de concentration de Bergen-Belsen

 

 

 # Celui perpétré au Cambodge, de 1975 à 1979,  par le régime des Khmers Rouge et ayant conduit à l’assassinat d’au moins deux millions de personnes.

 

prisonnier photographié à son arrivée à la prison S21, musée du génocide Tuol Sleng

 

Duche, chef de la prison de Tuol Sleng

 

 

# Celui perpétré, au début des années 1990, dans les Balkans  par les forces de Slobodan Milosevic, Ratko Mladic outre Radocan Karadzic à l’encontre des musulmans Bosniaques et qui fit au moins 100000 morts.

 

 

Mais Gisozi n’est pas qu’un musée.

 

Il fait également figure de mémorial, le plus grand du Rwanda, dédié à la mémoire des Tutsi qui furent assassinés d’avril à juillet 1994.

 

Une fonction que l’on touche du doigt au cœur des jardins où le recueillement est de mise.

 

Ici reposent en effet les restes de plus de 250000 victimes assassinées dans la capitale et ses environs.

 

 

 

Lieu de sépulture où les proches viennent honorer leurs disparus et site où, depuis son inauguration en 2004, se tiennent chaque année, à partir du 7 avril, une partie des cérémonies officielles de commémoration appelées #Kwibuka (signifiant souvenons-nous) suivi d’un nombre correspondant au temps écoulé depuis la fin du génocide ( 25 pour 2019 )

 

la flamme du Souvenir qui brûle chaque année durant les 100 jours du génocide 

 

Un peu plus loin, sur le modèle de celui du Mémorial de la Shoah parisien, un mur des noms préserve de l’oubli  la mémoire des personnes ayant péri grâce à l’inscription progressive de leurs patronymes

 

 

tandis qu’ au-delà de l’amphithéâtre surgissent, depuis 2015, les portraits de Justes  (évoqués un peu plus haut) réalisés par le street artiste français C215.

 

quelques portraits de Justes

 

Deux portraits de rescapés

 

 

 

Inauguré, en décembre 2017, dans l’enceinte du CND abritant le Parlement, à ce jour toujours en activité,  l’obligatoire visite guidée du Musée de la Campagne Contre le Génocide 

 

Vision-Protection-Résilience, sculpture hommage aux soldats de l’APR, Musée de la Campagne contre le Génocide

 

complète parfaitement le parcours superbement mis en lumière au mémorial de Gisozi.

 

En ce que ce nouveau site de mémoire raconte d’un point de vue militaire les difficiles opérations menées sur le terrain par les forces du FPR, alors dirigées par le Général Paul Kagamé (désormais président de la république rwandaise), pour d’une part organiser le sauvetage de la population Tutsi et d’autre part libérer le pays des troupes génocidaires après les avoir contraintes à la défaite.

 

Une bataille acharnée dont la violence se lit encore sur les façades, criblées d’impact de balles et de tirs d’artillerie lourde, du Parlement.

 

 

 

A l’intérieur du musée,

 

Capitaine Daphrosa Intaramirwa portant un bébé venant d’être sauvé

 

photo prise en juillet 1994 au moment de la Libération du Rwanda par les troupes du FPR

 

 

une scénographie didactique particulièrement réussie, mêlant documents écrits, photos, témoignages, plans militaires, sons , reconstitutions de scènes de combat, permet de retracer la campagne contre le Génocide.

 

Fin décembre 1993, dans le cadre de la mise en place des Accords de paix d’Arusha, un bataillon de 600 soldats de l’APR quitte leur quartier général de Mulindi, situé au nord du pays, pour rejoindre le CND où plusieurs figures politiques du FPR, dont ils vont assurer la protection, se trouvent. 

 

Quatre mois plus tard, aux premières heures du génocide, ce bataillon, pourtant peu armé, commence à combattre les forces gouvernementales et quitte le Parlement pour aller secourir des victimes dans la ville.

 

photo, à l’entrée du musée, figurant le bâtiment du CND durant la bataille de Kigali

 

En attendant qu’arrivent les renforts, envoyés par le général Paul Kagamé, ayant ordre de mener des opérations offensives contre les FAR et plus particulièrement contre leur quartier général installé à Kigali et de porter secours aux victimes du génocide, notamment celles rassemblées au Stade Amahoro ou au sein des églises Saint Paul et Sainte Famille, en créant des corridors de sauvetage.

 

A partir de mai 1994, la perte par les FAR de l’aéroport de Kigali puis des monts Jali, Kigali et Rebero  suivie de la chute, le 3 juillet 1994,  de la ville de Butare  annoncent l’imminente libération du pays  par les troupes du FPR.

 

Ces dernières prennent, en effet, Kigali, le 4 juillet, Ruhengiri, le 14 juillet, et Gisenyi le 17 juillet , signant à cette date la fin du génocide et l’installation d’un gouvernement d’union nationale, ayant à sa tête le Pasteur Bizimungu comme président,  le général Paul Kagame comme vice-président et Faustin Twagiramungu comme premier ministre.

 

Dans la dernière des 11 salles que compte le Musée Contre la Campagne du Génocide,  j’ai été particulièrement émue par la reconnaissance accordée aux Justes rwandais (notamment  Zura Karuhimbi,  Habineza Joseph, Sœur Félicité Niyitega ou encore Frère  Célestin Hakizimana), désormais récipiendaires de la Médaille Umurinzi.

 

Sans oublier l ‘hommage rendu à plusieurs étrangers ( à l’instar du militaire ghanéen Henri Kwame Anyidoho ,l’ambassadeur tchèque auprès des Nations Unies Karel Kovanda ou du capitaine sénégalais Mbaye Diagne ,déjà évoqué ici et dont le président Paul Kagame a d’ailleurs salué les valeurs morales lors de son discours prononcé le 7 avril 2019, à Kigali, dans le cadre des 25 eme commémorations) à qui la médaille de la Campagne Contre le Génocide a été remise.

 

L’exploration du musée se termine ensuite à l’extérieur du bâtiment principal où plusieurs sculptures, témoignant des sacrifices consentis par les militaires de l’APR afin de libérer le Rwanda en 1994, ont été installées :

 

# Dans l’infirmerie, 3Bn Sick Bay, ayant vu médecins et infirmi(e)r(e)s dispenser des soins et opérer les blessés de l’APR

 

 

# Au sommet du CND, dévoilant une vue panoramique sur la capitale,

 

 

où les forces de l’APR ripostaient aux attaques des FAR 

 

 

 

# Au cœur des jardins où les héros tombés aux combats sont célébrés.

 

 

Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur le génocide des Tutsi, je vous renvoie au dernier paragraphe du billet  Mwaramutse, pays des 1000 Collines  où je partage avec vous les films, documentaires, ouvrages et expositions parisiennes (actuellement en cours jusqu’en novembre 2019) évoquant ce tragique pan de l’Histoire, que j’ai, ces dernières années, aimés voir/lire/découvrir.

 

Bâtie en 1907, propulsée, en 1962, capitale du pays au moment de son accession à l’indépendance, presque réduite en cendres au sortir de l’été 1994, Kigali, qui a depuis su renaître de ses cendres, est aujourd’hui la vitrine, à tous les égards, d’un Rwanda dont la reconstruction et l’essor ne cessent d’épater.

 

Indéniable avant-goût des autres merveilles que le pays des 1000 Collines peut se targuer de posséder.

Le Pigeon Voyageur

AUTEUR - Le Pigeon Voyageur

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article et découverte de ces photos (toutes prises par mes soins). Alors à vos plumes !

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